L’Homme invisible contre la mouche humaine : critique du film et test blu-ray (1957)

Science-fiction, Fantastique, Policier, Nanar | 1h36min
Note de la rédaction :
5/10
5
L'homme invisible en blu-ray chez Roboto

  • Réalisateur : Mitsuo Murayama
  • Acteurs : Yoshirô Kitahara, Ryûji Shinagawa
  • Date de sortie: 25 Août 1957
  • Année de production : 1957
  • Nationalité : Japonais
  • Titre original : Tômei ningen to hae otoko (透明人間と蝿男)
  • Titres alternatifs : The Invisible Man vs. The Human Fly (titre international) / El hombre invisible contra la mosca (Espagne)
  • Casting : Yoshirô Kitahara, Ryûji Shinagawa, Junko Kanô, Ikuko Môri, Jôji Tsurumi, Yoshihiro Hamaguchi, Shōzō Nanbu, Bontarō Miake, Ichirō Izawa, Shizuo Chûjô, Koh Sugita, Tatsuo Hanagire, Fujio Harumoto, Kōichi Itō, Teppei Endô, Gen Harada, Shō Natsuki, Shôji Kawashima, Saburô Sakai, Rin Sugimori, Toshio Maki, Kan Takami, Tôru Konoki, Kôji Matsuyama, Eiichi Takamura, Ken Yamaguchi, Kazuo Sumida, Tetsurô Takeuchi, Masahide Hirokawa, Kisao Tobita, Shinji Takada, Ryûichi Ishii, Chikayo Matsuo, Naoko Matsudaira, Toshiko Hashimoto, Kinuko Mochidome, Kyôko Anan, Kazuko Miyagawa, Fumio Nakae, Masatoki Sasaki, Jirō Tamiya
  • Scénariste : Hajime Takaiwa
  • D'après : le roman L'Homme invisible d'H.G. Wells
  • Monteur : Shigeo Nishida
  • Directeur de la photographie : Hiroshi Murai
  • Compositeur : Tokujiro Okubo
  • Chef Maquilleur :
  • Chef décorateur :
  • Directeur artistique :
  • Producteur : Hideo Nagata
  • Producteurs exécutifs :
  • Société de production : Daiei Film
  • Distributeur : Film inédit dans les salles françaises. La date ci-dessus est celle de la sortie japonaise.
  • Distributeur reprise :
  • Date de sortie reprise :
  • Editeur vidéo : Roboto Films (blu-ray, 2026)
  • Date de sortie vidéo : 16 juin 2026
  • Budget :
  • Box-office France / Paris-Périphérie :
  • Box-office nord-américain / monde :
  • Classification :
  • Formats : 1.37 : 1 / Noir et blanc / Son : Mono
  • Festivals :
  • Nominations :
  • Récompenses :
  • Illustrateur/Création graphique : © Tous droits réservés / All rights reserved
  • Crédits : © © Kadokawa Corporation / Roboto Films. Tous droits réservés / All rights reserved
  • Franchise : 2ème film japonais sur la figure de l'Homme Invisible
Note des spectateurs :

Nettement plus bis que son prédécesseur, L’Homme invisible contre la mouche humaine de Mitsuo Murayama est un spectacle kitsch qui demande au spectateur une sacrée suspension d’incrédulité. Sympathique, mais assez nanardesque.

Synopsis : Un assassin se retrouve traqué par un policier devenu invisible…

Une fausse suite tardive

Critique : En 1949, la firme Daiei a investi le champ de la SF par l’entremise de L’Homme invisible apparaît (Nobuo Adachi, 1949) qui mélangeait habilement intrigue policière, whodunit et fantastique à base d’effets spéciaux réussis. Si le film a connu un joli succès au Japon, il ne s’est pas exporté et cela explique peut-être l’absence de suite immédiate, là où les producteurs japonais étaient généralement réactifs pour exploiter un filon juteux.

L'Homme invisible contre la mouche humaine, photo 1

© 1957 Kadokawa Corporation / Roboto Films. Tous droits réservés.

Finalement, c’est Hideo Nagata, fils du producteur Masaichi Nagata, qui décide de réactiver cette franchise en faisant table rase du premier film, trop ancien pour que les spectateurs s’en souviennent. Il commande donc un scénario original à Hajime Takaiwa qui s’est déjà illustré sur plusieurs dizaines de titres de la firme depuis 1946, ce qui donnera L’Homme invisible contre la mouche humaine (1957). Celui-ci décide de reprendre à zéro la théorie sur l’invisibilité – expliquée ici de manière totalement différente du film précédent – tandis qu’il fait de l’homme invisible un personnage positif.

Un insecte bien trop humain

D’abord conçu comme une enquête policière classique avec des meurtres inexpliqués (comment être assassiné dans une pièce close et fermée de l’intérieur ?), L’Homme invisible contre la mouche humaine introduit progressivement des éléments de science-fiction, avant de partir dans un véritable délire narratif. En lieu et place de la fameuse mouche humaine, il s’agit en réalité d’un homme qui rétrécit grâce à un produit chimique – on se demande d’ailleurs comment il peut bien voler ?

Cette thématique est effectivement à la mode en ce milieu des années 50, notamment avec la sortie de la série B américaine L’Homme qui rétrécit (Jack Arnold, 1957). En ce qui concerne la fameuse mouche, ce sont encore les Américains qui pousseront le concept bien plus loin l’année suivante avec La Mouche noire (Kurt Neumann, 1958). Il n’est aucunement question d’évoquer un quelconque plagiat, mais bien plutôt une concordance autour de thématiques à la mode.

Crossover dans le style kitsch de la Universal

En réalité, l’influence la plus manifeste des auteurs demeure les fameux affrontements entre grands monstres qui ont été développés par la Universal dès les années 30 et encore plus fréquemment dans les années 40. Au Japon, L’Homme invisible contre la mouche humaine est sans doute l’un de ces premiers croisements improbables entre plusieurs figures du fantastique.

L'Homme invisible contre la mouche humaine, photo 2

© 1957 Kadokawa Corporation / Roboto Films. Tous droits réservés.

Comme souvent avec ce genre de long métrage, le résultat s’avère plutôt kitsch et nécessairement peu crédible. Ainsi, l’intrigue navigue clairement à vue, avec des protagonistes principaux qui changent en cours de route, des motivations criminelles fluctuantes (d’abord une vengeance par rapport à la guerre, puis un délire de destruction globale) et une résolution aussi fantaisiste que le reste du script. On ne cherchera donc pas ici la moindre cohérence dans le récit, mais bien plutôt un aspect fun, notamment grâce à une certaine générosité dans le nombre de victimes, ainsi que dans l’explosion impressionnante d’un métro aérien (une belle maquette).

Du pur cinéma d’exploitation

Réalisé avec soin et se permettant même quelques dérapages érotiques plutôt osés pour l’époque, L’Homme invisible contre la mouche humaine appartient clairement à la catégorie des films bis qui se prennent très au sérieux alors que leur scénario est d’une crétinerie abyssale. Comme la photographie en noir et blanc est plutôt jolie et que les acteurs sont globalement justes (on apprécie le professionnalisme des deux héros interprétés par Yoshirô Kitahara et Ryûji Shinagawa), le film signé du yes man Mitsuo Murayama se suit sans déplaisir, même s’il est nettement plus faible que son prédécesseur.

Comme celui-ci, le métrage très bis n’est pas sorti des frontières japonaises, avant que l’éditeur britannique Arrow Video le sorte en blu-ray en 2021. Désormais, les cinéphiles français peuvent le découvrir en blu-ray chez Roboto Films. Autant le premier peut être apprécié de tous, sa suite est assurément à réserver aux bisseux.

Critique de Virgile Dumez

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L'homme invisible en blu-ray chez Roboto

© 1949 Kadokawa Corporation / Roboto Films. Tous droits réservés.

Biographies +

Mitsuo Murayama, Yoshirô Kitahara, Ryûji Shinagawa

Mots clés

Cinéma japonaisL’homme invisible au cinémaLes films de science-fiction horrifiqueRoboto Films

 

Le test blu-ray

Roboto Films publie un unique blu-ray contenant les deux films de la firme japonaise Daiei consacrés à l’homme invisible. Test réalisé à partir du produit finalisé.

Packaging & suppléments : 3 / 5

Le blu-ray est proposé dans un étui qui renferme un classique boitier Amaray proposant des jaquettes DVD japonaises des deux films concernés. Une seule galette contient les deux long métrages et les suppléments vidéo. Ceux-ci consistent en une intervention de Fabien Mauro pour chaque film.

En ce qui concerne L’Homme invisible contre la mouche humaine, Fabien Mauro revient pendant 15min sur la création de l’œuvre, mais tient aussi à mettre l’accent sur la qualité des effets spéciaux, ainsi que sur l’originalité du scénario. Certes, on ne peut nier des qualités formelles à ce film de série, mais on pencherait quand même davantage vers le nanar sympathique que vers une analyse plus sérieuse de l’œuvre. Peu importe puisque son intervention demeure intéressante et nous permet de confronter nos points de vue.

L’image du blu-ray : 3 / 5

Si l’image de L’Homme invisible contre la mouche humaine est supérieure à celle de son prédécesseur, une restauration véritable manque sérieusement à l’appel. La copie est encore constellée de points blancs ou noirs, de griffures, tandis que la stabilité n’est pas toujours de mise. Surtout, l’ensemble pâtit encore d’une définition assez pauvre, ne faisant guère honneur au support blu-ray. Il faut donc se faire une raison et se dire que c’est actuellement le seul moyen de visionner ces films dans notre contrée.

Le son du blu-ray : 3,5 / 5

Le film est proposé uniquement en version japonaise sous-titrée et en mono. Cela est tout à fait normal puisque ces œuvres sont totalement inédites en France. Pour L’Homme invisible contre la mouche humaine le rendu est plutôt clair, notamment en ce qui concerne les voix. Les ambiances demeurent un peu plus étouffées sans que cela nuise à la musique, assez bis d’ailleurs.

Test du blu-ray : Virgile Dumez

© 1949 Kadokawa Corporation / Roboto Films. Tous droits réservés.

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L'homme invisible en blu-ray chez Roboto

Bande-annonce de L'Homme invisible contre la mouche humaine (VOstf)

Science-fiction, Fantastique, Policier, Nanar

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