L’Homme invisible apparaît : la critique du film et le test blu-ray (1949)

Science-fiction, Fantastique | 1h22min
Note de la rédaction :
6,5/10
6,5
L'homme invisible en blu-ray chez Roboto

  • Réalisateur : Nobuo Adachi
  • Acteurs : Kichijirô Ueda, Kanji Koshiba, Daijirō Natsukawa, Takiko Mizunoe, Chizuru Kitagawa
  • Date de sortie: 26 Sep 1949
  • Année de production : 1949
  • Nationalité : Japonais
  • Titre original : Tômei ningen arawaru (透明人間現わる)
  • Titres alternatifs : Invisible Man Appears (titre international) / The Invisible Man Appears (USA) / Nähtamatu mehe ilmumine (Estonie)
  • Casting : Chizuru Kitagawa, Takiko Mizunoe, Daijirō Natsukawa, Mitsusaburō Ramon, Ryūnosuke Tsukigata, Shôsaku Sugiyama, Kanji Koshiba, Kichijirō Ueda, Hiroshi Ueda, Shōzō Nanbu, Shinobu Araki, Saburô Date, Tominosuke Hayama, Jun Fujikawa, Sôji Shibata, Takeo Yano, Kazue Tamaki, Hikaru Hoshi, Tsuneo Katagiri, Akira Shimizu, Michio Yuri, Akira Shiga, Kyô Takigawa, Saburô Gôda, Tomoya Yamada, Teruko Ômi, Asako Takahara, Namiko Rokujô, Yôko Ueno, Hinako Fujihara, Nobuko Shiraki
  • Scénaristes : Nobuo Adachi, Akimitsu Takagi
  • D'après : L'Homme invisible de H.G. Wells
  • Monteur : Shigeo Nishida
  • Directeur de la photographie : Hideo Ishimoto
  • Compositeur : Gorō Nishi
  • Chef Maquilleur : Yoshio Higashi
  • Chef décorateur : Yoshihisa Nakamura
  • Directeur artistique : Yoshihisa Nakamura
  • Producteur : Hisashi Okuda
  • Société de production : Daiei Studios
  • Distributeur : Film inédit en France. La date de sortie ci-dessus est celle au Japon
  • Editeur vidéo : Roboto Films (blu-ray, 2026)
  • Date de sortie vidéo : 16 juin 2026
  • Classification :
  • Formats : 1.37 : 1 / Noir et blanc / Son : Mono
  • Festivals :
  • Illustrateur/Création graphique : © Tous droits réservés / All rights reserved
  • Crédits : © Kadokawa Corporation / Roboto Films. Tous droits réservés / All rights reserved
  • Franchise : 1er film japonais sur la figure de l'Homme Invisible
Note des spectateurs :

L’Homme invisible apparaît de Nobuo Adachi est une tentative plutôt réussie de s’emparer d’une figure classique du fantastique grâce à un scénario assez complexe et une réalisation intéressante fondée sur la caméra subjective. Une belle découverte.

Synopsis : Un voleur de bijoux apprend qu’un scientifique travaille sur une formule d’invisibilité qui l’aiderait dans ses méfaits.

Un Japon sous influence américaine

Critique : Après la Seconde Guerre mondiale, le Japon est occupé par les troupes américaines et doit petit à petit se reconstruire. Sur le plan du cinéma, les anciennes compagnies se restructurent et la firme Daiei prend le relais de l’ancienne Shinkô Kinema des années 30. Désormais influencés par les films américains qui déferlent sur les grands écrans japonais, le cinéma local doit s’adapter, tout en évitant d’évoquer des sujets trop politiques et donc potentiellement polémiques.

 

L'homme invisible apparaît, photo 1

© 1949 Kadokawa Corporation / Roboto Films. Tous droits réservés.

Ainsi, Masaichi Nagata, le patron de la Daiei depuis 1947, insiste pour que des scénaristes adaptent L’Homme invisible d’H.G. Wells (1897), tout en s’inspirant également du film éponyme de la Universal tourné par James Whale en 1933. Finalement, il peut compter sur le scénariste Akimitsu Takagi pour livrer une histoire originale qui reprend uniquement les bases du roman d’origine en lui ajoutant une touche policière et des péripéties supplémentaires qui tiennent du whodunit. Il est aidé dans sa tâche par la nouvelle recrue de la compagnie Nobuo Adachi qui travaille non seulement sur le script, mais est également chargé de la réalisation. Celui-ci peut bénéficier aussi des compétences d’Eiji Tsuburaya, passé maître en matière d’effets spéciaux.

De l’emploi habile de la caméra subjective

Cette équipe livre donc avec L’Homme invisible apparaît (1949) un film fort divertissant qui va connaître un joli succès dans son pays d’origine. Il faut dire que le cinéaste Nobuo Adachi parvient non seulement à maîtriser l’art du camouflage des effets spéciaux, mais aussi celui de la caméra subjective afin de suggérer une présence invisible. En cela, sa mise en scène anticipe de quasiment un siècle celle proposée par Leigh Whannell dans son formidable Invisible Man (2020).

L'homme invisible apparaît, photo 2

© 1949 Kadokawa Corporation / Roboto Films. Tous droits réservés.

Alors que les caméras des années 40 étaient particulièrement lourdes et peu maniables, Adachi offre une réalisation d’une incroyable fluidité, suggérant une présence invisible à l’écran par la seule grâce de ses mouvements d’appareil. Certes, les effets spéciaux d’Eiji Tsuburaya s’avèrent quelque peu en-deçà de ceux déployés par les Américains dès le début des années 30, mais cela n’empêche aucunement le spectateur de prendre plaisir aux mésaventures de cet homme invisible qui n’est pas seulement un être maléfique, mais aussi la victime d’une machination ourdie par une autre personne. Nous n’en dirons pas davantage afin de laisser la surprise aux spectateurs.

Un film intégralement inédit en France qui mérite l’attention des cinéphiles

Également influencé par l’esthétique du film noir, L’Homme invisible apparaît échafaude toute une intrigue policière relativement complexe et offrant quelques révélations surprise alors que l’on pense comprendre tous les tenants et aboutissants dès le début. Grâce à des interprètes de bonne tenue – et plutôt sobres dans leur jeu – le métrage parvient à distraire, y compris plus de 70 ans après sa confection.

Cette version nippone de l’homme invisible n’a pourtant pas eu les honneurs d’une sortie en salle en France, à une époque où le cinéma japonais n’était pas encore réellement découvert en Occident. Par la suite, aucun support physique n’a été proposé sur le marché, avant que l’éditeur britannique Arrow Video ne le propose en blu-ray en 2021. Aujourd’hui, la France se met à jour avec la sortie du film chez Roboto Films sur le même blu-ray que sa suite tardive L’Homme invisible contre la mouche humaine (Mitsuo Murayama, 1957).

Critique de Virgile Dumez

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L'homme invisible en blu-ray chez Roboto

© 1949 Kadokawa Corporation / Roboto Films. Tous droits réservés.

Biographies +

Nobuo Adachi, Kanji Koshiba, Daijirō Natsukawa, Takiko Mizunoe, Chizuru Kitagawa

Mots clés

Cinéma japonais, L’homme invisible au cinéma, Les films de science-fiction horrifique, Roboto Films

Le test du blu-ray

Roboto Films publie un unique blu-ray contenant les deux films de la firme japonaise Daiei consacrés à l’homme invisible. Test réalisé à partir du produit finalisé.

Packaging & suppléments : 3 / 5

Le blu-ray est proposé dans un étui qui renferme un classique boitier Amaray proposant des jaquettes DVD japonaises des deux films concernés. Une seule galette contient les deux long métrages et les suppléments vidéo. Ceux-ci consistent en une intervention de Fabien Mauro pour chaque film. En ce qui concerne L’Homme invisible apparaît, Fabien Mauro rappelle le contexte de création de l’œuvre puis insiste sur le réalisateur et les différents interprètes du film. Il souligne à raison les nombreuses qualités visuelles du long métrage (bonus de 14min).

L’image du blu-ray : 2,5 / 5

Nous ne jugeons ici que l’image de L’Homme invisible apparaît (une critique individuelle sera consacrée à sa suite) qui semble n’avoir pas bénéficié d’un grand travail de restauration. Certes, les films japonais de l’époque étaient tournés avec les stocks de pellicules des années 30, mais l’image paraît encore sévèrement abîmée à plusieurs reprises. Le rendu général est globalement flou, avec un nombre impressionnant de points blancs, de griffures et autres brûlures. Pire, la première bobine propose une image particulièrement instable qui, heureusement, s’améliore au fur et à mesure de la projection. En tout cas, on n’a jamais le sentiment d’être devant un blu-ray, mais face à un DVD de première génération. C’est fort dommage !

Le son du blu-ray : 3,5 / 5

L’éditeur ne propose que la version japonaise sous-titrée, ce qui est logique puisque le métrage n’a jamais été proposé au public français. Le rendu mono est globalement acceptable, même si on est là aussi loin de la perfection que peut offrir aujourd’hui le support.

Test du blu-ray : Virgile Dumez

© 1949 Kadokawa Corporation / Roboto Films. Tous droits réservés.

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L'homme invisible en blu-ray chez Roboto

Bande-annonce des films L'Homme invisible de la Daiei (VOstf)

Science-fiction, Fantastique

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