Running Man : la critique du film d’Edgar Wright (2025)

Action, Science-fiction, Dystopie, Survival | 2h16min
Note de la rédaction :
7/10
7
Running Man, l'affiche

  • Réalisateur : Edgar Wright
  • Acteurs : Michael Cera, Josh Brolin, William H. Macy, Glen Powell, Emilia Jones, Colman Domingo, Lee Pace
  • Date de sortie: 19 Nov 2025
  • Année de production : 2025
  • Nationalité : Américain, Britannique
  • Titre original : The Running Man
  • Titres alternatifs : Le jeu du défi (Québec) / El sobreviviente (Argentine) / Uciekinier (Pologne) / Bėgantis žmogus (Lituanie) / A menekülő ember (Hongrie) / Běžící muž (Tchèque) / O Sobrevivente (Brésil)
  • Casting : Glen Powell, Josh Brolin, Colman Domingo, Lee Pace, Michael Cera, Emilia Jones, William H. Macy, Daniel Ezra, Jayme Lawson, Alyssa et Sienna Benn, Katy O'Brian, Karl Glusman, Martin Herlihy, Sean Hayes, David Zayas, Sandra Dickinson, George Carroll, Simon Haines, Debi Mazar, Sophie Simnett, Corey Johnson, Chi Lewis-Parry, Angelo Gray, Oluniké Adeliyi, Danny McCarthy, Cat Cohen, Noah Ritter, Emma Sidi, Alex Neustaedter, Bebe Cave, James Austin Johnson
  • Scénaristes : Edgar Wright, Michael Bacall
  • D'après : le roman Running Man de Stephen King (Richard Bachman)
  • Monteur : Paul Machliss
  • Directeur de la photographie : Chung-hoon Chung
  • Compositeur : Steven Price
  • Cheffe Maquilleuse : Pebbles Day
  • Chef décorateur : Marcus Rowland
  • Directeurs artistiques : Oliver Carroll, Albert McCausland, Renate Nicolaisen, Andy Young
  • Producteurs : Simon Kinberg, Nira Park, Edgar Wright, avec Leo Thompson
  • Producteurs exécutifs : James Biddle, Pete Chiappetta, Audrey Chon, Andrew Lary, George Linder, Rachael Prior, Anthony Tittanegro
  • Sociétés de production : Complete Fiction, Genre Films, Paramount Pictures
  • Distributeur : Paramount Pictures
  • Distributeur reprise :
  • Date de sortie reprise :
  • Editeur vidéo :
  • Date de sortie vidéo :
  • Budget : 110 000 000 $
  • Box-office France / Paris-Périphérie :
  • Box-office nord-américain / monde :
  • Rentabilité :
  • Classification : Interdit aux moins de 12 ans
  • Formats : 2.39 : 1 / Couleurs / Son : Dolby Atmos, Dolby Digital, DTS:X, 12-Track Digital Sound, IMAX 6-Track
  • Festivals :
  • Nominations :
  • Récompenses :
  • Illustrateur/Création graphique : © AV Print (affiche). Tous droits réservés / All rights reserved
  • Crédits : © Complete Fiction, Genre Films, Paramount Pictures. Tous droits réservés / All rights reserved
  • Attaché de presse : Jonathan Fischer
  • Tagline : Survivre 30 jours. Traqué par le monde entier.
  • Franchise : Remake de Running Man (1987)
Note des spectateurs :

Meilleur que le film de 1987, Running Man version 2025 pratique la satire politique avec un joli sens de la provocation, tout en délivrant un avertissement face aux dérives autoritaires actuelles.

Synopsis : Dans un futur proche, The Running Man est l’émission numéro un à la télévision : un jeu de survie impitoyable où des candidats, appelés les Runners, doivent échapper pendant 30 jours à des tueurs professionnels, sous l’œil avide d’un public captivé. Chaque jour passé augmente la récompense à la clé — et procure une dose d’adrénaline toujours plus intense. Ben Richards, ouvrier désespéré prêt à tout pour sauver sa fille gravement malade, accepte l’impensable : participer à ce show mortel, poussé par Dan Killian, son producteur aussi charismatique que cruel. Mais personne n’avait prévu que Ben, par sa rage de vivre, son instinct et sa détermination, devienne un véritable héros du peuple…

Une version politisée, proche du Prix du danger

Critique : Fan du roman intitulé The Running Man, écrit en 1982 par Stephen King sous le pseudonyme de Richard Bachman, le réalisateur britannique Edgar Wright souhaitait depuis longtemps en proposer une nouvelle version qui s’éloignerait fortement de celle des années 80. Effectivement, le Running Man tourné par Paul Michael Glaser avec Arnold Schwarzenegger en 1987 a pris un sérieux coup de vieux à cause de décors et costumes particulièrement kitsch. D’ailleurs, le métrage n’a pas connu un énorme succès lors de sa sortie, y compris en France où il n’a réuni que 817 198 entrées, soit l’un des plus mauvais résultats de Schwarzenegger sur notre territoire durant les années 80.

Running Man, photo 1

© 2025 Complete Fiction, Genre Films, Paramount Pictures. Tous droits réservés.

Finalement, la version 2025 de Running Man ressemble davantage au Prix du danger (Yves Boisset, 1983) qui, lui, était fondé sur une intrigue de Robert Sheckley intitulée The Prize of Peril. Cela occasionna d’ailleurs un procès pour plagiat au cours des années 80 que remporta Yves Boisset. Ainsi, la vision offerte par Edgar Wright se conforme davantage à celle plus politisée voulue par le regretté cinéaste français.

Running Man, une dystopie classique

Dans un monde dystopique qui n’est pas daté, une émission de téléréalité offre un milliard de dollars de récompense à un candidat qui survivra à une traque d’un mois où sa vie est en jeu. Ici, l’heureux élu est un homme qui vient tout juste de perdre son travail à l’usine alors que sa petite fille est tombée malade. Alors qu’il ne vient pas concourir pour le jeu Running Man, il est repéré par la production (odieux Josh Brolin) qui voit en lui le candidat idéal. Pourtant, l’homme va rapidement se révéler être un grain de sable qui va faire dérailler la machine totalitaire.

Si l’on s’en tient à ce pitch, on serait tentés de dire que rien de bien nouveau n’est arrivé au cœur du sous-genre de la dystopie, essorée durant les années 2000-2010 par des sagas adolescentes comme Hunger Games ou Divergente. A ceux-là, il convient d’ajouter le film français de 1983 déjà cité et celui avec Schwarzenegger de 1987. On retrouve donc ici la thématique sociale où un prolétaire devient malgré lui un héros de la résistance face à un régime totalitaire mené par une oligarchie méprisante.

De la SF qui propose un futur plausible

Heureusement, Edgar Wright a eu l’intelligence de dépouiller son récit de science-fiction de tout aspect kitsch. Certes, l’émission principale est d’un total mauvais goût, mais cela est fait pour dénoncer l’indigence des programmes de téléréalité qui inondent nos écrans de télévision en permanence depuis le début des années 2000. Sinon, les costumes, les décors et autres objets du quotidien paraissent tout à fait crédibles et plongent le spectateur dans un futur alternatif parfaitement plausible.

Running Man, photo 2

© 2025 Complete Fiction, Genre Films, Paramount Pictures. Tous droits réservés.

Le choix de Glen Powell, apparemment étonnant par rapport à Schwarzenegger s’avère finalement totalement opérant car la stature à peu près normale du comédien le rend plus proche du spectateur. L’action, même si elle peut aussi être pétaradante, demeure toujours crédible et prenante. Cela est largement aidé par la réalisation d’Edgar Wright, toujours à l’aise lorsqu’il s’agit de filmer l’action de manière lisible et originale.

Une satire qui vise souvent juste

Il ajoute à tout ceci un humour plutôt bienvenu qui s’inscrit pleinement dans la veine des actualités bidouillées vues dans RoboCop (1987) ou Starship Troopers (1997), de Paul Verhoeven. On regrette seulement le passage où intervient l’acteur Michael Cera dont le rôle devrait plaire aux geeks, sans convaincre les autres. L’humour devient nettement plus lourd lors de cette unique séquence que l’on aurait bien coupée.

Porté par l’interprétation très juste de Glen Powell, Running Man finit par être très critique envers le capitalisme, mais aussi envers son pays porte-étendard, les Etats-Unis. Il se moque notamment de la propagation des fake news dans les médias qui sont aux ordres d’une grande société privée. Ici, Edgar Wright cible des hommes tels que Donald Trump ou encore Elon Musk qu’il appelle ni plus ni moins à éliminer à travers un discours révolutionnaire très offensif, notamment lors des dernières séquences. On retrouve d’ailleurs un propos radical assez proche de celui déployé dans le premier Joker (Todd Phillips, 2019).

Un spectacle qui a oublié d’être bête

C’est assurément ce qui assure la singularité de ce spectacle ayant coûté la bagatelle de 110 millions de dollars, soit le plus gros budget obtenu par Edgar Wright sur l’ensemble de sa carrière. Son discours à contre-courant risque donc de lui coûter très cher, puisque les premiers chiffres internationaux ne sont guère enthousiasmants, alors que les critiques sont plutôt bonnes et que les spectateurs semblent plutôt l’apprécier. Pour notre part, malgré quelques dérapages incontrôlés typiques du cinéaste, on vous conseille ce film d’action pêchu qui ne prend jamais le spectateur pour un imbécile.

Critique de Virgile Dumez

Les sorties de la semaine du 19 novembre 2025

Running Man, l'affiche

© 2025 Complete Fiction, Genre Films, Paramount Pictures / Affiche : AV Print. Tous droits réservés.

Biographies +

Edgar Wright, Michael Cera, Josh Brolin, William H. Macy, Glen Powell, Emilia Jones, Colman Domingo, Lee Pace

Mots clés

Cinéma américain, Cinéma britannique, Remake, Dystopie, Survival, Les chasses à l’homme au cinéma

 

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Running Man, l'affiche

Bande-annonce de Running Man (VOstf)

Action, Science-fiction, Dystopie, Survival

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