Deuxième reboot de Resident Evil, le film de Zach Cregger est en réalité une comédie horrifique où le gore craspec tutoie un humour omniprésent. Efficace, sans être l’adaptation ultime tant attendue.
Synopsis : Bryan, coursier médical, s’engage dans une course effrénée pour survivre, alors qu’autour de lui le monde s’enfonce dans un chaos total.
Resident Evil, la franchise qui ne veut pas mourir…
Critique : Les adaptations de jeux vidéo sur grand écran sont très souvent ratées ou décevantes. Parmi les sagas culte vraiment maudites, on compte notamment Resident Evil, jeu créé par la société japonaise Capcom diffusé sur Playstation dès 1996. Face au succès de la franchise vidéoludique, la société allemande Constantin Films a fait l’acquisition des droits d’adaptation au grand écran, tout en montant un partenariat avec la société de distribution Sony Pictures.

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Toutefois, dès le début, la franchise qui devait être mise en scène par la pape du film de zombi George A. Romero tombe finalement dans l’escarcelle de Paul W.S. Anderson qui en fait une hexalogie (six films, donc) davantage portée sur l’action que sur l’horreur. Que l’on apprécie ou non ces œuvres bis menées par une Milla Jovovich en lévitation, elles n’entretiennent qu’un lointain rapport avec le jeu d’origine. Afin de corriger le tir, le réalisateur Johannes Roberts a ensuite été mandaté pour tourner le reboot Resident Evil : Bienvenue à Raccoon City (2021). Si l’ensemble se rapproche bien plus de l’ambiance du jeu, le métrage n’est guère satisfaisant et ne totalise pas suffisamment d’entrées pour motiver la mise en chantier d’une suite par la même équipe.
Welcome to Zach Cregger
Finalement, Constantin Films, toujours aux manettes, choisit de repartir à nouveau de zéro en engageant cette fois le cinéaste Zach Cregger pour mener à bien ce deuxième reboot. Effectivement, ce dernier, qui vient pourtant de la comédie, s’est fait remarquer pour son efficacité dans le domaine de l’horreur avec les excellents Barbare (2022) et surtout Evanouis (2025). L’idée est plutôt intéressante et Resident Evil 2026 nous promettait donc des frissons enfin à la hauteur des jeux vidéo. Mission en partie remplie.
Tout d’abord, il faut signaler que le personnage central du film, le coursier Bryan interprété par Austin Abrams, n’est aucunement issu du jeu. Le but de Zach Cregger était bien de proposer un nouvel arc narratif qui puisse étonner aussi les aficionados. Cela commence d’ailleurs plutôt de manière convaincante puisque le réalisateur parvient à imposer dès les premières scènes une ambiance lourde et anxiogène, fondée sur l’omniprésence de la neige, ainsi que sur une musique électronique dont la ligne de basse principale rappelle les compositions de John Carpenter. Avec les premières apparitions étranges, on se dit que l’on tient enfin l’adaptation tant attendue depuis des décennies par les fans d’horreur.
De l’horreur gore pour… une comédie
Effectivement, Zach Cregger sait parfaitement gérer les silences et l’attente, avant de faire surgir une terreur inattendue. Dans ce domaine, il n’hésite d’ailleurs pas à avoir enfin recours à un gore décomplexé, ce qui faisait terriblement défaut aux autres films. Tourné en République Tchèque et en studio en Australie, le reboot luxueux qui aurait coûté entre 65 et 75 millions de dollars selon les sources est donc esthétiquement probant, offrant plusieurs séquences remarquables et même parfois étonnantes.

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Pourtant, une autre dimension s’invite à la fête horrifique en la personne même du héros qui est un loser pathétique. Sorte de double maladroit du Ash d’Evil Dead 2 (Sam Raimi, 1987) interprété par Bruce Campbell, le jeune coursier n’est finalement là que pour servir de punching ball à des monstres de plus en plus surréalistes et grotesques, faisant notamment penser aux créatures vues dans Horribilis (James Gunn, 2006).
Un ensemble drôle, mais aux seconds rôles dispensables
En fait, la référence au film de Sam Raimi ira en grandissant tout au long de la projection qui prend des allures de gigantesque cartoon. Certes, le gore y est outrancier, les créatures très réussies dans leurs formes diverses et variées, mais chaque moment de terreur se trouve immédiatement contrebalancé par un humour omniprésent. Resident Evil est donc passé par la moulinette de Zach Cregger qui, comme sur Evanouis, a joué la carte de la comédie horrifique.
Honnêtement, la plupart des gags s’avèrent fort drôles, mais on se serait tout de même passé de ces seconds rôles humoristiques lourdingues incarnés par Zach Cherry ou encore Paul Walter Hauser. Alors qu’Austin Abrams parvient à trouver le ton juste – rester sérieux dans des situations absurdes – les autres protagonistes, par ailleurs souvent éliminés en une ou deux scènes, semblent ne pas avoir retenu l’attention du cinéaste.
Le meilleur film de la franchise à ce jour
En réalité, le scénario tient sur un ticket de métro, ne servant clairement que de prétexte pour multiplier les scènes comico-horrifiques. Le résultat final se trouve donc une fois de plus très éloigné du jeu, même si le cinéaste se sert fréquemment de la vue subjective en guise de clin d’œil vidéoludique. Ceux qui pensent tenir là l’adaptation ultime peuvent donc ravaler leur enthousiasme car l’effroi est une fois de plus laissé de côté pour privilégier un autre aspect ; ici la comédie.
En tout état de cause, cela demeure à ce jour le meilleur film issu de la franchise grâce à des effets spéciaux très réussis et des effusions de sang fort efficaces qui justifient pleinement son interdiction aux moins de 12 ans avec avertissement. A vous de voir si l’humour développé par Zach Cregger vous amuse ou vous rebute.
Critique de Virgile Dumez
Les sorties de la semaine du 16 septembre 2026

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Austin Abrams, Paul Walter Hauser, Zach Cregger, Zach Cherry
Mots clés
Cinéma américain, Cinéma allemand, Franchise : Resident Evil, Adaptations de jeux vidéo, Gore, Film de zombies, Les virus au cinéma