Challengers : la critique du film (2024)

Drame, Romance, Film sur le sport, LGBTQIA+ | 2h11min
Note de la rédaction :
7/10
7
Challengers, l'affiche

  • Réalisateur : Luca Guadagnino
  • Acteurs : Zendaya, Mike Faist, Josh O’Connor
  • Date de sortie: 24 Avr 2024
  • Année de production : 2024
  • Nationalités : Américain, Italien
  • Titre original : Challengers
  • Titres alternatifs : Rekabet (Turquie) / Rivales (Espagne) / Desafiantes (Mexique) / Varžovai (Lituanie) / Challengers - Rivalen (Allemagne) / Väljakutsujad (Estonie) / Izazivači (Croatie) / Rivais (Brésil) / Namizədlər (Azerbaïdjan)
  • Casting : Mike Faist, Josh O'Connor, Zendaya, Darnell Appling, Bryan Doo, Shane T Harris, Nada Despotovich, Joan Mcshane, Chris Fowler, Mary Joe Fernandez, A.J. Lister, Connor Aulson, Doria Bramante, Christine Dye, James Sylva, Kenneth A. Osherow, Kevin Collins, Burgess Byrd, Jason Tong, Hudson Rivera, Noah Eisenberg, Emma Davis, Naheem Garcia, Alex Bancila, Jake Jensen, Konrad Ryba, Hailey Gates, Andrew Rogers, Beverly Kristenson Helton, Brad Gilbert, Sam Xu, Caleb Schneider
  • Scénariste : Justin Kuritzkes
  • Monteur : Marco Costa
  • Directeur de la photographie : Sayombhu Mukdeeprom
  • Compositeurs : Trent Reznor, Atticus Ross
  • Cheffe Maquilleuse : Juliet Loveland
  • Cheffe décoratrice : Merissa Lombardo
  • Directeurs artistiques : Paul Alix, Jasmine Cho, Matthew Gatlin
  • Producteurs : Luca Guadagnino, Rachel O'Connor, Amy Pascal, Zendaya, avec Kim H. Winther
  • Producteurs exécutifs : Bernard Bellew, Lorenzo Mieli, Kevin Ulrich
  • Sociétés de production : Frenesy Film Company, Metro-Goldwyn-Mayer (MGM), Pascal Pictures, Why Are You Acting Productions
  • Distributeur : Warner Bros.
  • Editeur vidéo : Amazon MGM Studios (DVD et blu-ray, 2024)
  • Date de sortie vidéo : 11 septembre 2024
  • Budget : 55 000 000 $
  • Box-office France / Paris-Périphérie : 502 000 entrées / 214 601 entrées
  • Box-office nord-américain / monde : 50 119 408 $ / 96 119 408 $
  • Classification : Tous publics
  • Formats : 1.85 : 1 / Couleurs / Son : Dolby Digital, Dolby Atmos, Datasat, SDDS, DTS:X
  • Nominations : Golden Globes 2025 : Meilleur film musical ou comédie ; Meilleure actrice dans un film musical pour Zendaya ; Meilleure chanson originale pour Compress/Repress (Trent Reznor, Atticus Ross et Luca Guadagnino)
  • Récompenses : Golden Globes 2025 : Meilleure musique de film pour Trent Reznor et Atticus Ross
  • Illustrateur/Création graphique : © Gravillis (affiche). Tous droits réservés / All rights reserved
  • Crédits : © Metro-Goldwyn-Mayer Pictures Inc. Tous droits réservés / All rights reserved
Note des spectateurs :

Film sportif « caliente », Challengers prouve à nouveau le savoir-faire de Luca Guadagnino en matière d’ambiances torrides. Le trio de comédiens y est épatant.

Synopsis : Durant leurs études, Patrick et Art, tombent amoureux de Tashi. À la fois amis, amants et rivaux, ils voient tous les trois leurs chemins se recroiser des années plus tard. Leur passé et leur présent s’entrechoquent et des tensions jusque-là inavouées refont surface.

La vie est un match de tennis

Critique : Après avoir tenté de s’imposer vainement dans le domaine horrifique avec l’étrange remake Suspiria (2018), puis le film d’anthropophage raté Bones and All (2022), le cinéaste italien Luca Guadagnino a pris l’excellente initiative de se détacher d’un genre qu’il ne maîtrise pas pour se recentrer sur une histoire où son sens inné de la sensualité pouvait à nouveau s’exprimer. Sur un scénario de Justin Kuritzkes, Challengers (2024) est effectivement une œuvre qui retrouve le doux parfum des films les plus importants du cinéaste comme Melissa P. (2005) et surtout Call Me By Your Name (2017).

Challengers, photo 1

© 2024 Metro-Goldwyn-Mayer Pictures Inc. All Rights Reserved.

A nouveau tourné aux Etats-Unis durant l’année 2023, juste après Bones and All, Challengers est à nouveau un film assez étrange puisqu’il mêle de manière inextricable la compétition sportive (ici le tennis), avec une histoire de triangle amoureux. Son originalité vient d’une narration totalement éclatée qui se permet de franchir les décennies en un seul plan, pour ensuite créer des flashbacks à l’intérieur d’autres flashbacks. Toutefois, afin de faciliter la lisibilité de l’intrigue, des indications temporelles sont incrustées à l’écran.

Une compétition sur le terrain et à la ville

Ainsi, le métrage démarre de nos jours, alors qu’un champion de tennis en bout de course (Mike Faist) et sa femme entraineuse (Zendaya) décident de participer à un tournoi de challengers et tombent nez à nez avec un tennisman complètement fauché (Josh O’Connor). Par la magie des flashbacks, nous apprendrons que ces trois concurrents se sont en réalité rencontrés lors de leur adolescence, alors qu’ils étaient encore en formation pour devenir des professionnels du tennis.

Si les deux garçons sont des amis de longue date, leur attirance pour la belle joueuse va entretenir une compétition entre eux, d’autant plus que celle-ci va accepter de les rencontrer dans leur chambre pour se livrer à des jeux érotiques dangereux.

Atteindre la grâce à tout prix

On notera ici l’audace du cinéaste Luca Guadagnino qui aime bousculer les spectateurs et propose une scène de triolisme plutôt chaude. En fait, le réalisateur n’a pas son pareil pour rendre sensuel les corps, qu’ils soient masculins ou féminins. Ici, il joue donc avec la notion de fluidité sexuelle, montrant que derrière l’amitié apparemment virile entre les deux garçons se cache en réalité une véritable attirance sexuelle. Pour autant, la tentatrice finira bien par faire son choix, en fonction du vainqueur des tournois, car sa vie tourne entièrement autour du tennis.

L’élément le plus intéressant du scénario de Justin Kuritzkes vient de cette comparaison entre un match de tennis et l’expression de l’amour orgasmique. Cette métaphore est filée durant l’intégralité du métrage, aboutissant à une étonnante dernière scène qui se termine en apothéose, comme une déflagration de plaisir. Pour cela, personne mieux que Luca Guadagnino ne pouvait traduire en images cette recherche du moment suspendu, de la grâce absolue, que ce soit dans le sport comme dans le plaisir sexuel.

Challengers confirme le formalisme de Luca Guadagnino

Décidé à tout donner, le réalisateur imagine des plans toujours plus audacieux et filme notamment un match de tennis comme on n’en avait jamais vu auparavant. Que sa caméra soit fixée à une raquette ou qu’elle imagine une vue subjective de la balle, Luca Guadagnino, bien aidé par les trucages numériques, nous fait redécouvrir ce que peut être un duel tennistique au grand écran. Pour les scènes intermédiaires, il demeure toujours aussi à l’aise dans le formalisme qui est sa marque de fabrique. Il se sert notamment avec aisance de la superbe photographie de Sayombhu Mukdeeprom (déjà à l’œuvre sur Call Me By Your Name), tout en utilisant avec bonheur la partition musicale très dansante signée Trent Reznor et Atticus Ross.

Mais Challengers ne serait pas aussi intéressant sans la contribution essentielle de son trio de comédiens. La star Zendaya entend prouver ici qu’elle est capable de jouer dans des œuvres plus ambitieuses que les sagas Spider-Man et Dune. Elle y parvient aisément tant son personnage dégage une forte ambiguïté, entre amour réel et manipulation d’autrui au service de son propre bonheur. Face à elle, Josh O’Connor confirme une fois de plus son charisme immédiat à l’écran et sa capacité à se fondre dans n’importe quel rôle en conservant un capital sympathie instantané.

Un trio d’acteurs épatant

Enfin, le trop rare Mike Faist – déjà très largement apprécié dans le West Side Story de Steven Spielberg – s’impose également aisément, complétant à merveille ce trio impeccable. On peut d’ailleurs d’autant plus saluer leurs performances qu’ils ont dû subir un entrainement de plusieurs mois pour être crédibles en joueurs de tennis, et ceci même si toutes les balles vues à l’écran ont été générées en post-production.

Challengers, photo 2

© 2024 Metro-Goldwyn-Mayer Pictures Inc. All Rights Reserved.

Alors que le film était prêt pour être présenté en ouverture de la Mostra de Venise 2023, l’agenda de Challengers a été brutalement percuté par la grève des acteurs et des scénaristes à Hollywood. Dès lors, le long métrage a été repoussé de près d’un an, tandis que la grève l’a empêché de concourir dans les festivals. Il s’agit d’ailleurs de la seule grande victime collatérale de ce vaste mouvement de protestation.

Challengers, de l’Amérique du Nord à la France

Dès lors, Challengers n’est proposé sur les écrans américains qu’au mois d’avril 2024 avec une classification R (pour Restricted). Grâce à la présence au générique de la star Zendaya, le film parvient à être montré dans 3 477 cinémas nord-américains pour un résultat de 15 M$ pour son premier week-end. En deuxième semaine, le métrage perd logiquement 49 % de ses entrées et génère 29,4 M$. La suite de sa carrière s’étale sur neuf semaines pour un total de 50 119 408 $ pour un budget initial estimé à 55 M$.

En ce qui concerne la France, Challengers était d’abord prévu pour une diffusion sur la plateforme Prime Vidéo. Finalement, un accord a été trouvé avec Warner Bros. afin que le drame sportif sorte en salles sous sa bannière. Dès lors, Warner mise tout sur le potentiel de Zendaya et propose le film dans une large combinaison de 370 salles dès le 24 avril 2024 face à des sorties comme le biopic Back to Black (Sam Taylor-Johnson) sur Amy Winehouse, le drame Frères (Olivier Casas) ou encore le thriller Le Mangeur d’âmes (Julien Maury et Alexandre Bustillo).

Box-office français de Challengers

Avec 185 933 entrées pour sa première semaine, Challengers s’impose immédiatement à la septième place du box-office hebdo français. Mais c’est véritablement sa stabilité remarquable qui va en faire un succès sur la durée. Ainsi, en deuxième tournée, le drame perd seulement 30 % de ses entrées et réunit encore 129 500 sportifs (pour un total de 315 433). La troisième septaine est moins porteuse avec une chute de 50 % et 64 487 retardataires. Dès lors, le nombre de salles diminue de semaine en semaine, mais le métrage s’accroche plutôt bien et franchit les 400 000 entrées en moins d’un mois.

Challengers est ensuite resté fort longtemps à l’affiche, traversant avec dextérité le printemps, l’été et même l’automne 2024, cumulant près de 502 000 entrées sur l’ensemble de sa carrière française. Un bien beau succès pour une œuvre ambitieuse et pas si commerciale que cela. Ainsi, la France se situe à la 4ème place mondiale pour l’exploitation du long métrage, derrière les Etats-Unis, le Royaume-Uni et l’Italie, avec une recette d’environ 3,7 M$.

Depuis, le film est sorti en DVD et blu-ray et Luca Guadagnino a continué à travailler avec le scénariste Justin Kuritzkes sur Queer (2024).

Critique de Virgile Dumez

Les sorties de la semaine du 24 avril 2024

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Challengers, l'affiche

© 2024 Metro-Goldwyn-Mayer Pictures Inc. / Affiche : Gravillis. Tous droits réservés.

Biographies +

Luca Guadagnino, Zendaya, Mike Faist, Josh O’Connor

Mots clés

Cinéma américain, Films sur le sport, Le polyamour au cinéma, L’amitié au cinéma, LGBTQ+

 

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Challengers, l'affiche

Bande-annonce de Challengers (VF)

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