Poker au colt : la critique du film (1968)

Western | 1h26min
Note de la rédaction :
6,5/10
6,5
Affiche du film Poker au colt

  • Réalisateur : Giuseppe Vari
  • Acteurs : George Hilton, George Eastman, Mimmo Palmara, José Torres, Valentino Macchi
  • Date de sortie: 07 Fév 1968
  • Nationalité : Italien
  • Titre original & alternatifs : Un poker di pistole, Poker with Pistols (Etats-Unis), Poker mit Pistolen (Allemagne) Poker con pistolas (Espagne)
  • Scénaristes : Augusto Caminito, Fernando Di Leo
  • Directeur de la photographie : Angelo Lotti
  • Compositeur : Coriolano Gori
  • Sociétés de production : Italcine, Picienne
  • Distributeur : 20th Century Fox
  • Illustrateur : © Boris Grinsson
  • Année de production : 1967
  • Formats : 2.35 : 1 / Couleurs - 35 mm, Technicolor / Son : Mono
Note des spectateurs :
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Poker au colt est un sympathique western spaghetti qui parvient à contrebalancer un budget rachitique par un scénario accrocheur et des acteurs de talent.

Synopsis : Lucas, un joueur de poker, perd toutes ses possessions après une partie contre Bronson, un élégant joueur. Ce dernier lui propose de lui rendre son argent s’il livre une étrange cargaison de papier au village de Chamaco.

Critique :  Avec Poker au colt, Giuseppe Vari signe en 1967 son deuxième western. En dépit de moyens très réduits, il parvient à réaliser un film agréable, grâce à un scénario très travaillé, signé Augusto Caminito et Fernando di Leo. Cela n’est pas étonnant au vu de l’expérience de ce dernier, qui a déjà signé les scripts d’excellents westerns tels Le retour de Ringo, Le temps du massacre ou Navajo Joe. Caminito, quant à lui, écrira plus tard l’excellent scénario de Chacun pour soi, superbe western avec Klaus Kinski. Ce duo talentueux va donc faire de Poker au colt un film particulièrement accrocheur.

Poker au colt entre polar et western

En effet, la grande force de ce script est qu’il va constamment entretenir une certaine forme de tension. Il parvient à laisser des questions en suspens sans pour autant embrouiller le spectateur, et ce jusqu’à la fin du film et son retournement de situation efficace. Les rebondissements sont multiples et le suspense savamment entretenu, tant et si bien que l’on a parfois l’impression de se trouver devant un film policier. Ainsi, en dépit de ses nombreuses scènes de poker et de casino, le film n’est pas ennuyeux pour un sou.

Un western qui fait beaucoup avec peu de moyens

Malheureusement, le manque de budget évoqué plus tôt se fait malgré tout ressentir. De fait, Poker au colt est assez avare en fusillades et il faudra attendre les vingt dernières minutes pour avoir une vraie scène d’action. Autre corollaire de ce manque de moyens, les décors du film ne sont pas spectaculaires, ce dernier ayant été tourné en Italie. Saluons néanmoins le talent de Demofilo Fidani, ici décorateur, qui met plutôt bien en valeur les carrières et le studio à sa disposition. La photographie d’Angelo Lotti n’est pas en reste, même lors des scènes de nuit, et contribue grandement à l’appréciation d’un film au rythme assez lent. C’est pourquoi il faut impérativement parvenir à dénicher une bonne copie pour pouvoir l’apprécier à sa juste valeur.

Des acteurs très charismatiques

Outre son scénario, Poker au colt tire son épingle du jeu grâce à son excellent casting. En effet, le tout jeune George Eastman, ici dans un de ses premiers rôles, possède un charisme à toute épreuve et porte le film sur ses larges épaules. George Hilton assure ici un rôle secondaire mais est, comme toujours, impeccable, en dépit d’une teinture qui ne lui va pas vraiment. Autre surprise du film, José Torres est surprenant en pistolero mexicain raffiné qui rappelle le colonel Mortimer de Lee Van Cleef. Il s’agit là d’une de ses meilleures prestations, dans un rôle beaucoup plus intéressant que ceux de péon ou de bandits mexicains auxquels il a souvent été cantonné. A noter que sa performance a visiblement convaincu Enzo G. Castellari, puisqu’on le retrouvera affublé du même manteau dans la fameuse scène d’ouverture de Je vais , je tire et je reviens.

Une esthétique hybride

Enfin, Poker au colt est un film à mi-chemin entre le western spaghetti et ses modèles américains. Son déroulement est très classique mais il propose quelques éclats de sadisme, à l’image de cette scène où Eastman est attaché avec la pointe d’une fourche au menton. L’affiche italienne du film reprend de fait ce passage marquant. Dans le même ordre d’idée, la musique est aussi un compromis entre les deux styles alternant guitare et passages symphoniques, sans oublier un thème à la trompette réussi. Enfin, la réalisation de Vari, peu inventive mais efficace, car très lisible, contribue à ce classicisme. Tout cela fait donc de Poker au colt un sympathique petit film, susceptible de séduire à la fois les amateurs de western spaghetti et de séries B américaines.

Critique : Kevin Martinez

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Affiche du film Poker au colt

Affichiste : Boris Grinsson © 1968 Italcine, Picienne, 20th Century Fox

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