On l’appelle Spirito Santo : la critique du film (1972)

Western | 1h35min
Note de la rédaction :
4/10
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On l'appelle Spirito Santo, affiche

  • Réalisateur : Giuliano Carnimeo
  • Acteurs : Gianni Garko, Pilar Velázquez, Georges Rigaud, Paolo Gozlino, Furio Meniconi, Cris Huerta
  • Date de sortie: 15 Nov 1972
  • Nationalité : Italien, Espagnol
  • Titre original : Uomo avvisato mezzo ammazzato... Parola di Spirito Santo
  • Titres alternatifs : Lo chiamarono Spirito Santo (Italie), Blazing Guns, They Call Him Holy Ghost, His Name Was Holy Ghost (Etats unis), El Halcón de Sierra Madre, Y le llamaban El Halcón (Espagne), Ein Halleluja für Spirito Santo, Zwei wie Blitz und Donner (Allemagne), Gringo nimelta 'Pyha Henki' (Finlande), Mannen utan namn - han kallades Holy Ghost (Suède), Espírito Santo, O Justiceiro (Brésil)
  • Année de production : 1972
  • Scénariste(s) : Tito Carpi, Federico De Urrutia
  • Directeur de la photographie : Miguel Fernández Mila
  • Compositeur : Bruno Nicolai
  • Société(s) de production : Astro C.C., Lea Film
  • Distributeur : Les Films Jacques Leitienne
  • Box-office Paris-périphérie : 23 680 entrées
  • Formats : 2.35 : 1 / Couleurs / Son : Mono
  • Crédits Visuels : © 1972, Astro C.C., Lea Film. Illustration : Ciriello
Note des spectateurs :

On l’appelle Spirito Santo est un western caractéristique de la décadence du genre. Si elle possède assez de qualités et de budget pour ne pas exaspérer, cette comédie peu subtile finit très vite par lasser.

Scénario : Le pistolero Spirito Santo gagne une mine d’or suite à une partie de poker. Seul problème, la seule personne capable de la localiser est détenue au Mexique pour avoir pris part à la révolution. Notre héros va devoir prendre part à la lutte pour arriver à ses fins.

Critique : Alors qu’il a rangé son costume de Sartana quelques années auparavant, Gianni Garko incarne en 1972 un personnage très similaire avec ce Spirito Santo. A noter que le Spirito Santo de la trilogie de Roberto Mauri n’est qu’un homonyme de ce personnage. Nous sommes ici à nouveau face à un impeccable dandy, cette fois-ci tout de blanc vêtu et affublé d’une colombe. Las, si le personnage-titre bénéficie d’un charisme certain, son élégance ne parviendra pas à relever le niveau de cette comédie à la lourdeur souvent abyssale.

On l’appelle Spirito Santo est la synthèse improbable de Sartana, Trinita et El Mercenario

En effet, le principal problème d’On l’appelle Spirito Santo est son scénario, qui peine à susciter l’intérêt du spectateur. Les longueurs s’accumulent, et l’on s’ennuie très vite, ce qui est le comble pour une comédie. Ce script, qui n’est rien d’autre qu’une sorte de prétexte à des sketches peu inspirés, prend pour toile de fond la révolution mexicaine. Le problème est que d’une part, le film ne développe aucun embryon de dimension politique, et d’autre part on ne croit pas une seule seconde à cette révolution de pacotille, tant l’ambiance est légère.

En effet, le film opte pour un parti pris « cartoonesque » qui peine à susciter l’amusement de par son absurdité.  A titre d’exemple, il est question de poules auxquelles on fait manger de la poudre afin qu’elles pondent des œufs explosifs. Nous sommes donc à mille lieues du traitement de la révolution que l’on trouve chez Corbucci, Damiani ou Sollima.

Un casting qui peine à convaincre

Il ne faut pas non plus compter sur les acteurs pour tirer le film vers le haut. Si Garko demeure correct, ses camarades peinent à convaincre. Pilar Velázquez se distingue par son port élégant, mais on l’a connue bien plus inspirée, notamment dans Le dernier des salauds. A sa décharge, son personnage manque cruellement de profondeur. Quant à Chris Huerta, il incarne une sorte de Bud Spencer frelaté qui figure dans le film pour capitaliser sur le succès des Trinita. Enfin, Poldo Bendandi campe un antagoniste sans grande envergure, affublé d’étranges lunettes de soleil, dont même les scénaristes semblent minimiser l’importance tant sa mort est expédiée sans panache.

On l’appelle Spirito Santo bénéficie d’un aspect technique correct

Néanmoins, tout n’est pas à jeter dans cette comédie western. Ainsi, le film bénéficie d’un budget décent, ce qui se voit au niveau des costumes et des décors, qui plus est bien mis en valeur par une belle photographie. Carnimeo nous propose une mise en scène inventive, à la faveur de cadrages réussis et d’une caméra mobile. Les scènes d’action sont assez nombreuses pour un film comique, et Garko joue de la gatling à plusieurs reprises, même si le tout demeure somme toute très bon enfant. Enfin, Bruno Nicolai a composé une partition agréable, qui ne restera pas pour autant dans les mémoires.

En définitive, On l’appelle Spirito Santo est un succédané assez médiocre de Trinita, dont le visionnage peut s’avérer assez laborieux. Même si le film est loin d’être catastrophique, on recommandera plutôt aux admirateurs acharnés de Gianni Garko le visionnage de La charge des diables, beaucoup moins grotesque dans son approche de la comédie.

Critique : Kevin Martinez

Les westerns spaghettis sur CinéDweller

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Les sorties du 27 décembre 1972 (Paris-Périphérie)

On l'appelle Spirito Santo, affiche

© 1972, Astro C.C., Lea Film. Illustration : Ciriello

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