Jours de tonnerre : la critique du film (1990)

Action, Drame, Romance | 1h47min
Note de la rédaction :
5/10
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Jours de tonnerre cover VOD

  • Réalisateur : Tony Scott
  • Acteurs : Nicole Kidman, John C. Reilly, Robert Duvall, Tom Cruise, Randy Quaid, Michael Rooker, Cary Elwes, Leilani Sarelle
  • Date de sortie: 24 Oct 1990
  • Nationalité : Américain
  • Titre original : Days of Thunder
  • Titres alternatifs : Días de trueno (Argentine et Espagne) / Dias de Trovão (Brésil) / Giorni di tuono (Italie) / Tage des Donners (Allemagne, Autriche) / Days of Thunder -Ukkosta radalla (Finlande) / Mint a villám (Hongrie) / Zilele tunetului (Roumanie)
  • Année de production : 1990
  • Scénariste(s) : Robert Towne, d'après une histoire de Robert Towne et Tom Cruise
  • Directeur de la photographie : Ward Russell
  • Compositeur : Hans Zimmer
  • Société(s) de production : Don Simpson/Jerry Bruckheimer Films, Paramount Pictures
  • Distributeur (1ère sortie) : UIP
  • Distributeur (reprise) : -
  • Date de reprise : -
  • Éditeur(s) vidéo : CIC Vidéo (VHS) / Paramount (VHS) / Paramount Pictures (DVD, 2000) / Paramount Pictures (blu-ray, 2009) / Paramount Pictures (UHD 4K, 2020)
  • Date de sortie vidéo : 8 juillet 2020 (UHD 4K)
  • Box-office France / Paris-périphérie : 1 385 536 entrées / 248 372 entrées
  • Box-office nord-américain 82,6 M$
  • Budget : 60 M$
  • Rentabilité : -
  • Classification : Tous publics
  • Formats : 2.39 : 1 / Couleurs / Son : Dolby Stereo
  • Festivals et récompenses : Sélection Hors Compétition Deauville 1990, Nomination Oscars 1991 : meilleur son pour Charles M. Wilborn, Donald O. Mitchell, Rick Kline, Kevin O'Connell
  • Illustrateur / Création graphique : -
  • Crédits : Paramount Pictures
Note des spectateurs :

Coquille vide sise dans un emballage clinquant, Jours de tonnerre est une ode à la star Tom Cruise qui pâtit d’un script inepte, compensé par des scènes de courses automobiles très efficaces.

Synopsis : Jeune coureur automobile, Cole Trickle est intégré à l’écurie de Tim Daland où il s’entraîne aux courses de Nascar. Véritable tête brûlée, Cole remporte de nombreux trophées mais un jour, à cause de ce tempérament de feu, il commet une imprudence lors d’une course et se retrouve à l’hôpital. Aidé par la belle neurologue, Claire Lewicki, le jeune homme ouvre les yeux sur lui-même et très vite, remonte en selle pour participer à la plus grande compétition de sa vie.

Top Gun dans le milieu automobile

Critique : En 1986, Top Gun explose le box-office mondial et permet aux producteurs Don Simpson et Jerry Bruckheimer et au studio Paramount d’empocher 350 millions de dollars de recettes mondiales pour un budget évalué à 15 millions. Le long-métrage a fait de Tom Cruise une star internationale et placé Tony Scott dans la liste des cinéastes bankable. Très rapidement, les différents créateurs du film ont eu l’envie de reproduire ce magnifique succès et Tom Cruise propose dès 1987 de transposer le même type d’histoire dans le monde des courses automobiles de stock-car.

Il a fallu pourtant un nombre conséquent d’auteurs et scénaristes avant que Robert Towne (Chinatown, Greystoke, Frantic, Tequila Sunrise) ne soit appelé à la rescousse. Malheureusement pour le scénariste, un planning très serré a été établi par la Paramount qui compte sortir le film fin juin 1990 afin d’en faire son blockbuster de l’été. La production est donc précipitée, à tel point que le scénario n’est absolument pas terminé lors des premières prises de vue. Le tournage est resté célèbre pour les engueulades homériques entre les producteurs Don Simpson, Jerry Bruckheimer, le réalisateur Tony Scott, la star Tom Cruise et le studio Paramount. Personne n’était d’accord sur la direction à donner au projet et Jours de tonnerre a clairement souffert de ce manque de directives claires.

Cruise control

En l’état, le long-métrage apparaît bien comme une copie de Top Gun transposé dans l’univers du stock-car. Certain d’être confronté à un monument de vide intersidéral, Tony Scott se sert de ses connaissances en matière publicitaire pour emballer un produit clinquant et séduisant, mais totalement vide de sens. Il s’agit ici d’un énième film sportif avec victoire finale à la clé comme Hollywood en a tourné des centaines durant les années 80. On sent encore dans le long-métrage le poids de cette Amérique reaganienne, celle de la réussite à tout prix et des jeunes loups aux dents longues.

Pur véhicule servant la soupe à sa star, Jours de tonnerre est donc un monument à la gloire de Tom Cruise qui roule des mécaniques comme rarement. Cela pourrait rendre la projection insupportable si l’ego de l’acteur n’était pas compensé par le jeu très intériorisé de Robert Duvall et celui plus modeste – mais aussi plus juste – de la belle Nicole Kidman. Celle-ci a d’ailleurs été imposée par Tom Cruise qui venait de découvrir Calme blanc (Noyce, 1989) et les deux acteurs tombent amoureux sur le tournage, les obligeant ensuite à divorcer chacun de leur côté pour pouvoir convoler en justes noces. On apprécie également le jeu de Michael Rooker, solide en adversaire, puis ami du héros.

Des courses automobiles filmées pied au plancher

Doté d’une histoire passablement conventionnelle dont on peut prévoir la moindre inflexion, Jours de tonnerre bénéficie heureusement de superbes séquences de courses automobiles, sublimées par la science du montage de Tony Scott et son sens inné de l’action. Réalisées à l’époque sans l’apport de la technologie numérique, elles sont filmées pied au plancher par un cinéaste décidément très à l’aise avec l’aspect visuel. A la fois trépidantes et surtout toujours lisibles, les séquences de courses constituent donc le seul véritable intérêt d’un long-métrage sympathique à suivre, pour peu que l’on fasse abstraction de son usage immodéré de formules toutes faites.

Inutile donc de chercher la moindre notion de complexité ou de nuance dans ce pur produit de consommation qui ne va jamais au-delà de sa littéralité. Jours de tonnerre ne cherche jamais à être réaliste ou sublimer les rapports humains mis en scène. Il se contente d’avancer tête baissée, le nez dans le guidon comme la machine à star et à dollars qu’elle est. Ce n’est pas nécessairement désagréable car le cinéaste est plutôt talentueux, mais c’est surtout vain, pompeux et prétentieux.

Une déception sur le plan commercial

Sorti comme prévu fin juin 1990 aux Etats-Unis, Jours de tonnerre ouvre sa carrière avec 15 millions de billets verts amassés en une semaine, ce qui déçoit fortement les attentes, d’autant que le film perd un tiers de ses entrées d’une semaine sur l’autre. Le métrage aura finalement du mal à se rembourser sur le sol américain. Même à l’international, Jours de tonnerre n’atteint pas son plein potentiel avec par exemple 1 385 536 coureurs en France, soit près de deux millions de spectateurs de moins que pour Top Gun. Une sacrée douche froide pour l’ensemble des participants, à tel point que le torchon brûle entre Don Simpson, Jerry Bruckheimer et le studio Paramount qui met fin à leur contrat. Par la suite, le duo allait s’acoquiner avec d’autres studios, dont Buena Vista Pictures, filiale de Disney.

Régulièrement édité sur tous les supports possibles, Jours de tonnerre jouit aujourd’hui d’une petite réputation auprès des amateurs de films de course automobile, et ceci malgré ses nombreuses limites artistiques.

Critique de Virgile Dumez

Les sorties de la semaine du 24 octobre 1990

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Affiche de Days of Thunder, Jours de tonnerre 4X3 (rare)

© 1990 Paramount Pictures. Tous droits réservés.

Box-office :

Détesté par une partie de la critique à sa sortie en 1990, aux USA et en France, Jours de tonnerre appartient aux films qui ont su gagner en valeur auprès des jeunes de l’époque, forcément nostalgiques. Mais le film fut surtout une très mauvaise affaire lors de son exploitation initiale, surtout au vu du retard sur le tournage (la post-prod fut achevée 6 semaines avant la sortie) et le dépassement de budget qui en fit un titre notoire. Days of Thunder passa de 49.5 millions de dollars à plus de 63 millions (frais de production pseudo officiel, mais la réalité est souvent sous-estimée par les majors), hors d’un marketing des plus importants. 1990 était d’ailleurs notoire pour l’inflation des frais de marketing et du coup de tirage des copies. Pour Paramount, le bide est tel que le studio ne touchera que 40% de ses recettes de 80M$.

L’un des échecs de l’été 1990

En 1990, Days of Thunder devait être le champion d’un été où toutes les sorties de blockbusters avaient été parfaitement millimétrées :

Comme un oiseau sur la branche avec Mel Gibson était solide pour le week-end du 18 mai 1990 (14e annuel). Retour vers le futur III était décevant le week-end suivant (10e annuel). Total Recall de Paul Verhoeven, avec Schwarzenegger et Sharon Stone ouvrait les hostilités pour le mois de juin et réalisait un score formidable pour finir en 6e place annuelle, suivi par 48 heures de plus de Walter Hill avec Nick Nolte et Eddie Murphy qui trouvait difficilement sa place le week-end du 8 juin (13 place annuelle délicate). Le 15 juin, c’était le couple Warren Beatty Madonna dans l’adaptation de Dick Tracy qui s’éprenait de la première place (face à l’échec incommensurable de Gremlins 2 qui entrait en 4e position). Le détective achève sa carrière en 9e place tandis que le sequel de Joe Dante finit honteusement en 29e place, derrière Robocop 2 (25e) et Young Guns 2 (27e).

Jours de tonnerre marque le retour aux manœuvres du duo mythique Simpson-Bruckheimer, après trois ans de pause et le carton de Le flic de Bervery Hills 2. Les previews de dernières minutes sont plutôt chaleureuses de la part du public et la cote de popularité de Tom Cruise est au plus haut. L’acteur est d’ailleurs sollicité par Steven Spielberg pour tourner un certain Benjamin Button… que David Fincher réalisera 15 ans plus tard avec Brad Pitt. Cruise sort du succès de Rain Man, soit 170 000 000$ rien qu’aux USA.

Le film, surnommé « Top Car » lors de son tournage, était attendu à plus de 150 millions au box-office, et aucunement sous la barre des 100 millions de dollars qui étaient vouée aux déceptions estivales qui va précipiter la fin de l’association entre les deux producteurs et Paramount qui trouvera, dans Ghost, le 13 juillet, le plus gros succès de l’année pour un budget modéré (22 millions de dollars).

Jaquette Ultra HD 4K de Jours de Tonnerre

© 1990 & 2020 Paramount Pictures. Tous droits réservés.

Quid du box-office en France?

Avec une 21e place annuelle, Tom Cruise dérape à 1 375 536 spectateurs. Un score moyen, pas si catastrophique, mais en deçà de Cocktail, également 21e en 1989, avec 1 467 713 spectateurs. Entre les deux films, la star était en haut de l’affiche d’un phénomène, Rain Man, dont les 6 474 520 spectateurs, l’avaient placé en 9e place de la décennie. Son partenaire en haut de l’affiche, Dustin Hoffman, l’a aidé.

Avec 100 723 spectateurs sur Paris-Périphérie en première semaine, Jours de Tonnerre est honteux. Paramount comptait sur la présence renforcé des lycéens en vacances pour remplir les salles, mais dans 40 cinémas, il arrête sa course hebdo en 4e position. Il se situe derrière le Pagnol, Le château de ma mère, exploité sur 5 jours, Total Recall, alors en 2e semaine, et surtout Sailor et Lula qui attire environ 60 spectateurs de plus, mais la Palme d’or de David Lynch bénéficiait de 7 écrans en moins. En province, il finit évidemment devant le barge Sailor et Lula, mais reste incapable d’arracher une première place. Total Recall, qui le bat en budget, en salle, et dans l’avis de la presse, est toujours number one.

Jours de tonnerre rentable avec le temps et les marchés étrangers

En 2e semaine, Cruise et la révélation Nicole Kidman se ressoudent à 77 660 entrées parisiennes et demeurent 4e. Aucune nouveauté d’envergure n’est entrée dans le top 10. La semaine du 7 novembre et la reprise des cours sonnent le glas du film (37 056, puis 17 491, 9 493 en 5e semaine, 3 181 en 6e…).

Au final, grâce aux différents supports vidéo (VHS, DVD, blu-ray et depuis 2020, 4K), le blockbuster de Paramount a pu devenir largement rentable. Il peut aussi remercier l’international. C’est en 1989-1990 que les premières grosses machines américaines comptent pour la première fois sur le marché extérieur pour se rentabiliser. Les majors parvenaient à harmoniser les sorties de blockbusters à quelques mois d’intervalles, dans la même année. Un peu plus de dix ans plus tard, les pays émergents et finalement la Chine changeraient à leur tour la donne, faisant d’Hollywood une machine à produire pour l’international avant de penser à satisfaire les spectateurs locaux.

Frédéric Mignard

Coffret jours de tonnerre 4K Ultra HD

© 1990 Paramount Pictures. Tous droits réservés.

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Jours de tonnerre cover VOD

Bande-annonce de Jours de tonnerre (VF)

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