Black Widow : la critique du film (2021)

Action, Film de super-héros | 2h13min
Note de la rédaction :
5.5/10
5.5
Affiche définitive de Black Widow

  • Réalisateur : Cate Shortland
  • Acteurs : Scarlett Johansson, David Harbour, Rachel Weisz, Florence Pugh, William Hurt, Olga Kurylenko, O-T Fagbenle, Ray Winstone
  • Date de sortie: 07 Juil 2021
  • Année de production : 2020
  • Nationalité : Américain
  • Titre original : Black Widow
  • Titres alternatifs : Viúva Negra (Portugal, Brésil), Viuda Negra (Espagne), Kara Dul (Turquie), Czarna Wdowa (Pologne), Góa Phụ Đen (Vitenam)...
  • Scénariste : Eric Pearson
  • D'après une histoire de / le comics de : : Jac Schaeffer, Ned Benson / Stan Lee, Don Heck, Don Rico
  • Directeur de la photographie : Gabriel Beristain
  • Monteur : Leigh Folsom Boyd
  • Compositeur : Lorne Balfe
  • Producteurs : Kevin Feige
  • Sociétés de production : Marvel Studios,
  • Distributeur : The Walt Disney Company France
  • Editeur vidéo : -
  • Date de sortie vidéo : -
  • Box-office France / Paris-Périphérie : -
  • Box-office USA / Monde -
  • Budget :
  • Rentabilité : -
  • Classification : Tous publics
  • Formats : 2.39 : 1 ou 1.90 : 1 (quelques scènes en Imax) / Couleurs (3D) / Dolby Atmos / Dolby Digital, IMAX 6-Track, DTS, (DTS: X)
  • Festivals et récompenses : Taormina Film Festival (Italie, 2021)
  • Illustrateur / Création graphique : © Tous droits réservés / All rights reserved
  • Crédits : © 2021 Marvel Tous droits réservés / All rights reserved
  • Franchise : Univers Cinématographique Marvel, Phase IV
  • Hashtag #BlackWidow
Note des spectateurs :

Retour de la Phase IV de l’univers Marvel au cinéma avec le récit explicatif autour de Black Widow, ultime film de la franchise avec Scarlett Johansson. Malheureusement, les héroïnes remarquables n’ont pas toujours le droit au meilleur pour leur fin.

Synopsis : Natasha Romanoff, alias Black Widow, voit resurgir la part la plus sombre de son passé pour faire face à une redoutable conspiration liée à sa vie d’autrefois.
Poursuivie par une force qui ne reculera devant rien pour l’abattre, Natasha doit renouer avec ses activités d’espionne et avec des liens qui furent brisés, bien avant qu’elle ne rejoigne les Avengers.

La phase IV des Avengers enfin lancée au cinéma

Critique : Disney n’aura pas cédé. Un an et quatre mois après le début de la crise désastreuse du coronavirus, le studio ne s’est pas résigné à exploiter Black Widow en direct-to-Disney+. Des Pixar (Soul, Lucas) ou des live-reboots (Mulan) ont pourtant traversé cette crise par la punition du home-cinéma.

Black Widow, c'est une dernière fois Scarlet Johansson

Scalrett Johansson est Natasha Romanoff – Photo de Jay Maidment. © Marvel Studios 2020.

Pour Black Widow, la situation est différente car son potentiel était plus élevé. Le film devait servir de point de lancement à la Phase IV de l’univers Marvel et beaucoup le voyait atteindre les 800 000 000$ ou le milliard avant que la pandémie ne s’en mêle. Le blockbuster faisait logiquement suite au triomphe d’Avengers Endgame, durant lequel se sacrifiait le personnage joué par Scarlett Johansson. On laissera de côté l’ultime épisode de la phase III, Spider-Man Homecoming où le monde avait repris son cours, sans certains Avengers clés, comme Iron Man et notre Veuve Noire.

Black Widow a donc la lourde tâche de démontrer l’attractivité de Marvel après deux années sans aucune production du studio au cinéma. Le film n’a eu de cesse de voir sa date de sortie officielle repoussée. Une renaissance pour Marvel au cinéma ? Wanda Vision, Falcon et le soldat de l’hiver, et récemment Loki, sur la plateforme Disney+, se sont entre-temps installés dans le cœur des spectateurs, offrant ainsi leurs pistes pour cette nouvelle phase. Mais il est vrai qu’on avait commencé à oublier le goût du spectacle sur un écran large et Black Widow peut se déguster en 4DX, en Dolby, en Screen X, 3D ou en Imax.

Personnage particulièrement apprécié des cinéphiles qui dévorent les Marvel et ses adaptations en salle, la super-héroïne aura longtemps attendu avant d’avoir son propre film. D’autres Captain Marvel, de sinistres souvenirs, l’ont eu plus tôt. Captain Marvel était un personnage assez antipathique dans un film désolant, on avait été déçu de ce choix. Mais qu’attendait Scarlett pour reprendre sa place au cœur de l’univers cinématique Marvel ?

Black Widow s’est trompé de casting à la réalisation

Malheureusement, le temps ne semble avoir joué en la faveur de Black Widow qui n’est en rien l’écrin percutant dont on pouvait rêver. Il s’agit plutôt d’un énième rejeton fun de la saga et pas d’un niveau aussi euphorisant que Thor Ragnarok. Pourtant, on sent la tentation d’aller dans des directions narratives plus sombres, mais la noirceur est aussitôt déminée. Cette contradiction entre les enjeux dramatiques et la multitude de blagues et de personnages assez balourds, notamment celui gras du bide, joué par un David Harbour vraiment pas bon (Hellboy 2019, Stranger Things) dans le rôle du super-héros soviétique ringard Red Guardian, est aussi synthétisée par la réalisation.

Scarlett Johansson et Florence Pugh dans Black Widow

©Marvel Studios 2021. All Rights Reserved.

Le nom de la réalisatrice australienne Cate Shortland, connue pour deux petits films d’auteur, a été apposé pour poser une caution féminine à un projet qui lui échappe de toutes parts. Les trois quarts du métrage pyrotechnique sont constitués de séquences d’effets spéciaux qui ne relèvent en rien de ses compétences artistiques, si bien que les différentes parties s’imbriquent mal. La trace de la réalisatrice du très beau Lore, qui ne semble pas avoir participé au scénario, d’après les crédits officiels, se retrouve essentiellement dans les séquences plus bavardes et intimistes où le passé de l’espionne Natasha Romanoff, dite Black Widow, est relaté. Ces moments sonnent creux, avec des scènes familiales factices, sans relief, loin des conflits psychologiques que ce type de cinéma a pu faire émerger notamment dans le meilleur segment de la franchise, Captain America : Civil War.

Truffé d’effets spéciaux et notamment rendu énergique par une séquence aérienne, à bord d’une station dans les nuages, Black Widow sacrifie tout bon sens dans sa dernière demi-heure au prix du chaos des explosions et des images de synthèse agressives. Le spectacle est plus que jamais improbable, pétaradant, voire grotesque ; dans le meilleur des cas, d’aucuns le trouveront divertissant. Il est vrai qu’il l’est. Mais les effets spéciaux peinent à nous faire croire dans cette débauche numérique.

Passage de relais entre Scarlett Johansson et Florence Pugh

Pourtant Black Widow n’est pas foncièrement mauvais.

On passera sur l’idéologie féministe du moment sur l’exploitation des femmes par l’homme, en l’occurrence ici les « veuves », aliénées par un homme en particulier (Ray Winstone, parfait comme toujours dans l’abjection). Cette thématique est tellement redondante avec le tout-venant hollywoodien que le message passe avec la subtilité d’un coup de massue.

Teaser affiche de Black Widow

© Marvel Studio

On essaiera d’oublier le final woke, avec une prise de conscience collective de la condition de la femme, lors d’une scène confondante de naïveté qu’aucun grand réalisateur digne de ce nom n’aurait pu réaliser ainsi, pour finalement souligner les bons points du film.

Et on se recentrera sur les comédiennes. Black Widow, c’est avant tout Scarlett Johansson, une actrice protéiforme dont le talent écrase le casting parfois léger. Elle est toujours remarquable à l’écran, y compris dans des scènes embarrassantes. Le plaisir de la retrouver une dernière fois dans sa tenue est réel. Son personnage accorde néanmoins de l’espace pour sa protégée jouée par Florence Pugh (Little Women, Midsommar). Celle-ci, appelée à succéder à notre héroïne dans la sororité, apporte suffisamment de prestance et d’humour pour convaincre de sa légitimité dans les épisodes Marvel à venir. Son jeu (elle nous l’a prouvé dans le passé, notamment via sa machiavélique prestation dans The Young Lady), devrait enrichir la franchise Marvel par sa conviction. Actrice féministe qui a toujours excellé, elle a l’occasion de manifester une gamme d’émotions tout à son honneur, et s’avère convaincante dans l’action comme dans l’humour, les deux points forts des productions Marvel.

La disparition de Black Widow est donc forcément un peu sinistre, comme la fin du vieux monde. Elle est peu magnifiée par cette comédie mouvementée, plein de faux-semblants, davantage axé sur la famille que familiale. On n’apprendra rien de réellement transcendant pour marquer l’histoire d’une franchise qui a déjà témoigné de beaucoup de forces et de faiblesses dans le passé. Ce numéro de plus se situe dans ce qui est à peu près acceptable de la part du studio, mais ne se hisse jamais dans les standards élevés des incontournables.

Toutefois, Marvel aura de quoi se rattraper en 2021. Shang-Chi et la légende des dix anneaux, Les Eternels et un nouveau Spider-Man succèderont en salle à Black Widow d’ici la fin de l’année 2021, Marvel a donc de quoi étonner sa fanbase et vraiment avancer dans sa phase IV.

Critique : Frédéric Mignard

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Affiche définitive de Black Widow

© 2021 Marvel

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