Marlene Dietrich

Actrice, Chanteuse
Affiche de L'Impératrice rouge (The Scarlet Empress) de Josef von Sternberg

Personal Info

  • Nationalité : Américaine (d'origine allemande)
  • Date de naissance : 27 décembre 1901 à Schöneberg (Allemagne)
  • Date de décès : 6 mai 1992 à Paris (France)

Biographie

Note des spectateurs :

Actrice et chanteuse allemande naturalisée américaine, Marlene Dietrich est une icône du cinéma mondiale, une star parmi les stars au même titre que Greta Garbo dont elle fut la grande rivale dans les années 30.

Née Marie Magdalene Dietrich en 1901 à Schöneberg dans une famille aisée et la petite fille reçoit une éducation prussienne très stricte. La jeune fille effectue des études, tout en développant ses dons naturels pour le piano et le chant. Finalement, c’est le violon qui a ses faveurs et elle envisage même de devenir concertiste avant qu’un accident au poignet ruine ses espoirs.

Des débuts timides dans les années 20

Au début des années 20, Marlene Dietrich prend des cours de théâtre et commence à se produire sur scène à Berlin dans des petits rôles. Dès 1923, elle apparaît également au cinéma dans des rôles mineurs, par exemple dans L’étoile du cirque (Guter, 1923), Manon (Robison, 1926) d’après le livre Manon Lescaut, Le baron imaginaire (Wolff, 1927), Trois nuits d’amour (Ucicky, 1927) et Le navire des hommes perdus (Tourneur, 1929). On notera que ses rôles gagnent en importance année après année. Toutefois, parallèlement, l’actrice doit aussi se produire sur scène. C’est là que le réalisateur Josef von Sternberg la repère et lui offre le rôle qui va changer à jamais sa vie.

L'ange bleu, l'affiche de la reprise

© 1930 UFA Tonfilm – Universum Film (UFA) / Affiche : Michel Landi. Tous droits réservés.

La révélation de L’Ange bleu et la période von Sternberg

Ensemble, ils tournent L’ange bleu (Sternberg, 1930) où Marlene donne la réplique à Emil Jannings. Dans le film, elle chante également plusieurs titres de la bande son (dont le culte Ich bin von Kopf bis Fuß auf Liebe eingestellt) et devient instantanément une immense star. Aussitôt sur le coup, la firme Paramount propose à Marlene Dietrich un contrat pour venir à Hollywood en même temps que son mentor Josef von Sternberg. Les deux tournent ensemble Cœurs brûlés (1930) avec également Gary Cooper. Le film est un triomphe aux States, mais aussi dans le reste du monde et la Paramount décide de casser sa tire-lire en offrant un contrat en or aux deux artistes pour une série de films appelés à devenir mythiques.

L'impératrice rouge, l'affiche

© 1934 Paramount Pictures / Affiche : Roger Vacher. Tous droits réservés.

Ainsi est tourné Agent X27 (1931), mais aussi Shanghaï Express (1932) qui reçoit un Oscar des meilleurs éclairages pour Lee Garmes. A chaque fois, Sternberg magnifie les traits de son actrice qui devient devant sa caméra une déesse de l’écran. Ils enchaînent avec Blonde Vénus (1933) qui est encore un énorme succès. Cela se gâte avec L’impératrice rouge (1934), véritable chef d’œuvre de maniérisme qui n’a pas été compris lors de sa sortie et qui est donc un échec commercial. Les tensions entre Dietrich et Sternberg font les choux gras de la presse. Et la rupture est finalement consommée après l’échec commercial de La femme et le pantin (1935).

Les errements de la période post-Sternberg

La carrière de Marlene Dietrich ne se remettra jamais vraiment de cette fin de collaboration, même si elle joue encore dans des grands films et pour des réalisateurs de renom. Elle est encore formidable dans Désir (Borzage, 1936) et Ange (Lubitsch, 1937). Pourtant, son étoile commence à pâlir et sa popularité chute à tel point qu’elle disparaît des écrans pendant deux longues années.

Elle revient avec Femme ou démon (Marshall, 1939) et va ensuite jouer les femmes tentatrices dans plusieurs films de studio comme La Maison des 7 péchés (Garnett, 1940), La belle ensorceleuse (Clair, 1941), Les écumeurs (Enright, 1942) et Kismet (Dieterle, 1944). Rien de bien remarquable, donc. En 1946, elle part tourner en France Martin Roumagnac (Lacombe, 1946) avec son amant Jean Gabin qu’elle a hébergé chez elle durant la Seconde Guerre mondiale. Le film n’est toutefois pas très apprécié par la critique.

Et pour quelques grands rôles de plus…

La rupture entre les deux amants est consommée et Marlene Dietrich retourne aux Etats-Unis où elle va enfin tourner un film majeur : La scandaleuse de Berlin (Wilder, 1948). Tournant peu, Marlene Dietrich est encore visible dans Le grand alibi (Hitchcock, 1950) et surtout L’ange des maudits (Lang, 1952). Au cours des années 50, elle touche une fortune pour se produire régulièrement sur scène à Las Vegas en tant que chanteuse de cabaret.

L'ange des maudits, l'affiche

© 1952 RKO Radio Pictures / Affiche : Roger Soubie. Tous droits réservés.

Cela l’éloigne pour un temps des écrans. Marlene revient au cinéma dans l’excellent Témoin à charge (1957) toujours pour le compte de Billy Wilder. L’année suivante, Orson Welles lui offre un rôle marquant dans le film noir La soif du mal (1958). Après une nouvelle pause, Dietrich est encore du casting impressionnant de Jugement à Nuremberg (Kramer, 1962), avant de peu à peu disparaître des écrans. En fait, elle continue à se produire à Broadway et donne donc des récitals qui font salle comble pendant plusieurs années.

Marlene Dietrich, l’alcool et le retrait de toute vie publique

Malheureusement, la diva tombe dans l’alcool et réalise quelques performances déplorables – elle tombe même dans la fosse de l’orchestre, ivre morte – ce qui n’arrange pas son image. Si elle apparaît une ultime fois dans le film Gigolo (Hemmings, 1978) face à David Bowie, sa carrière est désormais derrière elle. Durant les années 80, la star se cloitre dans son appartement parisien dont elle ne sort jamais. Elle ne voit quasiment plus personne et s’isole totalement.

Marlene Dietrich meurt en 1992 à Paris d’insuffisance rénale à l’âge de 90 ans, non sans avoir signé une autobiographie. Toutefois, un témoignage de sa secrétaire personnelle semble indiquer que la diva se serait suicidée à coups de médicaments. Rien qui puisse de toute façon écorner le mythe Dietrich, toujours aussi vivant de nos jours malgré les décennies qui passent.

Virgile Dumez

Ils nous ont quittés en 1992

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