Peur sur la ville : la critique du film (1975)

Action, Polar, Thriller | 2h05min
Note de la rédaction :
8/10
8
Peur sur la ville, affiche originale

Note des spectateurs :

Impeccable thriller à l’action soutenue et à l’ambiance angoissante, Peur sur la ville est un hit de Belmondo parfaitement mérité. Du beau travail.

Synopsis : Norah Elmer a reçu plusieurs appels téléphoniques d’un certain Minos dévoilant sa vie privée. Peu de temps après, elle est tuée. Le commissaire Letellier enquête et rencontre des femmes menacées par ce genre d’appels. Un second meurtre est commis. Grace à un œil de verre brisé, Letellier ne tarde pas a retrouver l’assassin..

Jean-Paul Belmondo, début du système B, comme Bébel

Critique : Après le triomphe du Casse, déjà réalisé par Henri Verneuil, ainsi que quelques contre-performances au box-office et la caution artistique porté par des choix audacieux (Stavisky d’Alain Resnais), Jean-Paul Belmondo et sa société Cérito décident de casser la baraque avec un polar commercial dont la seule existence est justifiée par l’appât du gain. Henri Verneuil se met donc au travail avec l’aide précieuse de Francis Veber aux dialogues. Ce dernier ajoute quelques notes humoristiques dans un ensemble au premier degré assumé. Croisement entre le psycho-thriller à l’américaine et le giallo transalpin, Peur sur la ville (1975) appartient à la catégorie des petits miracles cinématographiques qui font d’une œuvre mineure une référence grâce à la collaboration fructueuse entre ses différents créateurs.

Peur sur la ville, le virage américain du cinéma français

Porté par un scénario classique, mais d’une diabolique efficacité, des dialogues inspirés, des cascades impressionnantes effectuées par un Belmondo en pleine forme et une musique angoissante d’Ennio Morricone, ce thriller stressant tient en haleine de la première à la dernière image. Certes, Verneuil sacrifie ici à la mode du polar urbain initiée par les films avec Clint Eastwood et Charles Bronson, – évidemment l’affiche évoque le Bullitt de Peter Yates -; mais il faut avouer que le cadre moderne offert par le tout récent quartier de La Défense impose une ambiance glaciale qui donne tout son cachet à cette course-poursuite haletante. Le cinéaste multiplie les scènes d’action pour notre plus grand plaisir et signe plusieurs morceaux de bravoure ancrés dans toutes les mémoires : que ce soit la poursuite sur les toits de Paris, modèle d’acrobaties vertigineuses, sur celui d’un métro ou encore suspendu à un hélicoptère, Bébel impressionne beaucoup par sa réelle prise de risque. Ces séquences font beaucoup pour renforcer l’aspect réaliste d’un métrage qui prend également le pouls d’une France libérée sur le plan sexuel depuis 1968 (le maniaque sexuel est stimulé par la déferlante érotique qui touche alors l’Hexagone). Enfin, il faut saluer l’impeccable prestation d’Adalberto-Maria Merli, terrifiant dans la peau du tueur à l’œil de verre. Il justifie à lui seul la vision de ce hit des années 70 ayant cumulé près de quatre millions d’entrées sur toute la France, faisant de lui le deuxième plus gros succès de l’année 1975 juste derrière La tour infernale.

De quoi satisfaire les attentes de son acteur-producteur.

Critique du film : Virgile Dumez

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Sorties de la semaine du 9 avril 1975

Peur sur la ville, affiche originale

Illustration : Ferracci, © 1975 Cérito-Film

Box-office :

Peur sur la ville a été un blockbuster inimaginable pour une production française en son temps. Lancé par AMLF (aujourd’hui devenu Pathé Distribution), la production Cerito-Film a ouvert à 557 904 spectateurs en première semaine sur la France. Un résultat fracassant alors que la mode était au film catastrophe américain. Le film de l’année était La tour infernale, sorti 5 semaines plus tôt, et Tremblement de terre, 747 en péril ou Terreur sur le Britannic faisaient partie de le l’actu annuel. Sans oublier les thrillers urbains comme Un justicier dans la ville, ou, six mois auparavant le phénomène diabolique de L’exorciste. Le cinéma français devait se réinventer dans un genre plus efficace et Belmondo, qui cherchait à dépasser les phénomènes Delon et De Funès a largement trouvé la recette, même si le paroxysme du star-system Belmondo sera atteint entre 1979 et 1983.

En première semaine, la star éjecte La Tour infernale d’une première place occupée pendant 5 semaines. Les nouveautés de la huitaine ne font pas le poids : Julia et les hommes, Libres jouissances, Le triangle écorché, La messe dorée, Amours interdites, Nous y’en a riz le bol ou Vendetta Karateka. Qui s’en souvient?

Peur sur la ville, sur Paris, occupe des salles monstres : le Normandie, le Publicis Matignon, le Rex, le Boul’Mich, le Bretagne, le Publicis St. Germain, le Paramount Opéra/Gobelins/Orléans/Maillot/Montmartre, le Liberté, le Magic Convention, le Murat, le Clichy Palace…

En première semaine, sur la capitale et la banlieue, il décroche le jackpot (186 007 entrées), 131 812 spectateurs pour sa deuxième semaine… Toutefois, le film n’atteindra pas le million d’entrées sur Paris. L’acteur Belmondo devra attendre 1979 et Flic ou Voyou pour réussir pour la première fois de son illustre carrière à se positionner au-dessus du seuil du million d’entrées. Les années René Chateau…

Frédéric Mignard

Pub : René Chateau Illustration : Ferracci
© 1975 Cérito-Film

Peur sur la ville, visuel de Melki pour l’édition VHS en 1990, chez Fil à Film

Peur sur la ville, visuel de Melki pour l'édition VHS 1990, chez Fil à Film

Illustration © 1990 Melki – Film © 1975 Cérito-Films

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