Pale Rider, le cavalier solitaire : la critique du film (1985)

Western | 1h55min
Note de la rédaction :
6/10
6
Affiche de Pale Rider, le cavalier solitaire de Clint Eastwood

  • Réalisateur : Clint Eastwood
  • Acteurs : Clint Eastwood, Michael Moriarty, Carrie Snodgress, Richard Kiel
  • Date de sortie: 14 Août 1985
  • Année de production : 1985
  • Nationalité : Américain
  • Titre original : Pale Rider
  • Titres alternatifs : El jinete pálido (Espagne), Il cavaliere pallido (Italie), Kalpea ratsastaja (Finlande), El genet pàl·lid (Espagne – catalan), Pale Rider - Der namenlose Reiter (Allemagne), Der namenlose Reiter (Allemagne), Justiceiro Solitário (Portugal), O Cavaleiro Solitário (Brésil), Bledoliki jahač (Serbie), 蒼白騎士 (Taïwan), Имя ему Смерть (Union soviétique/Russie), Бледият ездач (Bulgarie), Raitelis ant širmo žirgo (Lituanie), Bledoliki konjanik (Croatie), Blijedi Jahač (Croatie), Ім'я йому Смерть (Ukraine), Fakó lovas (Hongrie), Bledi jezdec (Slovénie), Bledý jazdec (Slovaquie), Biely jazdec (Slovaquie), Kahvatu ratsanik (Estonie), पेल राइडर (Inde – hindi), Σιωπηλός καβαλάρης (Grèce), Thiên Thần Trừng Phạt (Vietnam), Călăreţul palid (Roumanie), Soluk Benizli Adam (Turquie)
  • Casting : Clint Eastwood, Michael Moriarty, Carrie Snodgress, Chris Penn, Richard Dysart, Sydney Penny, Richard Kiel, Doug McGrath, John Russell, Charles Hallahan, Marvin J. McIntyre, Fran Ryan, Richard Hamilton, Chuck Lafont, Jeffrey Weissman, Allen Keller, Randy Oglesby, Herman Poppe, Kathleen Wygle, Terrence Evans, Jim Hitson, Loren Adkins, Thomas H. Friedkin, S.A. Griffin, Jack Radosta, Robert Winley, Billy Drago, Jeffrey Josephson, John Dennis Johnston, Michael Adams, Clay M. Lilley, Gene Hartline, R.L. Tolbert, Clifford Happy, Ross Loney, Larry Randles, Mike H. McGaughy, Jerry Gatlin, Lloyd Nelson, Jay K. Fishburn, George Orrison, Milton Murrill, Mike Munsey, Keith Dillin, Buddy Van Horn, Fritz Manes, Glenn Wright
  • Scénariste(s) : Michael Butler, Dennis Shryack
  • Compositeur : Lennie Niehaus
  • Directeur de la photographie : Bruce Surtees
  • Monteur : Joel Cox
  • Chef décorateur : Edward C. Carfagno
  • Chef maquilleur : Barbara Guedel
  • Responsable des effets spéciaux : Chuck Gaspar
  • Assistants réalisateur : Matt Earl Beesley
  • Producteur : Clint Eastwood
  • Producteurs exécutifs : Fritz Manes, David Valdes
  • Société de production : The Malpaso Company
  • Distributeur : Warner Columbia
  • Date de sortie (reprise) :
  • Editeur vidéo : Warner Bros Vidéo
  • Date de sortie vidéo : (non exhaustif) 1986 (VHS), 1988 (VHS, Collection Clint Eastwood), LaserDisc (1989), Juillet 2000 (DVD), Janvier 2011 (DVD), 1er janvier 2008 (Blu-ray), 17janvier 2008 (Warner Blue-Line), 10 mars 2010 (DVD), 28 avril 2025 (4K)
  • Budget : 6 900 000$
  • Box-office France / Paris-Périphérie : 1 157 288 entrées / 326 797 entrées
  • Box-office nord-américain : 41 410 568 $
  • Classification : Tous publics / R (USA)
  • Formats : 2.39:1 / Couleur (35mm, Technicolor) / Dolby Stereo
  • Festivals : Sélection Officielle Cannes 1985
  • Illustrateur/Création graphique : © Bill Gold. Tous droits réservés / All rights reserved
  • Crédits : © Warner Bros Inc. Tous droits réservés / All rights reserved
  • Attaché de presse : François Frey
  • Tagline : Et l'enfer le suivait...
Note des spectateurs :

Western au classicisme assumé, Pale Rider, le cavalier solitaire est sans doute le métrage le moins intéressant d’Eastwood dans un genre qu’il a toujours su transcender par ailleurs. Il n’en demeure pas moins un bon divertissement, sans doute trop convenu.

Synopsis : Dans une petite ville de Californie, les derniers chercheurs d’or indépendants se heurtent à la voracité du tout-puissant Coy LaHood, patron de mine qui ambitionne de mettre la main sur l’intégralité des terrains exploitables. Face aux intimidations à répétition, certains hommes sont sur le point de renoncer à défendre leur gagne-pain. Surgit alors de la montagne un mystérieux cavalier, pasteur taiseux au passé trouble, qui ne tarde pas à se ranger de leur côté en jouant de la gâchette…

Critique : Reprenant la trame générale de L’homme des vallées perdues (1953), chef-d’œuvre de George Stevens, le seul western tourné par Clint Eastwood dans les années 80 peut davantage être rapproché de son propre film crépusculaire intitulé L’homme des hautes plaines (1973) par sa dimension fantastique, totalement absente du métrage des années 50. Ici, Clint Eastwood insiste sur la dimension mystique de son personnage de vengeur. Tout d’abord, le Prêcheur intervient pour la première fois à la suite d’une prière de la jeune fille incarnée par Sydney Penny (future Bernadette de Jean Delannoy) qui demande à Dieu de réaliser un miracle. Ensuite, le méchant indique que l’homme incarné par Eastwood est déjà mort. Enfin, le réalisateur ne cesse de faire apparaître et disparaître son personnage principal de façon à lui donner une omniscience toute fantomatique. Pale Rider, malgré une certaine forme de réalisme dans la description de la vie quotidienne des chercheurs d’or, s’inscrit donc dans une certaine tradition du western fantastique comme l’ont beaucoup développé les Italiens dans les années 60.

Pale Rider DVD

© Warner Bros. All Rights Reserved.

Pourtant, Eastwood reste essentiellement influencé par le western américain et par son maître Don Siegel. Ainsi, sa réalisation ne cherche jamais l’effet superflu et le fantastique s’insinue de manière subtile, sans être surligné le moins du monde. L’extrême rigueur de la mise en scène – à la limite de la sécheresse diront certains – permet à Clint Eastwood de se concentrer sur ses personnages, tous archétypaux. Effectivement, le cinéaste ne cherche aucunement à révolutionner le genre qu’il aborde ici pour la énième fois, mais bien à lui rendre hommage avec dévotion. Ainsi, il ne sort pas de l’opposition manichéenne entre les bons mineurs, travailleurs et vertueux et les méchants rapaces du grand capital qui mettent toujours la loi de leur côté. Au centre, le Prêcheur se trouve être au-dessus des lois par une prescience divine. Cette idéologie traditionnelle (ou réactionnaire si l’on veut) est encore typique du cinéma d’Eastwood, même s’il a su parfois détourner ces codes dans des réussites plus franches comme Josey Wales, hors-la-loi, plus iconoclaste, et surtout Impitoyable, plus intelligent et crépusculaire.

La plus grosse faiblesse du métrage vient sans doute de l’absence de charisme de bon nombre d’acteurs secondaires. Si l’on aime beaucoup la tronche de John Russell (vu dans Rio Bravo et de nombreuses séries télévisées des années 50) qui ressemble fort à Lee Van Cleef, on ne peut pas en dire autant de Michael Moriarty, bien terne en fermier sans caractère, ou encore de la jeune Sydney Penny, trop mièvre pour attirer la sympathie. On ne retient donc de cette histoire que la figure charismatique d’Eastwood, toujours impérial dans un rôle mutique d’Homme sans nom qu’il maîtrise parfaitement. En l’état, Pale Rider est donc un bon western classique qui manque peut-être d’une petite pointe d’originalité pour se hisser à la hauteur des autres réalisations de Clint Eastwood dans le domaine. Il a toutefois eu le mérite de redorer le blason du western au box-office international puisque ce Cavalier solitaire est le film du genre ayant attiré le plus de spectateurs en salles durant toutes les années 80. Il a ainsi glané plus de 41 millions de dollars aux Etats-Unis (pour une mise de départ de seulement 6,9 millions) et a largement contribué à la reconnaissance de Clint Eastwood en France avec 1 155 162 spectateurs, soit le plus gros score de l’acteur-réalisateur dans l’Hexagone depuis la fin des années 60. Même les critiques commencèrent à réviser leur jugement vis-à-vis de celui qu’elles considéraient jusqu’alors comme un dangereux fasciste.

Critique du film : Virgile Dumez

Box-office de Pale Rider, le cavalier solitaire

Après son passage par Cannes en mai 1985, Pale Rider, le cavalier solitaire sort en France le 14 août 1985. Une date de distribution estivale accompagnée du mythique visuel de Bill Gold, mythique illustrateur de l’affiche de L’Exorciste qui accompagne Clint Eastwood depuis de nombreuses années (Josey Wales hors la loi, L’Inspecteur Harry, Firefox, L’homme des hautes plaines…). C’est le seul film d’importance en ce mercredi de divertissements 100% américains. La Cavale impossible avec Tatum O’Neal et Irene Cara, les comédies Comment claquer un million de dollars de Walter Hill, avec Richard Pryor, et Une défense canon, avec Dudley Moore et Eddie Murphy, le film d’épouvante Dreamscape de Joseph Ruben (affiche de Drew Struzan) et la reprise de Wargames dans 15 salles parisiennes, n’ont pas un grand potentiel face au braqueur Eastwood qui, un an plus tôt avait dégainé Sudden Impact (938 000 entrées). Pis, les nouveautés ont déjà connu l’échec aux USA où Pale Rider a pour sa part confirmé la résurrection d’Eastwood : à 55 ans, l’acteur-réalisateur s’offrait aux USA 41.4M$ et une 14e place annuelle particulièrement atypique au milieu des Retour vers le futur, Rambo IICocoon, Goonies, Police Academy II et The Breakfast Club.

En couverture du gratuit pour les salles Actua Ciné et du Pariscope, Pale Rider recense 22 écrans à Paris intra-muros et 26 écrans supplémentaires en périphérie. Il n’a aucune concurrence au cœur d’un été balbutiant dans les eaux démoralisantes de la crise du cinéma. Pour être numéro 1 à Paris la semaine précédant celle de Pale Rider, il fallait attirer 55 000 entrées (score de Runaway, avec Tom Selleck). Sur la capitale, la plus grosse sortie face à lui (Dreamscape) ne bénéficie que de 22 salles, la banlieue comprise. Maigre.

Seul film à afficher 5 chiffres le mercredi de sa sortie, Pale Rider fait de l’œil à 16 910 spectateurs pour son premier jour parisien contre 3 452 pour Dreamscape en 2e place. A l’issue de sa première semaine, il trône au sommet avec 111 706 spectateurs à Paris-Périphérie. Dreamscape est loin derrière, en 6e place, avec 21 814 entrées, suivi par Comment claquer un million de dollars (20 449). Une défense canon est 9e avec 17 156 entrées. La cavale impossible est humilié en 15e place, avec 10 387 entrées. Enfin Wargames dépasse à peine les 4 000 entrées pour sa ressortie sans intérêt, le teen movie ayant fait carton plein à peine deux ans auparavant.

La deuxième semaine de Pale Rider (70 851 entrées) marque un retrait en deuxième place face à l’arrivée tonitruante d’Alain Delon en pôle position (211 000 entrées P.P. pour Parole de flic). En troisième semaine, le cow-boy passe à 55 300 entrées. Delon est toujours numéro un, mais Tom Cruise dans Legend arrive en 2e place (116 000) et L’amour propre ne le reste jamais trop longtemps s’immisce mollement sur la troisième marche avec 60 000 libertins.

Au total, Clint Eastwood restera 13 semaines à l’affiche à Paris, achevant sa carrière parisienne le 12 novembre, au seul Opéra Night (278 entrées, total de 325 719 entrées). A l’échelle de la France, le succès est à l’avenant, avec plus de 1 100 000 entrées. Un record sur quinze ans pour l’acteur qui revenait de si loin (qui se souvient alors de La sanction, Bronco Billy ou Honkytonk Man qui l’avaient placé au plus bas?). Warner Columbia essaie alors de profiter de ce beau score pour sortir dans la foulée Haut les flingues (City Heat) de Richard Benjamin, avec Eastwood, Burt Reynolds et Irene Cara. Après son échec aux USA en décembre 1984, le distributeur attendra en effet janvier 1986 pour balancer la brebis galeuse dans les cinémas espérant profiter du regain de popularité du quinquagénaire de légende.

Frédéric Mignard

Les sorties de la semaine du 14 août 1985

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Affiche de Pale Rider, le cavalier solitaire de Clint Eastwood

Affiche : Bill Gold. © Warner Bros. All Rights Reserved.

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Clint Eastwood, Michael Moriarty, Carrie Snodgress, Richard Kiel

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