Véritable comédie d’action, Nobody 2 est un spectacle volontairement bas du front et rentre-dedans qui assume son caractère bis. Il n’est pas interdit de bien se marrer durant la séance.
Synopsis : Quatre ans après sa malencontreuse altercation avec la mafia russe, Hutch doit toujours 30 millions de dollars à la redoutable organisation et s’efforce de rembourser en enchainant sans répits les contrats d’une liste de criminels à abattre. Hutch se retrouve vite surmené, tout comme sa femme Becca et ils s’éloignent inexorablement l’un de l’autre. Ils décident donc de partir avec leurs enfants pour une escapade au Wild Bill’s Majestic, un parc d’attraction dans l’Arkansas.
Embarquant son père dans la foulée, Hutch et sa famille débarquent au grand complet dans la petite ville touristique de Plummerville, avec la ferme intention d’y passer du bon temps au soleil. Mais quand, à la suite d’un incident mineur avec des voyous locaux, la famille se retrouve dans la ligne de mire du directeur du parc aussi corrompu que son shérif est véreux, Hutch va attirer sur lui l’attention d’un redoutable esprit criminel.
La suite encore plus bis d’un petit succès de la série B
Critique : En 2021, le film d’action de série B Nobody (Ilya Naishuller), écrit par Derek Kolstad (créateur de la saga John Wick), connaît un petit succès aux Etats-Unis alors que les salles sont désertées pour cause de crise sanitaire de la Covid-19. Grâce à son petit budget de 16 M$, le long-métrage rentre sans problème dans ses frais, malgré des chiffres assez piteux liés à la situation exceptionnelle du moment. Toutefois, le public a répondu positivement à cette proposition d’un cinéma burné tourné vers le bis assumé.

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Il n’était donc pas étonnant qu’une suite soit mise en chantier afin de rebondir sur ce petit succès de série B. Toujours produit par David Leitch, dont on reconnaît la marque de fabrique, cette suite bénéficie d’un budget légèrement supérieur, mais qui demeure raisonnable (soit 25 M$). Cette somme dérisoire s’explique notamment par un tournage entièrement délocalisé au Canada où les coûts de production sont moindres. Après avoir fait confiance à un cinéaste d’origine russe pour le premier volet, les producteurs ont engagé cette fois-ci un réalisateur indonésien bien connu des cinéphiles puisqu’il s’agit de Timo Tjahjanto, un des deux membres du duo The Mo Brothers (qui ne sont pas frères d’ailleurs).
Vous en voulez engore ?
Pour le cinéaste indonésien, il s’agit de sa première incursion à Hollywood, même s’il a déjà travaillé pour la compagnie Netflix. De toute façon, il n’est ici qu’un exécutant qui devait respecter le scénario de Derek Kolstad et apporter son expertise en matière de scènes d’action percutantes. Comme le réalisateur vient également du cinéma horrifique, il a ajouté une touche plus sanglante, voire gore, à certains passages.
Car même si le personnage de Hutch Mansell interprété par Bob Odenkirk entend prendre des vacances tranquilles afin de resouder les liens avec sa famille, rien ne va se passer comme prévu. Assez rapidement, ce père de famille à l’allure banale va vite revenir à ses habitudes psychotiques en faisant preuve d’une violence redoutable contre ceux qui viennent lui chercher immanquablement des poux dans la tête. Si le début du film nous démontre que le personnage est toujours une redoutable machine à tuer, la partie plus calme située dans le parc d’attraction semble mettre un temps la pédale douce sur l’action.
De la violence gratuite, mais souvent burlesque
En fait, il s’agit du calme avant la tempête lorsque le vacancier s’aperçoit que le parc à thème dissimule en réalité les agissements d’un dangereux groupuscule criminel, mené par une femme redoutable, incarnée par une Sharon Stone en mode Cruella. Le script tient clairement sur un ticket de métro, mais les auteurs en ont eu conscience et ont décidé d’embrasser une fois de plus un ton volontiers comique. En fait, les scènes de violence sont tellement excessives et gratuites qu’elles ne peuvent que déclencher le rire, voire l’hilarité. Certains passages sont quasiment burlesques et renvoient même au cinéma de Terence Hill et Bud Spencer, mais en version trash et bien plus sanglante.

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Dans le rôle du héros psychotique, Bob Odenkirk s’en tire plutôt bien une fois de plus. Face à lui, Sharon Stone est laissée en totale roue libre dans un rôle de méchante qui rappelle la prestation hilarante de Julianne Moore dans Kingsman : Le Cercle d’or (Matthew Vaughn, 2017). Sa prestation ne risque pas d’entrer dans les annales, mais elle a le mérite de nous faire bien rire et d’ajouter une touche d’humour camp dans un film pourtant sévèrement burné.
Pour le fun uniquement
Crétine au dernier degré, cette suite doit être impérativement vue pour ce qu’elle est, une comédie complètement décalée au bis parfaitement assumé par toute l’équipe. C’est donc très con, mais très souvent fun et donc parfaitement recommandable au cœur d’un été caniculaire.
Le démarrage américain n’est pas forcément très encourageant, tandis qu’en France, le film a réussi l’exploit de faire encore moins d’entrées lors de son premier week-end que le premier volet, pourtant sorti dans un contexte bien moins favorable de pandémie mondiale. Les aventures du personnage risquent donc de s’arrêter là, ce qui n’est pas nécessairement un mal car on imagine mal comment renouveler encore une fois cette formule somme toute basique.
Critique de Virgile Dumez
Les sorties de la semaine du 13 août 2025

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Timo Tjahjanto, Sharon Stone, RZA, Connie Nielsen, Christopher Lloyd, Bob Odenkirk, John Ortiz, Colin Hanks
Mots clés
Cinéma américain, Cinéma d’action, Comédie d’action, Les vacances au cinéma, Cinéma bis

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