L’été du bac : la critique du film (1984)

Comédie, Teen Movie | 1h37min
Note de la rédaction :
3.5/10
3.5
L'été du bac, affiche française de My Tutor (1984)

  • Réalisateur : George Bowers
  • Acteurs : Kevin McCarthy, Crispin Glover, Matt Lattanzi, Caren Kaye
  • Date de sortie: 13 Juin 1984
  • Année de production : 1983
  • Nationalité : Américain
  • Titre original : My Tutor
  • Titres alternatifs : Mon cher professeur, Mon tuteur
  • Autres acteurs :
  • Scénaristes : Joe Roberts
  • D'après une oeuvre de :
  • Monteur : Sidney Wolinsky
  • Directeur de la photographie : Mac Ahlberg
  • Compositeur : Webster Lewis
  • Producteur : Marilyn Jacobs Tenser
  • Sociétés de production : Marimark Productions
  • Distributeur : Artédis
  • Distributeur américain : Crown International Pictures
  • Date de sortie américaine : 4 mars 1983
  • Editeur vidéo : VIP Video
  • Date de sortie vidéo : 1985 (VHS)
  • Budget :
  • Box-office Paris-Périphérie : 21 867 entrées
  • Box-office nord-américain 22 587 000$
  • Classification : Tous publics
  • Formats : 1.85 : 1 / Couleur (35mm) / Mono
  • Illustrateur/Création graphique : © Jouineau Bourduge. All Rights Reserved. Tous droits réservés / All rights reserved
  • Crédits : © 1983 Crown International Pictures. Tous droits réservés / All rights reserved
  • Attachés de presse : Thierry Foucher, Claude Le Gac
  • Tagline : Bonjour les soucis, Bienvenue les dégâts
Note des spectateurs :

Comédie à succès sortie aux USA en 1983 et en France en 1984, L’été du bac mérite-t-elle la session de rattrapage ?

 Synopsis : Alors qu’il avait tous les atouts pour entrer à l’université, Bobby Chrystal échoue à son examen de français.

Pour ses parents, une solution radicale s’impose : celle de louer les services d’un professeur qui, chargé d’enseigner toutes les finesses de la langue de Molière, lui fera obtenir par un travail acharné, son diplôme.

A dire vrai, ce n’est pas exactement le programme de vacances que Bobby s’était établi ! Le flirt, l’insouciance, les soirées entre copains, c’est plutôt cela qu’ils voulaient privilégier.

En fait tout n’est pas vraiment perdu… Bobby l’apprendra à son avantage car non seulement il va prendre goût à ses leçons de français mais de plus, il réussira brillamment son examen.

Mais il faut le dire, ses parents ont particulièrement bien choisi son professeur ; un précepteur personnalisé en quelque sorte, une charmante jeune femme dont la compréhension et l’art d’enseigner dépassent largement le domaine scolaire…

Ce qui n’est pas pour déplaire à Bobby : il découvrira le plaisir de l’étude et le plaisir de l’amour.

Bref… un charmant professeur qui sait joindre l’utile à l’agréable

Critique : En 1959, Newton Jacobs, la cinquantaine, distributeur via Favorite Films monte une nouvelle société, Crown International Pictures. Il se bâtit une petite notoriété localement, autour de petits films de séries B, typiques de leur époque. De la science-fiction (Galaxina), des films d’horreur (Le Corbillard) ou de casse de bagnoles (Hell on Wheels). Sa société se distingue surtout, dans les années 70, en versant abondamment dans la comédie sexy pour adolescents, avec La prof joue et gagne (Coach, 1978) de Bud Townsend, Touche pas à mes tennis (Malibu Beach, 1978) de Robert J. Rosenthal, On en a rien à secouer (Van Nuys Blvd., 1979)… Ces films, produits au tournant des années 80 sont surtout le résultat d’un savoir-faire familial, puisque c’est Marilyn Jacobs Tenser, sa fille, qui est alors aux commandes des projets.

A la mort de son père, dans les années 80, cette dernière poursuit l’exploitation de films pour adolescents gentiment déshabillés, via leur société, Marimark Productions et leur société de distribution, Crown International Pictures. Parmi les plus célèbres, The Beach Girls de Bud Townsend (1982), Weekend Pass de Lawrence Bassoff (1982), Tomboy d’Herb Freed,  (1985), My Chauffeur de David Beaird (1986), Un garçon d’enfer de Lawrence Bassoff (Hunk, 1987), Maman est un loup-garou (My Mom’s a Werewolf, 1989)… L’équivalent des productions fades dans lesquelles Netflix verse chaque semaine, avec davantage de politiquement incorrect. Il ne faut pas exagérer. On est dans les années 80.

Affiche de Leçons très particulières, avec Sylvia Kristel

Affiche de Leçons très particulières, avec Sylvia Kristel – Copyright 1981 Ciné Paris Distribution. Tous droits réservés.

Parmi les projets les plus connus de la société de production Marimark, la comédie estudiantine L’été du Bac est l’un de ses plus gros hits au box-office américain. Elle est réalisée par le monteur George Bowers qui travaille régulièrement pour Marimark. Il est déjà passé par la réalisation en 1980 pour un thriller horrifique peu convaincant (Le Corbillard / The Hearse) et n’a aucun mal à s’atteler à la teen-comedy qu’il monte régulièrement pour le compte de la boîte. Tous les films maison se ressemblent et ce n’est pas My Tutor (donc, L’été du bac en français), qui va se soustraire des contraintes de petit budget et de décor zéro (la villa avec piscine d’une famille bourgeoise, des bavardages au restaurant, quelques scènes dans le campus local).

Le script est anémique et joue sur l’éducation sexuelle d’un BG recalé au bac de français, par sa prof sexy. Celle-ci, engagée par son père, est un bon remontant quand on lui supprime les vacances et saura rappeler les fantasmes de l’époque sur les relations verticales entre prof et élève qui basculent à  l’horizontalité. L’histoire mélange les classiques du genre, comme le récent Leçons très particulières (l’un des plus gros succès de Sylvia Kristel aux USA, à peine sorti en 1981) ou peut aussi raviver le souvenir des comédies sexy autour d’adolescents s’éprenant de leur belle maman ou de la mère de leur meilleur pote dans des films comme Péché Véniel de Samperi (1974) ou Class avec Rob Lowe et Jacqueline Bisset en 1983.

Affiche française de Class avec Rob Lowe

Copyrights Orion Pictures. All Rights Reserved.

Revoir L’été du bac, des décennies après sa sortie, ne peut s’opérer que si l’on recherche la douce ambiance des années 80, car artistiquement la production est anodine et s’accroche à tout ce qui peut rendre ces produits d’époque médiocres, à savoir une réalisation télévisuelle sans aucune idée ; une tonalité qui flirte avec la sitcom ; une interprétation de soap. Le film n’est pas bon et marque historiquement davantage pour la sociologie et ce qu’il a à révéler de son époque, jusque dans l’exploitation cinématographique des corps (les poitrines généreusement exhibées). Aussi, pour la jeunesse, il s’agira de profiter de la masculinité sexy de Matt Lattanzi, très mauvais acteur, mais physique d’athlète qui avait séduit Olivia Newton-John, avec laquelle il restera longtemps en couple, après le tournage de Xanadu. Evidemment, les adolescents pouvaient s’aventurer à rêvasser sur les formes de la comédienne Caren Kaye, actrice de série télévisée pas vraiment juste dans le ton, qui arrêtera très vite le cinéma quand, dans les années 90, la société lui objecta d’avoir dépassé la date de péremption et que ses rêves d’accomplir une vraie carrière furent définitivement anéantis par un système qui recyclait à l’infini, les scripts comme les actrices.

Au final, My Tutor, malgré son gros succès américain, n’offrira guère d’opportunités à tout son cast et imposera avant l’heure la nécessité d’une réforme du bac, tant il est aisé de recaler pareille production qui ne mérite même pas la case rattrapage. Le réalisateur George Bowers aura au moins l’occasion de lui survivre. Il gagnera l’opportunité de réaliser un ultime film et non des moindres, la teen comédie Coups de soleil (Private Resort), un Club Med movie qui certes fut un énorme échec, mais marquera le coup d’envoi de la carrière de Johnny Depp dans un premier rôle. Le jeune homme, à peine sorti de la puberté, s’adonne à toutes les puérilités attendues pour un jeune idiot de son temps, avant de ranger définitivement ces imbécilités pour devenir l’acteur le plus sensible de sa génération, dans des chefs d’œuvre comme Edward aux mains d’argent, Arizona Dream, et Gilbert Grape. Bowers s’établira surtout dans le montage, avec des films comme Les aventures de Buckaroo Banzai à travers la 8e dimension, Les nuits de Harlem, de et avec Eddie Murphy, Les nuits avec mon ennemi, avec Julia Roberts, Une équipe hors du commun, avec Madonna, et The Preacher’s Wife, avec Whitney Houston, From Hell avec Depp, et Tolérance Zéro avec The Rock. Une bonne manière d’achever une longue carrière, avant sa disparition en 2012.

L'été du bac, affiche belge de My Tutor (1984) - Copyrights : All Rights Reserved.

L’été du bac, affiche belge de Mon tuteur (1984) – Copyrights : Marimark Productions, Crown International Pictures. All Rights Reserved.

Box-office de L’été du bac

L’été du bac était un flop à Paris, avec juste 13 030 entrées dans 17 salles lors de sa première semaine (circuit Paramount). Il ne doublera même pas ses admissions avec 21 867 bacheliers à l’issue de sa scolarité difficile sur la capitale.

Il faut dire que la semaine du 13 juin, peu avant les examens, il était en compétition avec des films comme Break Street 84 (UGC), Le dernier Testament (CIC), Reckless de James Foley, avec Daryl Hannah (CIC), En plein cauchemar (CIC), Under Fire (UGC), autant de productions anglophones qui démontraient l’offensive du divertissement américain sur l’Hexagone. Néanmoins, avec 18 écrans le jour de sa sortie, L’été du bac s’octroie la 4e meilleure combinaison sur 8 sorties ce jour-là. En deuxième semaine, la comédie pour adolescents voit son circuit réduit à 10 salles, dont la moitié en intra-muros (6 501 entrées). Pour son ultime semaine parisienne, elle grappille 1 077 entrées au Paramount Montparnasse et 568 entrées dans deux cinémas de périphérie, pour un total de 21 176 spectateurs. L’été du bac est recalé, sans cession de rattrapage.

En province, My Tutor saura durer, notamment grâce à la tournée des plages. Les ados débarrassés de leurs parents allaient jouir de ce type de productions stéréotypées en toute liberté. Et la sortie nationale du 13 juin commence avec une diffusion à Nice dans deux salles, Grenoble, Lyon, Marseille, Nancy, Toulouse et Strasbourg. Il réalise 9 158 spectateurs sur ces villes de province. L’été du bac dépassera les 150 000 entrées France, grâce à une diffusion continue tout au long du mois de juillet et un rythme de 20 000 entrées France,
Le même été, à la fin du mois de juillet, Les Branchés du Bahut viendra prendre la relève.
Les Branchés du Bahut, affiche du film

© 1984 Orion Pictures Corporation. All Rights Proposed.

Avec 22M$ au box-office américain, le succès de My Tutor a été évident. La série B est sortie le 4 mars 1983 en 14e place d’un classement qu’elle ne quittera qu’à l’issue de sa 19e semaine. Elle restera pas moins de 16 semaines dans le top 15 fort d’une belle stabilité. Une telle carrière s’achèvera en 32e place annuelle, devant des classiques comme Cujo, Le guerrier de l’espace, Le sens de la vie, Dead Zone, Krull, L’Etoffe des héros, L’Emprise, Zelig, Christine, L’année de tous les dangers, Under Fire, Gorky Park, To Be or Not to Be, La forteresse noire, Videodrome
  • Premier jour Paris-Périphérie : 1 718 spectateurs (18 salles)
  • Première semaine Paris-Périphérie : 13 030 spectateurs
  • Total Paris-Périphérie : 21 176 entrées (3 semaines d’exploitation)
  • Chiffres France : Entre 150 000 et 200 000 entrées

Frédéric Mignard

Les sorties de la semaine du 13 juin 1984

L'été du bac, affiche française de My Tutor (1984)

L’été du bac, affiche française de My Tutor (1984) – Copyrights : Jouineau Bourduge. All Rights Reserved.

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