Jurassic World : la critique du film (2015)

Science-fiction, Aventure, Action, Film de monstre | 2h04min
Note de la rédaction :
7/10
7
Affiche définitive de Jurassic World

  • Réalisateur : Colin Trevorrow
  • Acteurs : Chris Pratt, Omar Sy, Jake Johnson, Bryce Dallas Howard, Brian Tee, Irrfan Khan, Vincent D’Onofrio
  • Date de sortie: 10 Juin 2015
  • Année de production : 2015
  • Nationalité : Américain
  • Titre original : Jurassic Park
  • Titres alternatifs :
  • Scénaristes : Rick Jaffa? Amanda Silver, Colin Trevorrow, Derek Connolly
  • D'après les personnages de : Michael Crichton
  • Directeur de la photographie : John Schwartzman
  • Monteur : Kevin Stitt
  • Compositeur : Michael Giacchino
  • Producteurs : Patrick Crowley, Frank Marshall
  • Sociétés de production : Universal Pictures, Amblin Entertainment, Legendary Entertainment, Dentsu, Fuji Television Network, The Kennedy/Marshall Company
  • Distributeur : Universal Pictures International France
  • Editeur vidéo : Universal Vidéo
  • Date de sortie vidéo : 20 octobre 2015 (DVD, Blu-ray+Digital Edition limitée), 23 mai 2018 (4K Ultra HD)
  • Box-office France / Paris-Périphérie : 5 204 879 entrées / 1 104 417 entrées
  • Box-office nord américain / monde : 653 406 625$ (709,564,064, inflation 2022) / 1 671 537 444$
  • Budget : 150 000 000$
  • Rentabilité :
  • Classification : Tous publics avec avertissement : "Certaines scènes violentes sont de nature à heurter un jeune public" / PG-13 (USA)
  • Formats : 2.00 : 1 / Couleur (35 mm, D-Cinema, 3-D version) / Dolby Digital, Dolby Surround 7.1, SDDS, Auro 11.1, DTS (DTS: X), IMAX 6-Track, 12-Track Digital Sound (IMAX version)...
  • Festivals et récompenses : 8 nominations aux Saturn Awards (2016), 2 nominations aux Kids' Choice Awards (2016), 1 nomination aux People's Choice Awards, 5 nominations aux Teen Choice Awards
  • Illustrateur / Création graphique : © Tous droits réservés / All rights reserved
  • Crédits : © Universal Studios. Tous droits réservés / All rights reserved
  • Franchise : Jurassic Park (4e segment), Jurassic World (1er segment)
Note des spectateurs :

Quatrième volet de la saga du jurassique née de l’imaginaire de Michael Crichton et initiée en salle par Steven Spielberg, Jurassic World poursuit la révolution numérique, avec des créatures d’un réalisme époustouflant ! Ni plus ni moins le meilleur opus de la saga depuis l’original, sorti en 1993.

Synopsis : L’Indominus Rex, un dinosaure génétiquement modifié, pure création de la scientifique Claire Dearing, sème la terreur dans le fameux parc d’attraction. Les espoirs de mettre fin à cette menace reptilienne se portent alors sur le dresseur de raptors Owen Grady et sa cool attitude.

1993. Les monstres attaquent

Critique : 1993. Spielberg, à qui l’on doit déjà les monuments E.T. et Les aventuriers de l’arche perdue, réinvente le film de monstre, 20 ans après les Dents de la mer, considéré à tort pendant longtemps comme le film de monstre ultime.

Jurassic Park, premier du nom, propage son attaque partout dans le monde avec des chiffres époustouflants : plus de 350M$ aux USA, en France, 6.5 millions d’entrées… Des résultats épatants pour un blockbuster contenant une certaine dose de violence assez inédite pour un spectacle dit « grand public ».

Affiche teaser de Jurassic World

2015 © Universal Studios

Les CGI et la vallée des dinosaures

La production du studio Universal, qui enrichissait son bestiaire horrifique de nouvelles créatures mythiques, confirme alors la révolution numérique entamée par James Cameron dans Terminator 2 : le jugement dernier, deux ans auparavant. L’avènement des images de synthèse est toutefois plus spectaculaire dans l’adaptation du best-seller de Michael Crichton, où l’incrustation de créatures informatiques dans un décor réaliste, forçait l’admiration. L’on assistait ainsi ni plus ni moins à la renaissance d’espèces disparues 65 millions d’années auparavant, ce qui déployait des possibilités exponentielles pour le cinéma des années 90, mettant à mal les bonnes vieilles règles de l’animatronics et de la stop-motion, celles utilisées dans le désolant Baby, le secret de la légende oubliée de Disney en 1984, dernier ersatz de la décennie avec des morceaux reptiliens à l’intérieur, mais aussi du culte Quand les Dinosaures dominaient le monde (1970), produit par la Hammer.

Jurassic World, paroxysme de la nostalgie pour les années 1990

Jurassic Park fut suivi par deux suites bâtardes : Le Monde perdue, réalisé par Spielberg lui-même (4.8M d’entrées France en 1997), proche d’un remake de King-Kong, puis l’insulaire Jurassic Park 3 de Joe Johnston, parsemé d’invraisemblances. Le studio referme le chaînon manquant pendant plus de 14 ans, avant de faire renaître Jurassic Park en 3D en 2013.

Deux ans plus tard, Jurassic World profite d’un vent de nostalgie pour les années 90 et plus particulièrement pour ces créatures d’un autre âge qui ont animé l’enfance de toute une génération de spectateurs. Le résultat s’affirme comme une suite fidèle aux événements passés, rendant un hommage sincère au travail de précurseur ou d’explorateur dans le jurassique numérique de Spielberg, puisque la banalisation des manipulations génétiques a permis au parc à thème de prospérer, malgré la fermeture du noyau originel, à la suite du massacre orchestré dans le premier volet.

L’Indominus Rex, un hybride au bestiaire des grands monstres du cinéma

Désormais, l’heure est à une version XXL du parc, plus cossue, high tech, obsédée par la sécurité, mais aussi par la rentabilité sur du long terme. Dans le parc d’attraction totalement délirant où l’on se promène au milieu de créatures démesurées fascinantes, l’appât du gain a également conduit, en toute confidentialité, à la création d’une créature hybride insolite, un monstre de la nature génétiquement modifié, mélange de cellules entre anciens dinosaures et organismes contemporains. Ce mutant des temps modernes n’a rien d’un reptilien connu et va se découvrir une force et une intelligence hors du commun, et donc sortir aisément du périmètre de sécurité où il a grandi pour devenir le grand méchant de ce quatrième épisode de la franchise Jurassic Park.

A l’instar de la créature de Frankenstein de Mary Shelley, l’animal est le fruit de la curiosité humaine, de sa volonté de pousser le progrès scientifique au-delà de l’éthique. Le monstre reflète aussi la cupidité de l’homme, illustrant l’adage « plus c’est gros, mieux c’est ». Cette matière vivante devient l’attraction de l’année pour relancer l’intérêt autour d’une industrie du divertissement qui doit toujours renouveler ses vedettes pour pouvoir être pérenne. Une métaphore métacinématographique qui évoque les suites hollywoodiennes qui doivent toujours en montrer plus pour captiver leur audience.

Chris Pratt dans Jurassic World

2015 © Universal Studios

Le monstre en question est terrifiant. L’Indominus Rex, méga T-Rex métissé de toutes parts, est un féroce prédateur, hors de toute proportion concevable pour l’esprit humain. Libéré de ses jougs dans un garde-manger intarissable, il se livre au carnage et décime toutes vies animales et humaines sur son passage. Il est la version 2015 des Dents de la Mer 3, nanar de Joe Alves, qui, déjà en 3D en 1983, emprisonnait des touristes dans un parc à thème aquatique, avec un monstre carnassier doué d’intelligence et doté d’une taille insolite. Le résultat à l’arrivée n’était pas le même, y compris au box-office.

Loin d’exploiter platement son idée-concept, Jurassic World joue avec un cynisme réjouissant la carte du pastiche, celui de Disney World. La référence au parc concurrent d’Universal est constante, sauf qu’ici, les bambins risquent d’avoir une sacrée frousse : l’Indominus Rex ne se contente pas de traquer sa proie pour la dévorer goulûment. Il la tue froidement, par jeu cruel. La nature est sauvage, surtout quand elle n’a rien de naturel.

Des défauts manifestes à trouver dans les stéréotypes humains

On ne vous mentira pas en évoquant l’insertion malheureuse de quelques personnages stéréotypés, notamment chez les vilains scientifiques ou militaires (la partie militariste est la moins réussie). Du côté des personnages centraux,  Chris Pratt des Gardiens de la Galaxie, a tout d’une doublure XL d’Indiana Jones (on reste donc dans l’univers de Spielberg).  Bryce Dallas Howard est une énième working-girl qui a oublié le sens du mot famille ; dans ses péripéties à talon, au cœur de la cambrousse, elle rappelle un peu Kathleen Turner dans A la poursuite du diamant vert. Le casting principal est relativement charismatique, jusque dans le choix des deux adolescents qui les accompagnent, réminiscences de la grande époque du studio Amblin Entertainment qui coproduit. Les deux jeunes sont à l’image de Jurassic World ouvertement « old school » , le film assumant fièrement sa qualité d’hommage aux blockbusters des années 70-90, puisqu’il se présente comme un cocktail chargé entre Jaws et Jurassic Park. Le résultat est forcément atypique dans le paysage de la superproduction hollywoodienne, qui commet à la chaîne des productions de super-héros à la psychologie photocopiée.

Affiche définitive de Jurassic World

2015 © Universal Studios

Avec un sens mordant du suspense (oui, on frémit à plus d’une reprise !), une petite dose de violence bien sentie (des jets de sang ponctuels qui ont valu un avertissement au film, lors de sa sortie en salle) et une tendance au sadisme vorace (la mort de la nounou dont le corps est projeté « de Charybde en Scylla »), la résurrection de Jurassic Park est un spectacle total.

Jurassic World écrase Godzilla 2014 et se positionne en alternative à Marvel

Le scénario est certes imparfait, mais se présente comme jubilatoire dans certains de ses audacieux excès. On appréciera notamment la séquence finale qui enterre une bonne fois pour toute le revival du film de monstre que Godzilla de Gareth Edwards souhaitait être en 2014. Le film du quadragénaire Colin Trevorrow réussit à intégrer ses créatures, toujours plus expressives et surtout toujours plus étonnantes de présence, au milieu des acteurs, quand le monstre nippon repris par Hollywood ne parvenait jamais à créer une interaction avec l’homme.

Spectacle orgasmique, Jurassic World accouche d’un combat final proche de l’orgie de monstres parmi celles que l’on aurait aimé retrouver dans blockbuster raté de Gareth Edwards.

Triomphe unique avec plus d’un milliard et demi de recettes salles dans le monde en 2015, Jurassic World a rebattu les cartes chez les géants d’Hollywood, permettant à Universal de devenir le plus gros studio américain de la décennie 2010 derrière Disney. Loin d’être une espèce en voie d’extinction, les dinosaures allaient revenir à deux reprises dans les salles, en 2018 avec Fallen Kingdom de l’Espagnol Juan Antonio Bayona, puis en 2022, avec l’épisode final, Le monde d’après qui permit enfin au cinéaste Colin Trevorrow de revenir derrière la caméra pour un film d’envergure.

Frédéric Mignard

Sorties de la semaine du 10 juin 2015

Affiche alternative de Jurassci World

2015 © Universal Studios

Biographies +

Box-office

Jurassic World a mis fin à une période difficile pour le box-office mondial au premier semestre 2015. Le film a fait figure d’événement majeur qui a marqué l’histoire du cinéma. Voici une analyse complète de ses résultats.

2015 l’année triomphale d’Universal

Jurassic World a permis à Universal de connaître une année 2015 exceptionnelle, puisqu’au 31 décembre de cette année-là, la major américaine comptait encore sur une première place annuelle provisoire pour son blockbuster du jurassique avec 652 millions de dollars, contre 651 millions de dollars pour Le réveil de la force (Star Wars Episode VII), sorti le 18 décembre 2015, et qui allait réussir à dévorer 300 millions de dollars de plus, aux USA, en 2016.

La même année, Universal Pictures était l’heureux distributeur de Fast & Furious 7 (353M$), Les Minions (336M$), Pitch Perfect 2 (195M$), 50 nuances de Grey (166M$), Straight Outta Compton (161M$), Crazy Amy (110M$), le micro budget du found footage The Visit (65M$)…

Jurassic Park, teaser avec Bryce Dallas Howard

2015 © Universal Studios

Jurassic World, un phénomène au box-office mondial

Dès sa sortie étasunienne, Jurassic World se frottait à des records avec 82M$ pour son premier jour (3e meilleures recettes pour un vendredi), et 204M$ pour son premier week-end, se positionnant devant le recordmovie Avengers (207M$)…

Le second épisode, Fallen Kingdom, estimé plus sombre, sera moins chanceux avec 417M$ en fin de carrière et un total toutefois généreux de 1 310 000 000$ dans le monde contre 1 671 000 000 pour les premières aventures reptiliennes de Chris Pratt.

Les chiffres français de Jurassic World

En France, Jurassic World réalisera des scores élevés sans être dantesques :

  • 5 293 entrées à Paris 14h, le 10 juin, soit le 2e meilleure démarrage des 6 premiers mois de l’année 2015 derrière Avengers l’ère d’Ultron (6 586). Un score plus bas que Jurassic Park (9 096 entrées le 20 octobre 1993) et Le monde perdu (6 522 entrées le 22 octobre 2010).
  • 359 010 entrées sans avant-première sur la France, ce qui est plus élevé que le premier Jurassic Park (269 000), le troisième chapitre de la saga (277 991 entrées), mais moins fort que Le monde perdu (342 702).
  • 2 087 959 entrées (859 salles), à l’issue de sa première semaine, dans un top 10 où les films en 3D occupaient du terrain (outre Jurassic World, on évoquera les succès de San Andreas, Mad Max Fury Road, mais aussi l’échec disnéen d’A la poursuite de demain. C’est donc la 2e meilleure première semaine pour un film de la franchise qui ne pouvait compter sur la régularité des vacances comme le premier Jurassic Park, phénomène cinématographique avec 2 256 888 entrées qui était, lors de son apparition sur les écrans, la meilleure première semaine de l’histoire de l’exploitation française, battant les 2 075 238 entrées de Rambo 2. UIP était alors le distributeur monstre derrière cette sortie baraquée. En revanche les premiers chiffres hebdo de Jurassic World sont supérieurs que ceux du Monde perdu (1 992 899), et de Jurassic Park III (900 178).

La confirmation Chris Pratt dans des films ciblés

Jurassic World a aussi été la spectaculaire confirmation pour l’acteur Chris Pratt qui était la révélation de l’été 2014 avec le film cool Les Gardiens de la Galaxie (2 403 000). Incapable d’exister en dehors de la franchise Marvel et la franchise du Jurassique, l’acteur n’a sorti entre août 2014 et 2022 qu’un seul long métrage hors de ces séries bien identifiées, Passengers en 2016, aux côtés de la bankable Jennifer Lawrence (1 302 574).

Jurassic Park toujours plus fort que Jurassic World

Attention, qui, de Jurassic Park de Steven Spielberg et de Jurassic World de Colin Trevorrow a finalement eu le plus de succès ?

En France, l’avantage pour la révolution numérique de 1993 est évident. La première adaptation de Michael Crichton a écrit une page de l’histoire du cinéma, réalisant un marketing impeccable sur ses prouesses technologiques révolutionnaires. Mais aux USA, il faut regarder les recettes par le prisme de l’inflation. En 2022, Jurassic Park demeure l’un des plus gros succès du cinéma contemporain post 1977, avec 842M$, si l’on tient compte de l’évolution de la devise américaine, soit des recettes supérieures au Roi Lion, La menace fantôme, Spider-Man No Way Home, Les aventuriers de l’arche perdue

Jurassic World, de son côté, se situe désormais à 709M$, un score toujours formidable qui positionne le blockbuster Universal juste devant Black Panther, Avengers Infinity War, The Dark Knight, le premier Spider-Man en 2002, Independence Day, SOS Fantômes, Le flic de Beverly Hills, Maman j’ai raté l’avion, Batman, Le monde de Nemo.

Frédéric Mignard

Jurassic World, affiche ptérodactyle

© Universal Studios

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Affiche définitive de Jurassic World

Bande-annonce C de Jurassic World

Science-fiction, Aventure, Action, Film de monstre

Extrait de Jurassic World

Avant-première mondiale à Paris

Extrait 3 de Jurassic World

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