James Cameron

Réalisateur, Producteur, Scénariste,
Terminator 1 affiche cinéma française en 1985

Personal Info

  • Nationalité : Canadien
  • Date de naissance : 16 août 1954, à Kapuskasing, Ontario (Canada)

Biographie

Note des spectateurs :

James Cameron, génie ou imposteur ? On est en droit d’hésiter.

Réalisateur canadien, James Cameron commence par la petite porte, œuvrant notamment pour Roger Corman, via sa société de nanar New World Pictures. Dès 1981, il est réalisateur de seconde équipe sur La Galaxie de la terreur, et participe à différents rôles sur Les mercenaires de l’espace.

Des débuts dans le cinéma bis

Columbia lui propose de tourner Piranha 2, les tueurs volants en 1982. Le film coproduit par l’Italie vire au naufrage et Cameron quitte le projet en plein tournage. Bien lui en a pris, il travaille ainsi le script de son premier vrai long métrage personnel, Terminator, dont l’idée qu’il partageait avec Gale Anne Hurd lui trottait dans la tête depuis le tournage des Mercenaires de l’espace.

Affiche française de Piranha 2 les tueurs volants

© 1982 Columbia TriStar

Et James Cameron conçut le Terminator

Terminator, série B indépendante, va devenir l’un des plus gros succès de l’histoire. La production Hemdale/Pacific Western (la boîte de Gale Ann Hurd) engendrera pas moins de 5 suites/reboots/requel, dont, en 1991, Le jugement dernier, un blockbuster au plus gros budget de l’histoire du cinéma qui deviendra numéro 1 annuel sur la plupart des marchés mondiaux, dont les Etats-Unis. James Cameron en signait brillamment la réalisation, manipulant à la perfection la technologie du morphing et la numérisation des effets spéciaux.

Aliens : dans l’espace, on ne vous entend pas chômer

Entre ces deux segments de Terminator, Cameron n’a pas chômé. Outre le scénario de Rambo 2, Cameron s’empare du projet d’une suite d’Alien de Ridley Scott pour la Fox. Ce sequel sort en 1986 et s’avère différent du space opéra de terreur spatial originel, malgré la présence commune de Sigourney Weaver qui sert de pont entre les deux œuvres.

Désormais authentique film d’action, avec des entités extra-terrestres plurielles, la suite s’intitule logiquement Aliens. Elle multiplie les protagonistes humains, renforce les effets spéciaux, propose une reine des aliens mémorable, conçue par Stan Winston et James Cameron, puisque ce dernier, qui a des idées visuelles très précises de ce qu’il veut, avait déjà travaillé sur les FX de New York 1997, de John Carpenter au début des années 80.

Le succès se confirme au box-office pour Cameron, avec une 7e place annuelle aux USA, et, en ajustant les chiffres à l’inflation, il parvient à réaliser les deuxièmes meilleures recettes pour un épisode d’une saga de 8 films, se classant respectueusement derrière le premier volet, qui demeure un véritable phénomène de société de par son offre nouvelle en 1979.

La franchise Terminator

Twentieth Century Fox Film Corporation – Skydance Productions and Paramount Pictures . All Rights Reserved

 

Abyss, la vision de James Cameron prend l’eau

Pour James Cameron, les affaires se compliquent avec le coûteux The Abyss, en 1989. Le film produit par la Fox est un effroyable échec pour le studio. En 1989, le long métrage cale en 24e place annuelle, avec 54M$. A peine de quoi rembourser les frais de production que la Fox et Cameron aiment situer entre 45 et 50M$, mais il aurait coûté visiblement plus cher, alimentant des rumeurs d’accident industriel, qu’une sortie en version director’s cut, avec la fameuse scène tant espérée du tsunami final, ne viendra pas forcément rehausser. Abyss, c’est le titre français, est de loin, le moins bon film de son auteur.

L’après Terminator 2 : naissance d’un dieu

Devenu Dieu tout-puissant grâce au triomphe épique de Terminator 2 en 1991, James Cameron s’amuse encore sur un divertissement, avec sa star préférée, Arnold Schwarezenegger. True Lies est un film d’action pétaradant, sur le mode de la comédie d’espionnage, qui s’inspire d’un spectacle français de Claude Zidi, La Totale, avec Miou Miou et Thierry Lhermitte. Production riche en effets spéciaux, True Lies arrive en 3e position annuelle aux USA, avec 146M$, mais très loin derrière les phénoménaux Roi Lion et Forrest Gump qui dépassent chacun les 300 millions de dollars. James Cameron semblerait avoir été froissé par cet écart.

abyss de James Cameron, affiche

© 1989 Twentieth Century Fox

Titanic : James Cameron entre dans la légende du 7e art

Désormais les ambitions pour James Cameron changent. Il ne réalisera plus que deux films entre 1995 et 2019, victime du syndrome des artistes visionnaires qui sont trop géniaux pour tourner. Sic. Il développe pendant 4 ans un projet pharaonique qui va relancer la mode du film catastrophe : Titanic. Redouté comme un bide potentiel, en raison de son jeune casting peu bankable (Leonardo DiCaprio sort à peine de Romeo + Juliette, Kate Winslet est une actrice de films d’auteur grassouillette qui ne correspond pas aux canons cons de l’époque), de son genre vieillot et d’un budget de 200M$ de ceux qui prennent l’eau.

Affiche française de Titanic 3D

© 1997 Twentieth Century Fox

par tous les interstices du rafiot, Titanic est accueilli dans la circonspection en fin d’année 1997, pour pouvoir concourir aux Oscars, en 1998. Après un démarrage timide (28M$), le film renforce dès le week-end suivant ses recettes et gagne en stabilité légendaire. Il restera dans le top 5 jusqu’en mai, indétrônable de la première place pendant 17 semaines. Le monument remporte à l’époque 659 millions de dollars, mais pour réellement comprendre l’étendu du phénomène, il faut tenir compte des chiffres de l’inflation. En 2019, son score original rapporte en fait plus d’un milliard, deux-cent-vingt millions de dollars, ce qui fait de lui, encore en 2019, le 5e plus gros succès de l’histoire américaine, derrière Autant en emporte le vent, La guerre des étoiles, La mélodie du bonheur et E.T., et donc très loin devant Avatar (son film suivant) ou les productions Marvel comme Endgame et Black Panther. Evidemment, Titanic, chef d’œuvre artistique total, rafle tout ou presque aux Oscars, c’est-à-dire dix statuettes, dont celles de Meilleur Film et Meilleur Réalisateur. DiCaprio ne sera pas nommé.

 

La révolution technologique de la 3D Relief

Absent pendant une décennie, Cameron, devenu technicien visionnaire, davantage que réalisateur, produit ici et là des documentaires sur les fonds marins, pour démontrer sa fidélité à l’océan qui lui a inspiré Abyss et Titanic, et ne signera son film suivant qu’en 2009, Avatar. Cette épopée de science-fiction est le 15e plus gros succès de l’histoire, et peut s’enorgueillir de plus de 850M$ de recettes aux USA. La superproduction bio profite allègrement de l’ouverture dans les marchés émergeant, ce que ne put faire Titanic en son temps, pour atteindre des recettes monstres.

Toutefois la fable écologique n’a pas vraiment de scénario consistant à offrir à son public, mais peu importe l’histoire quand on a les moyens technologiques de révolutionner le 7e art. Cameron se fait, sur ce film, le chantre de la 3D relief et impose aux cinémas du monde entier l’achat coûteux d’un équipement ad hoc pour pouvoir projeter son blockbuster que les spectateurs veulent voir avec des lunettes sur le nez.

La révolution James Cameron a encore frappé

Même si la 3D a fait son retour dans la série B (hors documentaire pour écrans spéciaux), notamment horrifique, bien avant Avatar, c’est bien James Cameron qui impose cette technologie dont les salles, d’abord réticentes, vont être friandes pendant quelques années, permettant même à Disney de faire du médiocre Alice au pays des merveilles de Tim Burton un triomphe absolu, et le véritable point de départ de ses reboot live de ses films d’animation… Avatar, sous ses airs naïfs, a tout simplement relancé l’activité salle qui était frappée par le téléchargement illégal depuis quelques années et plus rien ne sera comme avant, après sa sortie.

Le syndrome des artistes visionnaires trop géniaux pour tourner

Affiche française de Sanctum, produit par James Cameron

© 2011 Universal Pictures, Relativity Media, Wayfare Entertainment, Metropolitan FilmExport

Après Avatar, Cameron disparaît et va se cloître dans son monde d’effets spéciaux et ses univers sous-marins, englouti par ses projets de sequels d’Avatar, qui naîtront à la chaîne dans les années 2020, après des retards technologiques, et le rachat de la Twentieth Century Fox par Disney, qui semble avoir figé les choses.

Le réalisateur du jadis si original Terminator semble désormais avoir oublié l’idée d’originalité. A l’exception d’Abyss et à un moindre niveau d’Avatar, dont la mythologie est tout de même bien connue et basique, son œuvre ne devient plus que suites, remakes… et manque cruellement d’écriture. Le technicien qui a révolutionné le 7e art à plusieurs reprises, en s’absentant pendant une décennie, sauf pour retoucher son œuvre, adaptant notamment Terminator et Titanic au format 3D relief, ne semble plus descendre de son piédestal,  pour redevenir le réalisateur gourmand de ses débuts qui, pour manifester talent et efficacité, n’avait pas à attendre cinq ans entre chaque film. A force de vouloir attendre que les technologies soient à la hauteur de ses visions de cinéma, James Cameron est devenu une arlésienne dont on ne sait plus trop quoi penser (quid de ses louanges de Terminator Genisys, hein?!!!)

Heureux réalisateur millionnaire, il semble très loin des Spielberg ou Scorsese qui ont pour eux quelque chose d’essentiel : une carrière qui se base sur du concret et une cinéphilie palpable quand Cameron, comme George Lucas en son temps, semble avoir démissionné de son poste de réalisateur pour celui de producteur et de technicien épatant.

Alors, James Cameron, génie visionnaire ou imposteur ? On a tous notre réponse. Difficile toutefois d’être catégorique dans les deux cas.

Frédéric Mignard

Les fantômes du Titanic 3D, affiche française du film de James Cameron

© 2003 Walt Disney Pictures, Walden Media, Earthship Productions

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