Tourné en 2020 à l’aide d’un simple IPhone, June & John est une production modeste qui ne dépareille pas dans l’œuvre cohérente de Luc Besson. On y retrouve son univers, ses qualités de réalisation et ses défauts d’écriture habituels.
Synopsis : John est un comptable empêtré dans une vie de célibataire sans saveur. Un jour, il croise le chemin de June, lumineuse et haute en couleurs. Elle l’embarque alors dans une folle aventure…
Un film tourné avec un simple IPhone en 2020
Critique : En 2020, alors qu’il est au creux de la vague après les échecs successifs de Valérian et la cité des mille planètes (2017) et d’Anna (2019), le cinéaste Luc Besson n’entend pas rester inactif durant la pandémie de Covid-19 qui ravage le monde entier. Dans le plus grand secret, il réunit un budget minimal et une petite équipe pour tourner un film en toute liberté en Californie. Afin de faciliter les prises de vues, Besson utilise un simple IPhone et réunit un casting de jeunes inconnus qui sont prêts à le suivre dans ses délires.

© 2025 Double Entente Films, EuropaCorp, Kinology. Tous droits réservés.
Ce qui va devenir June & John (2025) est donc tourné à l’arrache à partir d’un script minimal rédigé par Besson lui-même. Même si le projet est assurément modeste, on retrouve dans ce film toutes les obsessions habituelles d’un véritable auteur, jusque dans ses limites en matière de caractérisation des personnages. Ainsi, le cinéaste se paye à nouveau la tête de la société contemporaine, entièrement fondée sur le profit, une organisation du travail stricte et des horaires et des lois à respecter. Les vingt premières minutes nous invitent à suivre le quotidien d’un petit comptable sans grande envergure dont le destin va entièrement basculer lorsqu’un grain de sable vient troubler ses habitudes.
June & John, une œuvre sous influences
Contraint de prendre le métro pour se rendre à son travail, John fait la rencontre fortuite de June (très fraîche Matilda Price), une véritable tornade qui va mettre sens dessus dessous la vie du gratte-papier. On retrouve ici des thématiques chères à l’auteur avec une sorte de femme-enfant qui prend toutes les initiatives et se révèle donc un personnage fort (on se souvient d’Isabelle Adjani dans Subway, d’Anne Parillaud dans Nikita ou encore de Milla Jovovich dans Le cinquième élément et Jeanne d’Arc). Face à cette féminité exacerbée, le jeune homme réservé tombe follement amoureux au point de tout laisser tomber pour vivre pleinement un amour que l’on imagine rapidement sans lendemain.

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Dès le moment où les deux amants deviennent des fugitifs, Luc Besson semble chausser les pas de films célèbres et iconiques comme Bonnie et Clyde (Arthur Penn, 1967), Sailor et Lula (David Lynch, 1990) et Thelma et Louise (Ridley Scott, 1991). On notera d’ailleurs la proximité évidente du titre choisi par Besson pour son propre road-movie. Bien entendu, vu l’étroitesse des moyens engagés, June & John n’arrive jamais à la cheville de ses prestigieux modèles.
La patte Besson est reconnaissable à chaque plan
Pourtant, le long métrage demeure sympathique à suivre grâce à une impressionnante maîtrise technique. Le choix des cadrages et la qualité de la photographie étonnent par rapport à l’emploi d’un simple IPhone. Toutefois, le cinéaste peine toujours à approfondir la psychologie des protagonistes qui apparaissent comme des blocs. La jeune femme est une véritable boule d’énergie vitale qui se consume à toute vitesse, tandis que son amant demeure largement en retrait. Pourtant, leur couple fonctionne plutôt bien à l’écran.
Comme toujours chez Besson, les forces de l’ordre sont caricaturées à l’extrême, tandis que le réalisateur continue à mettre en scène de manière efficace les intrusions des policiers dans des motels et autres appartements.
Après être resté longtemps dans un placard, cette petite production qui se veut modeste a finalement été proposée sur internet au mois d’avril 2025, après une unique présentation en avant-première au Grand Rex (et peu de temps avant en Allemagne). June & John n’avait effectivement pas franchement sa place sur grand écran, mais demeure une récréation plutôt agréable à suivre pour peu que l’on apprécie l’univers un brin naïf de son auteur.
Critique de Virgile Dumez
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Luc Besson, Matilda Price, Luke Stanton Eddy
Mots clés
Cinéma français, EuropaCorp, Comédie romantique, Thrillers français, Les histoires d’amour malheureuses au cinéma, Les cavales au cinéma