Harry Potter et le Prince de sang-mêlé : la critique du film (2009)

Fantastique | 2h32
Note de la rédaction :
7,5/10
7,5
Harry Potter et le prince de sang-mêlé affiche originale

  • Réalisateur : David Yates
  • Acteurs : Daniel Radcliffe, Rupert Grint, Emma Watson, Helena Bonham Carter, Alan Rickman, Maggie Smith, Ralph Fiennes, Michael Gambon, Jim Broadbent
  • Date de sortie: 15 Juil 2009
  • Nationalité : Américain, Britannique
  • Titre original : Harry Potter and the Half-Blood prince
  • Scénariste : Steve Kloves, d'après le romain de J.K. Rowling
  • Compositeur : Nicholas Hooper
  • Sociétés de production : Warner Bros., Heyday Films
  • Distributeur Warner Bros.
  • Editeur vidéo : Warner Bros Entertainment France
  • Date de sortie vidéo : 18 novembre 2009 (DVD, blu-ray), 1er septembre 2016 (DVD, blu-ray, réédition), 12 avril 2017 (Ultra HD 4K)
  • Box-office France / Paris-Périphérie : 6 052 274 entrées / 1 102 410 entrées
  • Box-office USA / hors-monde : 301 956 980 $ / 632 000 000 $
  • Budget : 250 000 000$
  • Format : 2.39 : 1 / DTS / Dolby Digital / SDDS / DTS: X
  • Franchise : Sixième épisode de la saga Harry Potter
  • Illustration : © Warner Bros Ent, Tous droits réservés.
Note des spectateurs :
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Harry Potter et le prince de sang-mêlé est une grande réussite qui s’installe avec Azkaban au firmament des meilleurs épisodes de la saga.

Synopsis : Alors qu’Harry Potter débute sa sixième année à l’école des sorciers, il découvre un mystérieux grimoire sur lequel est inscrit “ce livre appartient au prince de sang-mêlé”. C’est ainsi qu’Harry en apprend plus sur le sombre passé de Voldemort…

Critique : Episode de la saga qui ne parlera qu’à ceux qui ont suivi les précédents chapitres (au cinéma ou en librairie), Harry Potter et le prince de sang-mêlé n’est pas là pour bousculer les habitudes de chacun, préférant la confortable continuité, que d’aucuns qualifieraient de routine, vers plus de noirceur et d’épaisseur psychologique qui sied si bien au récit et aux personnages. Les adolescents, que l’on a vu grandir et se forger  un caractère dans la tourmente, ont la familiarité attendrissante, surtout que leur jeu dramatique s’est considérablement consolidé et que le trait d’écriture est suffisamment fin pour toujours réfuter les stéréotypes inhérents aux jeunes gens de leur âge.

Avec le temps, on a appris à aimer ces individualités, leurs conflits internes, y compris les plus anodins, ceux liés à l’amour. Une préoccupation universelle joliment traitée avec une dose équilibrée d’humour (la scène du philtre d’amour qui envoûte ce pauvre Ron), mais aussi avec émotion. La jalousie d’Hermione secrètement amoureuse de Ron ou la timidité d’Harry qui se découvre des sentiments forts pour la sœur de ce dernier, sont des digressions narratives intéressantes qui participent à ce gigantesque périple initiatique qu’est la saga Harry Potter, au-delà même du sempiternel conflit entre le bien et le mal qui achève cet épisode sur une mort emblématique.

Parallèlement, aux intrigues personnelles, la menace de Voldemort s’amplifie, même s’il faudra attendre le dernier volet, Harry Potter et les reliques de la mort (qui est divisé en deux films), pour que la guerre éclate vraiment. Ici point de scènes épiques réellement impressionnantes ; on peut évidemment recenser la destruction du Millenium Bridge à Londres, au tout début du métrage (scène non incluse dans le bouquin mais validée par J.K. Rowling), l’assaut de la maison des Weasley par les mangemorts ou encore une attaque de créatures sous-marines mi-golum mi-zombies, mais l’action n’est pas la préoccupation centrale de l’écrivaine et des scénaristes.

Du côté de l’armada du sorcier maléfique, on tâte le terrain, on essaie de s’immiscer dans l’école Poudlard grâce au personnage de Drago Malfoy qui gagne en intensité. En contrepartie de l’imparable avancée du malin, Dumbledore et son petit protégé préparent la lutte (ou du moins cherchent à l’éviter) en faisant revenir au collège un passé précieux, l’enseignant Horace Slughorn. Cette nouvelle tête est un dandy orgueilleux et vieillissant. Professeur de potions, il entretenait des rapports privilégiés avec Voldemort quand celui-ci était un jeune élève à Poudlard. Il devra partager un secret redoutable pour que le féroce sorcier puisse être annihilé.

Évidemment, présenté sous cet angle, Harry Potter et le prince de sang-mêlé n’apparaît pas a priori comme le plus passionnant des chapitres. Le suspense reste relativement ténu, y compris celui, très évasif, autour d’un autre ancien élève au nom cryptique – le prince de sang-mêlé – qui semble tant intéresser Harry Potter depuis la découverte de ses notes dans un vieux grimoire (le scénario pèche par son manque d’explicitation à son sujet). Pourtant, dans sa globalité, ce sixième métrage s’avère passionnant à suivre. D’une beauté esthétique fulgurante, Harry Potter et le prince de sang-mêlé nous invite dans un univers cohérent parfaitement magique, où tous les effets spéciaux sont intégrés sans la moindre anicroche. On s’y sent à l’aise, jamais agressé par la volonté ostentatoire et déplacée d’un réalisateur qui voudrait nous en mettre plein la vue. Dans cet Harry Potter tout est gracieux, rien n’est gratuit, et dans son genre, il s’agit d’une indéniable réussite.

La franchise Harry Potter

Frédéric Mignard 

Sorties de la semaine du 15 juillet 2009

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Harry Potter et le prince de sang-mêlé affiche originale

© Warner Bros Ent, Tous droits réservés.

Box-office :

Sixième épisode d’une saga… Harry Potter et le prince de sang-mêlé poussait le bouchon un peu loin, en étant le simple épisode d’une saga qui annonçait tout de même la fin.

Le film est évidemment un succès, avec 6 052 274 spectateurs, mais c’est le segment qui réalisera le moins d’entrées en France. Peu importe, il finit bravement en 3e position annuelle, derrière les 14 677 888 entrées d’Avatar et les 7 803 757 entrées de L’âge de glace 3.

Warner, pleinement satisfait des résultats de L’ordre du Phénix, avait misé sur une date de sortie identique. Le sorcier pouvait donc profiter des grandes vacances pour réaliser le meilleur démarrage annuel, y compris sur Paname où, pour son premier jour, il affichait un taux de remplissage magnifique (113 449 entrées sur 105 copies). La première semaine France, dans 949 salles, sera des plus mirobolantes avec 2 882 397 spectateurs. N’importe quel film cette année-là aurait rêvé de pareils suffrages en fin de carrière !

Il faut dire que c’était la seule nouveauté de poids, puisque cette semaine-là, on ne retiendra que des films au public limité, mais dont les auteurs seraient portés à la postérité : Nicolas Winding Refn révélait Tom Hardy dans Bronson (total de 96 000) et le débutant Xavier Dolan avançait ses pions avec J’ai tué ma mère (55 566).

Harry Potter et le prince de sang-mêlé ne restera que deux semaines au-dessus du million, avec 1 288 000 pour le 2e round. Il avait puisé dans l’essentiel de son réservoir de fans en première semaine.

Il chutera à 255 000 entrées en 5e semaine et finira l’été à 137 000 entrées, à la fin du mois d’août.

La rentrée scolaire lui sera fatale : perte d’écrans, hémorragies de spectateurs. Il dégringole dès la première semaine de septembre à 59 270 entrées. Harry Potter est donc essentiellement un produit de vacances pour un public adolescent.

Symboliquement, même si les entrées fondent aux USA, grâce à la hausse du cours du dollar et aux recettes en 3D (le film sorti peu après Avatar a converti quelques scènes à la technologie à la mode), Le prince de sang-mêlé affiche 302 000 000$ de recettes. Cela sera donc le second film de la franchise à y parvenir. Au total, seuls trois épisodes y parviendront. Les reliques de la mort partie 2 (381 millions) et L’école des sorciers (317 millions).

Le blu-ray :

Retour sur l’édition collector originale, datant de 2009. Le film a été depuis réédité en 2016, et dans différents coffrets d’intégrales. Il a également fait l’objet d’une édition ultra HD en 2017, et évidemment VOD.

Les compléments : 4/5

Le blu-ray d’Harry Potter et le Prince de Sang-mêlé fourmille de bonus répartis sur deux disques. La première galette permet le visionnage du film avec le mode, maintenant bien connu, Pictures in Pictures, c’est-à-dire des inserts de documents (making-of, analyse, galerie photos) lors des scènes clés du métrage. Pour en avoir vues quelques-unes parmi les 14 proposées, nous pouvons confirmer que c’est plutôt bien fichu et beaucoup plus charismatique pour les adultes que la plupart des suppléments dont est pourvu le 2e disque. A noter la présence d’un lien internet BD-Live qui permettra la découverte exclusive des premières images du nouveau chapitre d’Harry PotterLes reliques de la mort à partir du 5 décembre.
Le deuxième disque, entièrement consacré aux suppléments se divise en trois parties.

Tout d’abord, l’on trouve Les coulisses du film, quasiment entièrement consacrés aux Gros plans sur les acteurs. Les deux comédiens secondaires Matt Lewis et Alfie Enoch s’amusent à présenter les jeunes acteurs en train de passer en revue les différents angles de tournage d’un film et les métiers qui les accompagnent. Le caractère très ludique et pédagogique de l’exercice confine ce bonus aux jeunes fans de l’apprenti sorcier. Ces Gros plans se divisent en petits modules de 2-3 minutes chacun.

Montage avec Daniel Radcliffe. Le comédien qui incarne Potter rentre dans la salle de montage pour poser quelques questions au maître des lieux. Une petite introduction du boulot de monteur pour les ados qui découvriront ainsi les coulisses d’une fonction essentielle sur un film
Les effets spéciaux avec Matthew Lewis, Oliver Phelps et Tom Felton. Petite visite des comédiens dans le repaire des génies des effets spéciaux. Encore plus superficiel que le précédent module. Les comédiens rient de quelques gadgets et s’interrogent sur les FX d’une petite scène.

Le dressage des hiboux avec Jessie Cave. Tout est dans le titre.
Les cascades avec Rupert Grint. L’ado qui joue le personnage de Ron s’amuse à l’élastique pour sauter quelques mètres au-dessus du sol. Peut-on appeler cela des cascades ?
La création des costumes avec Evanna Lynch. La jolie « Luna » rencontre la responsable des costumes qui évoque son travail, habiller les vedettes du film, mais également tous les figurants.
La création des décors avec Bonnie Wright. La sœur de Ron Weasley s’est infiltrée dans l’antre des props, ou accessoires en français. Il n’en manque pas. Elle discute également avec le graphiste qui a conçu le design des objets, leurs typos.
Derrière la caméra avec James Phelps. L’un des frères Weasley est devenu assistant réalisateur sur le film et nous parle de son expérience.
Enfin, l’on finit sur Le maquillage avec Emma Watson. Mais où est le réalisateur dans tout cela ?
La partie Coulisses du film s’achève sur un module intitulé Entraînements d’une minute. Il s’agit d’un petit jeu sympa de 6.45mn, durant lequel on soumet les comédiens à un challenge, se souvenir de répliques des précédents volets. Ludique, encore une fois.

Harry Potter et le prince de sang-mêlé, affiche teaser, Daniel Radcliffe

© Warner Bros Ent, Tous droits réservés.

On passe ensuite à la deuxième partie des suppléments, sobrement baptisé Extras, qui se décline en 3 points.
Une année dans la vie de J.K. Rowling (49mn46) de James Runcie est un documentaire passionnant et sincère sur l’auteur de la saga (plus de 350M de livres vendues !). Il démarre en 2006 lorsque l’écrivaine travaille sur le dernier tome d’Harry Potter. On apprend qu’il lui a fallu 17 ans pour rédiger cette saga.
Découverte de son cottage, questionnaire de Proust, présentation de sa sœur (un verre de vin à la main, pas très politiquement correct, on apprécie), évocation de la mort prématurée de leur mère, ses relations difficiles avec le paternel, sa croyance en Dieu, son mariage catastrophique, la dépression nerveuse qui lui a inspiré les personnages des Détraqueurs, les années de galère financière… On apprécie la sincérité de l’approche, ainsi que la générosité et la simplicité de cette femme, parmi les plus riches désormais du Royaume Uni. Un document vraiment surprenant de par son ton adulte au milieu de bonus pour les plus jeunes, qui confirme le caractère métaphorique de la saga au regard de la biographie de la romancière.
Ce document formidable s’intéresse ensuite au dernier tome d’Harry Potter. Impressions de l’auteur, visite chez l’éditeur avant la mise en vente du best-seller et la sortie tonitruante de son dernier ouvrage… On voit J.K., verre de Champagne à la main, en train d’apposer son autographe sur plus de 1700 ouvrages. Elle analyse ensuite cette œuvre lors d’une scène riche en spoilers ; confirme l’homosexualité de Dumbledore et explique pourquoi elle n’a pas tué Harry Potter à la fin du dernier ouvrage. L’auteur du documentaire s’intéresse enfin à sa vie depuis le triomphe d’Harry Potter en librairie, sa fortune personnelle, ses combats caritatifs et comment pareil bouleversement a changé ses relations aux autres. Dernières scènes, très émouvantes, JK qui revient dans l’appartement où elle a fini le premier volet d’Harry Potter et finit par évoquer son nouveau projet.
On passe ensuite à un module plus ludique :A quoi pensez-vous ? (6’43mn) où Tom Felton, alias Malfoy, impose un petit test de vitesse à ses camarades. Les questions ne volent pas très haut, mais sont amusantes et les réponses spontanées.

Pour achever cette deuxième partie, on peut découvrir en avant-première Le monde ensorcelé d’Harry Potter – premier aperçu. D’une durée de 11.40mn, cette featurette nous présente le parc à thèmes qu’Universal inaugurera en 2010 à Orlando, en Floride. Un sérieux concurrent au parc d’attraction Disney. Conçu comme une extension de la saga, avec un grand souci d’authenticité (jusque dans les breuvages qui seront proposés aux visiteurs), le parc nous est dévoilé avec parcimonie (plans, maquettes et, malheureusement, beaucoup d’extraits des films de la saga).

Dernière partie de cette monstrueuse section bonus, les scènes supplémentaires. Au nombre de huit pour un total de 6.51mn, elles sont totalement vaines, à l’exception d’un moment assez poétique où les nuages s’accumulent pour assombrir le ciel de Poudlard.

Image : 5 / 5

Indéniablement un beau blu-ray, dans la lignée des réussites du moment, même si la précision reste parfois perfectible. Le film étant chargé de détails, ce master haute-définition permet une valorisation évidente du monde d’Harry Potter, à la fois luxuriant et sombre. A ce niveau, la palette de couleurs est d’une grande subtilité et les noirs ténébreux. On ne se plaindra donc pas trop de cette copie réjouissante.

Son : 4.5 / 5

Warner a valorisé la piste originale la gratifiant d’un 5.1 True HD qui rend parfaitement compte de l’ampleur sonore d’une telle production. La piste française, triste 5.1, est indigne d’un blu-ray. On se demande ce qu’elle vient faire sur pareil support.

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