Dalloway de Yann Gozlan : la critique du film (2025)

Thriller, Science-Fiction, Dystopie | 1h50min
Note de la rédaction :
6/10
6
Affiche de Dalloway

  • Réalisateur : Yann Gozlan
  • Acteurs : Cécile de France, Frédéric Pierrot, Anna Mouglalis, Freya Mavor, Mylène Farmer, Lars Mikkelsen
  • Date de sortie: 17 Sep 2025
  • Année de production : 2025
  • Nationalité : Français
  • Titre original : Dalloway
  • Titres alternatifs : The Residence
  • Casting : Cécile de France, Lars Mikkelsen, Anna Mouglalis, Frédéric Pierrot, Freya Mavor, Mylène Farmer, Douglas Grauwels, Marie Lecomte, Charles Denoulet, Octave Delaunoy, Pili Groyne, Majlinda Agaj, Merlin Delens, Serge Swysen, Adam El Manawy, Mark Irons, Madeleine Fletcher, Sofia Romano, Pedro Romero, Sébastien Waroquier, Juliette Goudot, Stéphanie Van Vyve, David Fouques, Naïma Ostrowski, Adrienne D'Anna, Sophie Maréchal, Elodie Barthels, Yva Lake, Vinh Long
  • Scénariste(s) : Nicolas Bouvet-Levrard, Tatiana De Rosnay, Yann Gozlan
  • D'après le roman de Tatiana de Rosnay, Les Fleurs de l'ombre (Robert Laffon)
  • Compositeur : Philippe Rombi
  • Directeur de la photographie : Manuel Dacosse
  • Monteur : Valentin Féron
  • Chef décorateur : Thierry Flamand
  • Chef maquilleur : Kaatje Van Damme
  • Chef costumier : Olivier Ligen
  • Ingénieur du son : Armance Durix, Guadalupe Cassius, Nicolas Bouvet-Levrard, Johann Nallet, Marc Doisne
  • Responsable des effets spéciaux : Ronald Grauer
  • Directeur de casting : Michaël Bier
  • Scripte : Aurélien Nolf
  • Assistante réalisateur : Natalie Engelstein
  • Directeurs de production : François Dubois, Pascal Roussel Casas
  • Producteurs : Eric Altmayer, Nicolas Altmayer
  • Coproducteurs : Sidonie Dumas, André Logie, Gaëtan David
  • Producteurs exécutifs :
  • Société de production : Mandarin & Compagnie, Gaumont, Panache Distribution, La Compagnie Cinématographique
  • Distributeur : Gaumont
  • Editeur vidéo :
  • Date de sortie vidéo :
  • Budget : 9 300 000 euros
  • Box-office France / Paris-Périphérie :
  • Box-office nord-américain / monde :
  • Classification : Tous publics
  • Formats : 2.39 : 1 / Couleur (2K)
  • Festivals : Sélection officielle Cannes 2025 - Hors Compétition / Séance de minuit
  • Nominations :
  • Récompenses :
  • Illustrateur/Création graphique : Affiche : Le Cercle Noir pour Silenzio. Photo : Nicolas Veltier
  • Crédits : © Mandarin & Compagnie, Gaumont, Panache Distribution, La Compagnie Cinématographique. Tous droits réservés / All rights reserved
  • Attachés de presse : Tony Arnoux, Pablo Garcia-Fons
Note des spectateurs :

Avec Dalloway, Yann Gozlan semble coincé entre thriller paranoïaque et réflexion sur les implications de l’IA, sans parvenir à choisir. Il traite les deux de manière assez efficace, mais superficielle.

Synopsis : Clarissa, romancière en mal d’inspiration, rejoint une résidence d’artistes prestigieuse à la pointe de la technologie. Elle trouve en Dalloway, son assistante virtuelle, un soutien et même une confidente qui l’aide à écrire. Mais peu à peu, Clarissa éprouve un malaise face au comportement de plus en plus intrusif de son IA, renforcé par les avertissements complotistes d’un autre résident. Se sentant alors surveillée, Clarissa se lance secrètement dans une enquête pour découvrir les réelles intentions de ses hôtes. Menace réelle ou délire paranoïaque ?

Yann Gozlan persévère dans le thriller parano

Critique : Sorti en 2020, le roman Les fleurs de l’ombre de Tatiana de Rosnay (auteure à succès d’Elle s’appelait Sarah) est immédiatement acheté par la société Mandarin & Compagnie dirigée par Eric et Nicolas Altmayer afin d’en tirer une version pour le grand écran. Le projet qui deviendra Dalloway (2025) atterrit sur le bureau du cinéaste Yann Gozlan, notamment après le succès critique et public rencontré par son thriller paranoïaque Boîte noire (2021) avec Pierre Niney.

Tout en travaillant d’arrache-pied sur l’adaptation du bouquin qui fait écho au sentiment d’enfermement vécu par le réalisateur au moment du confinement, Yann Gozlan a le temps de signer un autre thriller plus complexe sur le plan formel, le très étrange Visions (2023) qui a laissé plus d’un spectateur dubitatif par son script très alambiqué. Toutefois, Gozlan y faisait preuve une nouvelle fois d’une certaine maestria visuelle, compensant en partie certaines errances de script.

De la SF proche de notre quotidien

Avec Dalloway, Gozlan n’abandonne pas son ambition de réaliser des œuvres aux pitchs accrocheurs qui peuvent attirer un large public en salles. Ici, il profite des angoisses légitimes de la population mondiale face à l’expansion très rapide de la technologie liée à l’IA (pour Intelligence Artificielle). Il nous invite donc à voyager dans un futur indéterminé, mais que l’on imagine relativement proche où l’IA est responsable de toute la domotique des habitations et où les grandes entreprises mondialisées ont un quasi-monopole sur nos existences.

Dalloway, photo

© 2025 Mandarin & Compagnin, Gaumont, Panache Productions, La Compagnie Cinématographique. Tous droits réservés.

Nous suivons donc les pas de Clarissa (jouée avec intensité par Cécile de France, assurément l’un des points forts du film) qui intègre une résidence d’artistes afin d’écrire un nouveau livre, elle qui est en panne d’inspiration depuis le suicide de son fils adolescent. La particularité de la résidence est d’être intégralement gérée par une IA qui est censée assister les artistes dans leur création. Le tout est dirigé par une femme à poigne incarnée avec aplomb par Anna Mouglalis.

Un excès de complotisme qui nuit à la réflexion

Si le film débute de manière assez intimiste en développant notamment le trauma de la mère de famille obsédée par la mort de son fiston et rongée par la culpabilité de n’avoir rien fait, la suite prend l’allure plus classique d’une dystopie où la paranoïa sert de ressort narratif. Ainsi, le personnage interprété par Lars Mikkelsen, au jeu un peu faible, vient instiller le doute chez la romancière quant aux réels objectifs de la fondation qui finance leurs créations. Nous n’en dirons pas davantage pour éviter de spoiler l’intrigue, mais s’ouvre alors une seconde partie où Dalloway se conforme à un moule déjà bien connu des amateurs de cinéma parano.

Entre complotisme lié à l’expansion d’un mystérieux virus, mais aussi visées commerciales à court terme sans prendre en compte les conséquences potentiellement désastreuses d’une nouvelle technologie aussi puissante que l’IA, le cinéaste déroule un programme assez bien fichu, mais qui peut sembler un brin conventionnel.

Dalloway ne délivre aucune scène mémorable

Cette fois-ci, Yann Gozlan peine à s’échapper des appartements où sont enfermés les personnages et sa réalisation ne parvient pas à s’émanciper d’un style un peu trop illustratif. Contrairement à son précédent long qui privilégiait la forme au fond, Dalloway tente de réfléchir aux nombreuses implications d’une société entièrement dominée par la technologie, mais oublie trop souvent de livrer des scènes vraiment marquantes.

Certes, les interactions entre l’écrivaine et son IA (qui possède la voix douce et rassurante de Mylène Farmer) sont plutôt intrigantes et permettent de développer la psychologie de la protagoniste principale, mais c’est au détriment des autres personnages, généralement demeurés au stade d’archétypes de film de genre. Plutôt convaincant dans sa description du deuil impossible d’une mère sombrant dans la paranoïa, Dalloway l’est nettement moins dès qu’il aborde sa partie thriller, nettement plus pauvre, malgré un budget conséquent de près de 10 millions d’euros.

Manquant sans doute de rebondissements vraiment marquants, le thriller se regarde sans déplaisir grâce à l’implication de son actrice principale, mais il ne devrait aucunement rester dans les mémoires tant il semble enfoncer des portes ouvertes dans sa description d’une dystopie qui ressemble déjà terriblement à notre quotidien.

Critique de Virgile Dumez

Notes cannoises

Après le somptueux échec de Visions (2003), luxueux thriller, chic, léché, mais un peu vain, à l’échec retentissant, Yann Gozlan revient au cinéma et trouve pour l’occasion sa place au Festival de Cannes. Une première pour le cinéaste qui n’a jamais dévié de sa trajectoire, depuis ses débuts dans la série B horrifique avec Captifs (2010).

Cécile de France dans Dalloway de Yann Gozlan

Copyrights photo : Zhou Yuchao. All Rights Reserved.

Mylène Farmer de retour (vocalement) au cinéma

Yann Gozlan qui a participé à l’ascension de Pierre Niney (Un homme idéal) et François Civil (Burn Out), donne ici une fois de plus le premier rôle à une comédienne. Après Zoé Félix dans Captifs et Diane Kruger dans Visions, c’est désormais au tour de Cécile de France d’être livrée à la paranoïa insistante du cinéaste dans une œuvre que d’aucuns qualifieront de clinquante dans une thématique à la mode, l’intelligence artificielle qui adopte ici la voix de Mylène Farmer.

La chanteuse, qui a participé à la cérémonie d’ouverture du festival de Cannes où elle a interprété le morceau inédit Confessions, en hommage à son ami David Lynch, célèbre ainsi un retour inespéré sur le grand écran, 8 ans après le film d’épouvante Ghostland de Pascal Laugier. Sa présence exclusivement vocale n’est pas sans rappeler son exercice de doublage d’un personnage animé pour Arthur et les Minimoys de Luc Besson.

Dalloway, thriller immersif dans un futur proche anxiogène

Le thriller immersif, à la musique angoissante de Philippe Rombi, évoque des thématiques classiques d’intelligence artificielle forcément en mal de domination, dans un environnement d’hyperconnection et d’érosion du bien-être humain, celui d’un Paris percuté par le réchauffement climatique et la prolifération d’un virus. L’héroïne, Cécile de France, reprend un rôle d’écrivain qui tient à cœur à l’auteur, puisque Pierre Niney était censé en incarner un dans sa fiction en forme de spirale dangereuse, Un homme idéal, en 2015.

Mandarin et Compagnie (Chien & Chat, Mon Crime, Quand vient l’automne) a coproduit le film avec Gaumont. La major française, requinquée par les bons scores d’Un ours dans le jura (1 473 000 entrées) et Ma mère, Dieu, et Sylvie Vartan (1 474 000), espère avoir tiré le gros lot.

En attendant, Gozlan a entamé la post-production de son 7e long métrage, Gourou, dans lequel il dirige son acteur fétiche pour la troisième fois. StudioCanal le proposera sur nos écrans en janvier 2028.

Notes cannoises de Frédéric Mignard

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Affiche de Dalloway

Affiche : Le Cercle Noir pour Silenzio. Photo : Nicolas Veltier. © 2025 Mandarin & Compagnin, Gaumont, Panache Productions, La Compagnie Cinématographique. Tous droits réservés.

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Yann Gozlan, Cécile de France, Frédéric Pierrot, Anna Mouglalis, Freya Mavor, Mylène Farmer

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Bande-annonce de Dalloway

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