Coupez ! (Ouverture Cannes 2022) : la critique du film (2022)

Comédie | 1h51min
Note de la rédaction :
6/10
6
Coupez ! (Z comme Z), affiche du film de Michel Hazanavicius

  • Réalisateur : Michel Hazanavicius
  • Acteurs : Romain Duris, Bérénice Bejo, Luàna Bajrami, Florence Janas, Alex Lutz, Grégory Gadebois, Jean-Pascal Zadi, Lyes Salem, Sébastien Chassagne, Yumi Narita, Finnegan Oldfield, Raphaël Quenard, Agnès Hurstel
  • Date de sortie: 17 Mai 2022
  • Année de production : 2022
  • Nationalité : Français, Américain, Britannique, Japonais
  • Titre original : Z (Comme Z)
  • Titre alternatif : Coupez ! (Titre sortie cinéma), Final Cut (International)
  • Scénariste : Michel Hazanavicius, d'après une histoire de Shin'ichirô Ueda et Ryoichi Wada
  • Directeur de la photographie : Jonathan Ricquebourg
  • Compositeur : Alexandre Desplat
  • Monteur : Mickael Dumontier
  • Producteurs : Brahim Chioua, Alain de la Mata, Noémie Devide, Michel Hazanavicius, Vincent Maraval, John Penotti
  • Sociétés de production La Classe Américaine, Getaway Films, SK Global Entertainment, Gaga Corporation, en coproduction avec France 2 Cinéma
  • Distributeur : Pan Distribution
  • Date de sortie vidéo :
  • Editeur vidéo :
  • Format : 2.35 : 1 / Couleur / 5.1
  • Budget : 4 820 000 euros
  • Box-office France / Paris-Périphérie : 22 719 entrées (premier jour France)
  • Box-office nord américain / monde :
  • Classification : Tous publics
  • Cannes 2022 : Sélection Officielle Hors Compétition Film d'ouverture
  • Autres festivals et récompenses :
  • Illustrateur/Création graphique : © Les Nouveaux Editeurs - Photos Lisa Ritaine. Tous droits réservés / All rights reserved
  • Crédits : ©2021 La Classe Américaine, Getaway Films, SK Global Entertainment, France 2 Cinéma, Gaga Corporation. Tous droits réservés / All rights reserved
Note des spectateurs :

Avec Coupez !, remake d’un film japonais, Michel Hazanavicius entend rendre hommage aux petits artisans du cinéma bis avec humour. L’ensemble est sympathique, mais quelque peu inégal et variablement drôle.

Synopsis : Un tournage de film de zombies dans un bâtiment désaffecté. Entre techniciens blasés et acteurs pas vraiment concernés, seul le réalisateur semble investi de l’énergie nécessaire pour donner vie à un énième film d’horreur à petit budget. L’irruption d’authentiques morts-vivants va perturber le tournage…

Le remake d’un film japonais

Critique : En 2017, le film japonais Ne coupez pas ! (de Shin’ichirô Ueda) a rencontré un véritable succès dans les festivals du monde entier, avant de faire l’objet d’une sortie tardive en salles en France la semaine du 24 avril 2019. Par la suite, le métrage a été fréquemment diffusé sur les plateformes, engendrant une forme de culte autour de son concept de film dans le film. Le producteur Vincent Maraval a l’idée d’en tourner un remake pour la France et il propose au réalisateur Michel Hazanavicius de s’y atteler. C’est l’occasion pour le réalisateur de se replonger dans un type de cinéma parodique et bon enfant qu’il pratiquait à ses débuts, loin des grosses machines catastrophiques comme Le prince oublié, nanar stratosphérique avec Omar Sy, au budget de 25 millions d’euros.

Avec Coupez !, Michel Hazanavicius se lance donc dans la confection d’un remake qui s’avère d’une fidélité absolue au long-métrage d’origine. Parfois, certains plans sont repris tels quels, ce qui d’ailleurs en limite la portée puisque l’on se demande quelle est vraiment la plus-value de cette version française par rapport à son modèle japonais. Par contre, le cinéaste prend un certain risque en reprenant tel quel le concept de base. Ainsi, la première demi-heure du film est constituée d’un unique plan séquence totalement foireux que le spectateur non affranchi risque bien de prendre pour le produit fini pour lequel il a payé sa place.

Romain Duris dans Coupez !

© Les Nouveaux Editeurs – Photos Lisa Ritaine. ©2021 La Classe Américaine, Getaway Films, SK Global Entertainment, France 2 Cinéma, Gaga Corporation. Tous droits réservés / All rights reserved

Une première demi-heure volontairement déplorable

Totalement déplorable, et même pas drôle, cette première demi-heure pathétique est d’autant plus frustrante qu’elle a dû nécessiter une lourde préparation afin que tout soit bien raté (sic). Il était quelque peu suicidaire de débuter un long-métrage de cette manière, d’autant que, même en le sachant, on a tendance à décrocher devant tant de vacuité et de loupés. Lorsque cette séquence se termine sur un générique de fin, le spectateur comprend que le véritable film va enfin commencer. Comme un making of de luxe, Coupez ! va donc s’évertuer à expliquer comment des artistes peuvent arriver à un tel naufrage.

Mais là encore la comédie prend son temps avant d’être efficace. Ainsi, la mise en place du projet, les relations entre le réalisateur (excellent Romain Duris) et son producteur peu scrupuleux (Lyes Salem, parfaitement nonchalant) et les premiers contacts avec les acteurs sont intéressants, mais ne donnent pas lieu à de francs moments de drôlerie. Michel Hazanavicius s’amuse à décrire les comportements et manies de chaque intervenant, montrant ainsi la position délicate du réalisateur qui doit faire face à tous ces égos qui viennent parfois contrecarrer l’intégrité du projet. On aime beaucoup l’acteur pointilleux et particulièrement casse-pied interprété avec fougue par Finnegan Oldfield, ainsi que le comédien alcoolique joué par Grégory Gadebois, vraiment très drôle.

L’envers d’un tournage cauchemardesque

Finalement, le vrai morceau de bravoure intervient lors de la dernière demi-heure qui nous montre l’envers du tournage du plan séquence initial. Dès lors, tous les errements de la première partie trouvent leur explication par une suite ininterrompue de catastrophes en tous genres. Entre un acteur totalement bourré, l’autre gagné par la courante, un caméraman qui souffre d’un lumbago et on en passe, le résultat final ne pouvait qu’être catastrophique. Pourtant, la vraie force du film est de montrer l’entêtement de ces gens du spectacle qui appliquent jusqu’au bout la formule The Show Must Go On. Même si les différents membres de l’équipe sont tour à tour responsables d’un dysfonctionnement, ils finissent par faire corps autour du réalisateur pour mener à bien ce projet totalement fou.

L'équipe de Coupez !

© Les Nouveaux Editeurs – Photos Lisa Ritaine. ©2021 La Classe Américaine, Getaway Films, SK Global Entertainment, France 2 Cinéma, Gaga Corporation. Tous droits réservés / All rights reserved

Il ressort donc de Coupez ! un sentiment d’accomplissement, alors même que le produit fini s’avère médiocre. Mais pouvait-il en être autrement au vu des circonstances d’un tournage totalement chaotique ? Ainsi, Michel Hazanavicius rend hommage au travail d’équipe qui permet à chacun de donner le meilleur de lui-même, en dépit de ses propres limites. La comédie se double donc d’un vibrant hommage à tous les saltimbanques qui rendent possible la création artistique, même d’un piètre niveau.

La comédie ne fonctionne vraiment que dans sa dernière partie

Il est sans doute dommage que la comédie ne fonctionne vraiment que très tardivement et gageons que de nombreux spectateurs non prévenus auront déjà pris la tangente, avant d’arriver à ces moments de pure comédie qui sont vraiment très drôles. Heureusement que les acteurs assurent pleinement, que ce soit lors de la première longue séquence où ils sont volontairement mauvais, puis dans le making of où ils font enfin preuve de naturel. On citera notamment Romain Duris, Bérénice Bejo, Grégory Gadebois, Finnegan Oldfield, mais aussi Jean-Pascal Zadi, Lyes Salem et Matilda Lutz.

Sympathique, mais dispensable, Coupez ! est donc une comédie inégale qui parlera surtout aux cinéphiles. Le grand public, lui, risque fort de rester à la porte.

Critique de Virgile Dumez

Tous les films de Cannes 2022

Sorties de la semaine du 11 mai 2022

Coupez ! (Z comme Z), affiche du film de Michel Hazanavicius

© Les Nouveaux Editeurs – Photos Lisa Ritaine. ©2021 La Classe Américaine, Getaway Films, SK Global Entertainment, France 2 Cinéma, Gaga Corporation. Tous droits réservés / All rights reserved

Pour en savoir plus sur le film

Notes sur le film : C’est Vincent Maraval qui a soufflé à Michel Hazanavicius l’idée de réaliser le remake du film japonais Ne coupez pas ! Le réalisateur de The Artist voulait effectivement réaliser une histoire semblable sans savoir que le film en question existait plus ou moins et qu’il était très bon. Passé totalement inaperçu en France avec moins de 3 000 entrées en 2019, Ne coupez pas ! (qui n’existe pas en blu-ray en France, mais seulement en DVD, sic), était lui-même l’adaptation jubilatoire d’une pièce de théâtre de Grand-Guignol.

Mettre en scène les anecdotes cocasses des tournages

Michel Hazanavicius engage pour Romain Duris, dans le rôle d’un réalisateur de série Z, totalement hyperactif et délirant, et retrouve l’occasion de diriger son épouse, Bérénice Bejo, quand il envisageait dans un premier temps Blanche Gardin.

Le cinéaste qui n’est pas fan des films d’horreur, entend rendre hommage aux faiseurs de péloches, ces artisans capables de tout donner pour mettre en boîte leur rêve. Il trouve l’occasion de relater la drôlerie des tournages dont il a toujours voulu relater les cocasseries.

Quand Z (comme Z) devient Coupez !

Armé de son expérience métacinématographique (The Artist, Le redoutable), le réalisateur français doit toutefois changer le titre de son long, Z (comme Z), à un mois de la sortie. La décision est forte puisque la sélection cannoise dont il fait partie, a été révélée. Hazanavicius, incité par des artistes ukrainiens à gommer la mention de la lettre Z qui figure sur les blindés russes en Ukraine, a voulu ainsi levé toute ambiguïté quant au symbole d’oppression et de barbarie du réel. Il manifeste ainsi son soutien au peuple ukrainien dans une guerre qui a démarré en février 2022. Le nouveau distributeur Pan Distribution (en fait, Pan Européenne vient de changer de nom par souci de lisibilité) doit réaliser un travail rapide et exceptionnel, rendu possible par les techniques du numérique. Vingt ans auparavant, cela n’aurait pas été aussi aisé.

Coupez ! : un petit budget après dix ans de très lourds échecs

Désormais intitulé Coupez !, le 8e long métrage de Michel Hazanavicius fait donc écho dans son titre au choix de titre du distributeur de Ne coupez pas !, renforçant la filiation entre les deux œuvres. On notera que Shin’Ichiro Ueda est aussi crédité comme producteur exécutif au générique. Un bel hommage.

Coupez ! intervient à un moment charnière dans la carrière de Michel Hazanavicius. Le cinéaste aux réalisations élaborées et toujours très ambitieuses n’a pas connu le succès depuis 10 ans. Pis, il s’était fait le chantre de productions onéreuses (The Search, Le redoutable, Le prince oublié, avec Omar Sy) qui ont été de vraies désastres économiques au lendemain de leur programmation en salle. Ainsi le film de guerre cannois The Search, qui a coûté 25 000 000$ n’en a même pas rapporté 1 million à l’issue de sa carrière sur le grand écran. En France, le film de guerre rendait l’âme  à 73 000 spectateurs. Un accident industriel.

Son hommage à Godard, Le redoutable, a coûté 11M d’euros, mais au lendemain de son exploitation en salle à l’échelle mondiale, il reste sous la barre des 1 500 000$. Re-flop, malgré de grandes qualités.

Le prince oublié, mégaproduction de 25 000 000 d’euros, avec la star mondiale Omar Sy, est un autre fiasco, avec des critiques déplaisantes. Alors que la Covid-19 n’affectait pas encore la fréquentation des cinémas hexagonaux, le conte essuie un revers monstre au box-office français, avec moins d’un million de spectateurs quand le divertissement familial était attendu au-delà des 3 500 000 entrées.

Coupez ! prochainement sur Netflix à l’international?

Désormais, comptant sur les recettes des plateformes de SVOD pour amortir les risques, Michel Hazanivicus sait qu’il a besoin de revenir à un cinéma de moindre coût, avec un box-office plus accessible pour la France. Pour l’étranger, Coupez ! s’annonce comme le spectacle ad hoc pour une sortie digitale en 2022 sur la plupart des marchés, avec des possibilités d’achat par Netflix ou Prime Vidéo.

La nouvelle comédie du réalisateur des deux premiers OSS 117 avec Jean Dujardin sort sur les écrans français le 17 mai. Un vendredi.

Notes de Frédéric Mignard

Trailers & Vidéos

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Coupez ! (Z comme Z), affiche du film de Michel Hazanavicius

Teaser 1 de Coupez !

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Teaser 2 de Coupez !

Teaser 3 de Coupez !

Teaser 4 de Coupez !

Teaser 5 de Coupez !

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