Acteur allemand, Udo Kier a mené une belle carrière internationale, entre cinéma d’auteur et blockbusters, œuvres intimistes et films à prestige, arpentant également les terres du cinéma bis, tournant parfois plus que de raison. Ce stakhanoviste du cinéma mondial a été une figure indispensable des écrans. Udo Kier avait débuté au cinéma en 1966, se faisant remarquer dans des séries B comme La marque du diable (Armstrong, Hoven, 1970).
Il est ensuite repéré par Warhol et Morrissey dans le diptyque Chair pour Frankenstein (1973) et Du sang pour Dracula (1974), avant d’être à l’affiche de nombreuses productions comme Histoire d’O (1975) de Just Jaeckin et Spermula (1976) de Charles Matton. Il tourne aussi avec Miklós Jancsó (Rhapsodie hongroise, 1979) et surtout Fassbinder, qui en fait un visage familier de son univers, avec La troisième génération (1979) ou Lili Marleen (1981).
Le comédien est aussi un fidèle de Lars von Trier, avec des œuvres comme Europa (1991), Breaking the Waves (1996) et Melancholia (2011). On peut par ailleurs le croiser dans les nanars Barb Wire (1996) de David Hogan ou La fin des temps (1999) de Peter Hyams, aussi bien que les délicats My Own Private Idaho (1991) de Gus Van Sant, Les lumières de Berlin (1995) et The End of Violence (1997) de Wim Wenders. Michael Bay (Armageddon, 1998) ou Werner Herzog (Dans l’œil d’un tueur, 2009) font aussi appel à ce talent infatigable.
Udo Kier fréquente encore les studios dans les années 2010 avec Traîné sur le bitume (2018) de S. Craig Zahler ou Bacurau (Mendoça Filho, Dornelles, 2019). Parmi ses derniers films, on peut citer A E I O U – Alphabet rapide de l’amour (2022) de Nicolette Krebitz et L’agent secret (2025) de Kleber Mendoça Filho, qui clôture sa carrière en beauté. Udo Kier est décédé le 23 novembre 2025 à l’âge de 81 ans.