Just Jaeckin

Photographe, Directeur Artistique, Réalisateur
affiche du film de Just Jaeckin

Personal Info

  • Nationalité : Français
  • Date de naissance : 8 août 1940 à Vichy, France
  • Crédits : Emmanuelle : © Lui/74/Francis Giacobetti - Roger Boumendil / promo 505 - Madame Claude : © Ferracci - Le dernier amant érotique : © Yves Thos - Gwendoline © Montage photo de Philippe - Girls : © Tous droits réservés

Biographie

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Directeur artistique et créateur de la revue Mademoiselle Age Tendre à l’heure des yéyé, Just Jaeckin est le photographe des stars dans les années 60. De Gainsbourg à Jane Fonda (nue), Just Jaeckin photographie le gratin et ses clichés servent aux pochettes des disques des idoles de l’époque et aux couvertures de magazines.

L’homme qui réalisa Emmanuelle

Au début des années 70, celui qui a aussi été photographe de guerre en Algérie se voit proposer par Yves Rousset-Rouard l’adaptation du best-seller d’Emmanuelle Arsan, Emmanuelle. Après des réserves au vu de la qualité de l’ouvrage, Just Jaeckin refuse, avant d’accepter un script révisé par Jean-Louis Richard. Exit la pornographie, Emmanuelle au cinéma sera érotique, suggérée, sensuelle et surtout phénoménale. Le film reste plus d’une décennie à l’affiche sur les Champs-Elysées et suscite la curiosité du monde entier. 8 893 996 spectateurs sur la France pour une production interdite aux moins de 18 ans… Les sequels seront nombreux. Jaeckin n’y sera jamais associé, malgré l’insistance des producteurs qui lui proposent une fortune.

Just Jaeckin ostracisé, la rançon de la gloire

Promo box-office Emmanuelle de Just Jaeckin par Siné

© Siné

Just Jaeckin, artiste du visuel total, également peintre, sculpteur, trouve en Emmanuelle l’argent de la liberté pour les décennies à venir, mais au prix d’une ostracisation par le milieu du cinéma français qui lui reproche dans les années 70 d’avoir sali la profession. C’est d’ailleurs essentiellement à l’étranger qu’il trouvera la possibilité de poursuivre son métier de photographe, notamment pour Vogue.

Des films oubliés à redécouvrir

Au cinéma, s’il bataille longtemps pour trouver les fonds d’une production enfantine qui le dégagerait une bonne fois pour toute de l’érotisme, il tournera peu, mais ne proposera rien de déshonorant, même si les critiques seront généralement froides. En août 75 sort sa seconde réalisation, le très controversé mais solide Histoire d’O, toujours tiré d’un best-seller. Avec 3 512 531 spectateurs, c’est un nouveau triomphe. Une suite sera mise en chantier en 1983, mais là encore, il n’y participera pas. En mai 77, il réalise Madame Claude, avec Françoise Fabian, Klaus Kinski et Murray Head. Le film distribué par Warner Columbia, avec une musique de Gainsbourg, dépasse le million d’entrées (1 142 455) et sera suivi d’un second chapitre en 1981. Il n’y sera là encore pour rien.

L’échec de sa carrière

Avec Le dernier amant romantique, Just Jaeckin connaît son premier échec commercial, en avril 1978. Il y retrouvait Dayle Haddon, l’héroïne de Madame Claude, et dirigeait Fernando Rey. Cette romance dramatique, distribuée par Warner, n’est pas une œuvre érotique et cela déstabilise le public qui n’y va pas (111 323 spectateurs).

En 1979, Collection privée est un film à sketchs pour lequel il réalise un segment. Walerian Borowczyk et Shuji Terayama apportent leur pierre à ce maigre édifice.

En 1980, caméra à la main, Just Jaeckin s’emploie à tourner Girls, un teenage movie à la mode (A nous les petites anglaises a montré la voie), avec Anne Parillaud. La comédie est fraiche, dépourvue d’érotisme, et le cinéaste en garde un très beau souvenir. Au box-office, il en tire 557 062 spectateurs, un score moyen, mais cela reste rentable au vu du budget et des conditions de tournage.

affiche du film de Just Jaeckin

© Montage photo de Philippe

Les retrouvailles avec Sylvia Kristel chez Cannon Films

Avec L’amant de Lady Chatterley, en 1981, Jaeckin s’attelle probablement à son œuvre la plus personnelle. Ce magnifique coup de marketing – il y retrouve Sylvia Kristel -, est une nouvelle adaptation du classique sulfureux de D. H. Lawrence, après la version de Marc Allégret, avec Danielle Darrieux. Cette coproduction internationale voit l’auteur collaborer avec la Cannon Films qui commençait une prolifique décennie. Sans réitérer le succès du classique de 1955, la version de 1981 dépasse le million d’entrées (1 134 750), et c’est un nouveau succès pour le cinéaste qui met une fois de plus en scène le désir de la femme, la frustration et le combat interne entre le corps et la raison.

En 1984, après une pause dans la publicité, il sort Gwendoline, un blockbuster de 35 millions de francs, coproduction franco-américaine détachée des genres qui préoccupent le cinéma français. L’adaptation de la bande dessinée de John Willie déroute le public adulte qui n’y va pas pensant y voir un énième film érotique de par son titre intrinsèquement sensuel, ou qui ressort de la salle furieux après des attentes de chair fraiche non assouvie. Gwendoline peine à convaincre en France et cale sous le million d’entrées, mais la production sera la mieux exportée de l’année. Un bon coup.

Alors que l’érotisme tombe en désuétude au cinéma, Just Jaeckin va peu à peu se détacher du 7e art pour se consacrer à d’autres arts visuels, la peinture et la sculpture. Il compte parmi les grands noms de la publicité avec d’illustres spots qui font de lui un maître dans cette branche.

En 2020, l’auteur oublié ressort des limbes. Netflix propose Emmanuelle à une nouvelle génération. Le monde en parle. Toutefois, Just Jaeckin confirme sa volonté de rester loin du système et de Paris. Il figure aux bonus d’une édition blu-ray de Gwendoline chez le Chat qui fume. Après avoir été vu comme un cinéaste cucul, l’artiste deviendrait-il enfin culte ?

Frédéric Mignard  

Top Box-office Just Jaeckin :

  1. Emmanuelle 8 894 132
  2. Historie d’O 3 512 531
  3. Madame Claude 1 142 455
  4. L’amant de Lady Chatterley 1 134 750
  5. Gwendoline 944 892

Filmographie :

  • 1974 : Emmanuelle
  • 1975 : Histoire d’O
  • 1977 : Madame Claude
  • 1978 : Le Dernier Amant romantique
  • 1979 : Collections privées
  • 1980 : Girls
  • 1981 : L’Amant de Lady Chatterley (Lady Chatterley’s Lover)
  • 1984 : Gwendoline
L'amant de Lady Chatterley, affiche du film de Just Jaeckin

Illustrateur © Covillault

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