Acteur, scénariste, metteur en scène et dramaturge britannique, Michael Redgrave est né en 1908 à Bristol au sein d’une famille de théâtre. Il est également le père de la comédienne Vanessa Redgrave. Véritable enfant de la balle, Michael Redgrave a d’abord cherché une autre voie notamment dans l’enseignement. Pourtant, l’appel des planches fut plus fort et le jeune homme suit les pas de ses parents. D’ailleurs, l’artiste a toujours privilégié le théâtre où il a été tour à tour comédien, metteur en scène et même dramaturge.
En ce qui concerne le cinéma, il est repéré par Alfred Hitchcock qui lui octroie un petit rôle dans Quatre de l’espionnage (1936), avant de lui offrir le premier rôle d’Une femme disparait (1938). Assez rapidement, Michael Redgrave se spécialise dans des rôles difficiles, fiévreux et torturés qu’il rend à merveille à l’écran. Il est notamment admirable dans le formidable Au cœur de la nuit (Alberto Cavalcanti, 1945) en ventriloque gagné par la folie, Le deuil sied à Électre (Dudley Nichols, 1947) pour lequel il reçoit une nomination à l’Oscar du meilleur acteur, le film noir Le secret derrière la porte (Fritz Lang, 1947), le mélodrame L’ombre d’un homme (Anthony Asquith, 1951) ou encore Il importe d’être constant (Anthony Asquith, 1952).
Par la suite, il est toujours aussi remarquable dans Monsieur Arkadin, dossier secret (Orson Welles, 1955), 1984 (Michael Anderson, 1956), Temps sans pitié (Joseph Losey, 1957) où il interprète un père alcoolique épatant. Malheureusement, comme le comédien se consacre à sa carrière théâtrale, il n’accepte plus que des seconds rôles au cours des décennies suivantes. On le voit dans le rôle de l’oncle dans Les innocents (Jack Clayton, 1961), en proviseur dans La Solitude du coureur de fond (Tony Richardson, 1962), en officier médecin dans le chef d’œuvre La Colline des hommes perdus (Sidney Lumet, 1965) et encore en oncle dans Les héros de Télémark (Anthony Mann, 1965).
Même s’il joue de plus en plus souvent pour la petite lucarne, il est encore visible dans La bataille d’Angleterre (Guy Hamilton, 1969), Goodbye, Mr. Chips (Herbert Ross, 1969), Le messager (Joseph Losey, 1971). Toutefois, il est atteint de la maladie de Parkinson qui l’oblige à cesser toute activité professionnelle dès le milieu des années 70.
Michael Redgrave décède en 1985 à l’âge de 77 ans. Il restera comme l’un des grands acteurs britanniques du 20ème siècle. Rien de moins.