Actrice et chanteuse franco-iranienne, Golshifteh Farahani (de son vrai nom Rahavard Farahani) est née en 1983 à Téhéran, en Iran. Fille du metteur en scène de théâtre Behzad Farahani et de la comédienne Fahimeh Rahimnia, elle peut être considérée comme une enfant de la balle.
Des débuts très jeune en Iran
Particulièrement douée au piano, la jeune femme intègre l’école de musique de Téhéran en 1995, alors qu’elle n’a que 12 ans. Pourtant, elle préfère finalement s’orienter vers l’art dramatique et commence à tourner précocement au cinéma dans Le poirier (Dariush Mehrjui, 1998). Elle gagne un premier prix d’interprétation alors qu’elle n’a pas encore quinze ans.
Cela la motive pour persister dans cette voie. A cette époque, elle tourne beaucoup en Iran, comme dans Deux anges (Mamad Haghighat, 2003), Demi-lune (Bahman Ghobadi, 2006), Shirin (Abbas Kiarostami, 2008). Elle peut enfin jouer dans une production internationale en 2008 dans Mensonges d’état (Ridley Scott, 2008). Toutefois, les cinéphiles la repèrent véritablement dans le drame iranien À propos d’Elly (Asghar Farhadi, 2009) dont elle est la tête d’affiche.
L’exil forcé
Toutefois, le fait de travailler avec des Américains la rend suspecte aux yeux du pouvoir iranien. Comme elle s’affiche également en public sans voile, on lui fait comprendre qu’elle n’est plus la bienvenue dans son pays. A partir de 2009, Golshifteh Farahani s’installe donc en France, et plus précisément à Paris, alors qu’elle est lâchée par tous ses amis en Iran.
Durant cette période difficile, elle va toutefois réussir à trouver des emplois dans des productions internationales comme Poulet aux prunes (2011) de sa compatriote d’exil Marjane Satrapi. Puis, on la revoit dans le très bon My Sweet Pepper Land (Hiner Saleem, 2013), Eden (Mia Hansen-Løve, 2014) et elle retrouve Ridley Scott pour le blockbuster Exodus : Gods and Kings (2014). A l’international, on la revoit dans le poétique Paterson (Jim Jarmusch, 2016) et dans le plus commercial Pirates des Caraïbes : La Vengeance de Salazar (Joachim Rønning, Espen Sandberg, 2017).
Une belle carrière internationale
Capable de jouer dans des comédies comme Santa & Cie (Alain Chabat, 2017), des films plus indépendants comme La nuit a dévoré le monde (Dominique Rocher, 2018), la comédienne ne se laisse enfermer dans aucun carcan limitatif. Elle est la star d’Un divan à Tunis (Manele Labidi, 2019) et s’impose encore dans Frère et sœur (Arnaud Desplechin, 2022), Roqya (Saïd Belktibia, 2023) ou plus récemment Alpha (Julia Ducournau, 2025). On notera qu’elle a été nominée César du meilleur espoir féminin pour Syngué sabou.- Pierre de patience (Atiq Rahimi, 2014).
Filmographie de Golshifteh Farahani
Actrice, longs métrages
- 1997 : Le Poirier (Derakht-e golabi) de Dariush Mehrjui
- 2000 : Haft Pardeh de Farzad Motamen
- 2001 : Zamaneh de Hamid Reza Salahmand
- 2002 : Jayee digar de Mehdi Karampoor
- 2003 : Deux Anges (Do fereshteh) de Mamad Haghighat
- 2003 : Boutique de Hamid Nematollah
- 2004 : Les Larmes du Froid (Ashk-e sarma) d’Azizollah Hamidnezhad
- 2005 : Bab’Aziz, le prince qui contemplait son âme de Nacer Khemir
- 2005 : Mahiha ashegh mishavand (Les Poissons tombent amoureux) d’Ali Rafie
- 2005 : Au nom du père (Bé nam-e pedar) d’Ebrahim Hatamikia
- 2006 : Gis Borideh de Jamshid Heydari
- 2006 : Demi-lune (Niwemang) de Bahman Ghobadi
- 2007 : Mim mesle madar de Rasool Mollagholi Poor
- 2007 : Santouri de Dariush Mehrjui
- 2008 : Shirin d’Abbas Kiarostami
- 2008 : There’s always a woman in between (Hamisheh paye yek zan dar miyan ast) de Kamal Tabrizi
- 2008 : Le Mur (Divar) de Mohammad-Ali Talebi
- 2008 : Mensonges d’État (Body of Lies) de Ridley Scott
- 2009 : À propos d’Elly (Darbareye Elly) d’Asghar Farhadi
- 2010 : Au prix du sang de Roland Joffé
- 2011 : Si tu meurs, je te tue d’Hiner Saleem
- 2011 : Poulet aux prunes de Marjane Satrapi et Vincent Paronnaud
- 2012 : Syngué Sabour, pierre de patience d’Atiq Rahimi
- 2012 : Just Like a Woman de Rachid Bouchareb
- 2013 : My Sweet Pepper Land d’Hiner Saleem
- 2014 : Eden de Mia Hansen-Løve
- 2014 : Rosewater de Jon Stewart
- 2014 : Exodus: Gods and Kings de Ridley Scott
- 2015 : Les Deux Amis de Louis Garrel
- 2015 : Go Home de Jihane Chouaib
- 2016 : Altamira de Hugh Hudson
- 2016 : Les Malheurs de Sophie de Christophe Honoré
- 2016 : Paterson de Jim Jarmusch
- 2017 : Le Dossier Mona Lina (Shelter) d’Eran Riklis
- 2017 : Pirates des Caraïbes : La Vengeance de Salazar (Pirates of the Caribbean : Dead men tell no tales) de Joachim Ronning et Espen Sandberg
- 2017 : The Song of Scorpions d’Anup Singh
- 2017 : Sous un autre jour (The Upside) de Neil Burger
- 2017 : Santa et Cie d’Alain Chabat
- 2018 : La nuit a dévoré le monde de Dominique Rocher
- 2018 : Les Filles du soleil d’Eva Husson
- 2019 : L’Angle mort de Pierre Trividic et Patrick Mario Bernard
- 2019 : Un divan à Tunis de Manele Labidi
- 2020 : Tyler Rake (Extraction) de Sam Hargrave
- 2022 : Frère et Sœur d’Arnaud Desplechin
- 2022 : Une comédie romantique de Thibault Segouin
- 2023 : Tyler Rake 2 de Sam Hargrave
- 2023 : Roqya de Saïd Belktibia
- 2024 : William Tell de Nick Hamm
- 2024 : Lire Lolita à Téhéran d’Eran Riklis
- 2025 : Alpha de Julia Ducournau
- 2025 : The Things That Hurts d’Arnaud Desplechin