La nuit a dévoré le monde : la critique du film (2018)

Fantastique, Film de zombies | 1h24min
Note de la rédaction :
4/10
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La nuit a dévoré le monde, l'affiche officielle du film

  • Réalisateur : Dominique Rocher
  • Acteurs : Denis Lavant, Golshifteh Farahani, Anders Danielsen Lie
  • Date de sortie: 07 Mar 2018
  • Nationalité : Français
  • Scénaristes : Guillaume Lemans; Jérémie Guez, Dominique Rocher, d'après le roman de Pit Agarmen
  • Compositeur : David Gubitsch
  • Distributeur : Haut et Court
  • Editeur vidéo : Blaq Out
  • Date de sortie vidéo : 15 octobre 2018
  • Box-office France / Paris-Périphérie : 17 356 entrées sur 3 semaines d'exploitation
  • Budget : 2,9 millions d'euros (rentabilité 2,26%)
  • Festivals : Festival Premiers Plans d'Angers 2018, International Film Festival Rotterdam, Festival du Film Fantastique de Gérardmer, Fantasia International Film Festival, Tribeca Film Festival
  • Crédits photo : Laurent Champoussin
  • Format Image & Son : 1,85 – 5.1
  • Classification : Interdit aux moins de 12 ans (motivation : "Le film qui décrit la survie d’un homme seul dans un appartement parisien assiégé par des zombies installe un climat angoissant qui, de l’avis de la commission, ne convient pas aux mineurs de moins de douze ans.")

Faux film de zombies français et vrai film d’ennui, La nuit a dévoré le monde sonde le vide avec une somnolence qui force l’aigreur.

Synopsis : En se réveillant ce matin dans cet appartement où la veille encore la fête battait son plein Sam doit se rendre à l’évidence : il est tout seul et des morts vivants ont envahi les rues de Paris. Terrorisé, il va devoir se protéger et s’organiser pour continuer à vivre. Mais Sam est-il vraiment le seul survivant ?

Sous le pavé : le néant

Critique : Beaucoup de direct-to-streaming flicks nourrissent les plateformes d’un scénario apocalyptique vide de sens et de contenu. Ils sont espagnols, américains et même, désormais, français. Sauf que La nuit a dévoré le monde (Gérardmer 2018) a eu la prétention de sortir en salle.

Anders Danielsen Lie dans La nuit a dévoré le monde

crédit photo : Laurent Champoussin

Premier film de Dominique Rocher qui revendique chacune des tares de son film (un personnage peu ou prou unique, unité de lieu, minimalisme, absence de peur…), l’adaptation du roman éponyme de Pit Agarmen concentre toutes les tares d’une production auteurisante, qui fait même parfois abstraction de la musique pour livrer le spectateur au creux sidéral laissé par la disparition soudaine des Parisiens, évanouis en nuit, alors que des contaminés semblent avoir gobé toute vie sur Paname, à part celle d’un matou plus attaché à sa maîtresse qu’à son territoire (grosse faute scénaristique pour tout ceux qui ont un félin chez soi).

Le huis clos haussmannien, film de confinement par excellence, n’est pas sans rappeler une production hexagonale qui était sortie un mois auparavant, en 2018, dans nos cinémas, le mal-aimé Dans la brume de Daniel Roby, avec Romain Duris, où les zombies avaient pris la forme d’un brouillard esthétique qui happait aussi son monde parisien. Ce dernier, pas franchement enthousiasmant, faute d’un script élaboré, pouvait paraître comme une œuvre d’action à côté de ce filme-le-vide qui n’arrive jamais à nous fendre le cœur autour du personnage joué par Anders Danielsen Lie, le suicidaire dépressif du formidable Oslo, 31 août qui ne parviendra pas à provoquer le dixième d’empathie qu’il avait su offrir au chef-d’œuvre de Joachim Trier.

La nuit a dévoré le monde et son scénario, au passage

Dans la brume jaquette blu-ray

Copyrights TF1 Vidéo

Avec beaucoup de cynisme, Dominique Rocher ne raconte rien, mais le fait en deux langues, puisque La nuit a dévoré le monde a été mis en boîte en version française, mais aussi en anglais : les (rares) scènes incluant des dialogues ont été ainsi tournées deux fois, dans les deux langues. C’est que le monsieur comptait revendre le film aux plateformes de SVOD des quatre coins du monde, avec sa fausse bonne idée de cinéma à la Cloverfield (une fête et tout bascule !).

World War Z dans le Paris haussmannien

©2017 Haut et Court

Zéro empathie, zéro frousse, zéro émotion

De son premier long métrage, on ne retiendra que deux plans visionnaires : les virussés qui se montent les uns les autres pour ne plus former qu’un mur grouillant à l’assaut de l’immeuble où se terre le personnage de Sam, et surtout le plan formidable du héros au bout du rouleau qui se jette dans le vide du haut de cet immeuble, enlacé d’une corde, pour se heurter au mur du bâtiment d’en face et ainsi rester suspendu quasi mort, au-dessus d’un Paris spectral.

Ces deux bonnes idées, dont l’une empruntée à World War Z le nanar épique avec Brad Pitt, ne permet pas à La nuit a dévoré le monde de sortir de l’exercice vain de fin d’école. Le projet insémine chez le spectateurs, jusqu’au bout, l’impression embarrassante d’avoir assisté à un court-métrage étiré sur 1h34min, sans âme ni émotion. La fin qui n’en est pas une le confirme : le caprice d’un homme a bel et bien grignoté notre soirée, pour rien. On n’aura ressenti qu’un ennui poli face à ce spectacle aux enjeux émotionnels et philosophiques anémiques.

Critique : Frédéric Mignard

Sorties de la semaine du 7 mars 2018

La nuit a dévoré le monde, l'affiche officielle du film

©2017 Haut et Court

Les films de zombies au cinéma

Box-office :

Sorti sur 38 écrans France, le film d’auteur horrifique n’est parvenu à rester à l’affiche que trois semaines, passant à 10 écrans pour sa 3e et ultime semaine de programmation. Durant cette semaine là, La nuit a dévoré le monde n’a réussi à captiver l’attention que de 695 spectateurs. Au total, il n’aura été vu que par 17 356 curieux sur le territoire.

Le film est disponible en DVD chez Blaq Out et bénéficie d’un passage sur Canal + en 2020.

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La nuit a dévoré le monde, l'affiche officielle du film

Bande-annonce de La nuit a dévoré le monde

Fantastique, Film de zombies

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