Western en relief : la critique du film (1983)

Western | 1h31min
Note de la rédaction :
8/10
8
Western en relief, affiche cinéma française 3D (la vengeance impitoyable)

  • Réalisateur : Ferdinando Baldi
  • Acteurs : Tony Anthony, Victoria Abril, Ricardo Palacios, Charly Bravo, Gene Quintano
  • Date de sortie: 12 Jan 1983
  • Nationalité : Américain, Italien, Espagnol, Allemand
  • Année de production : 1981
  • Titre original & alternatifs : Comin' at ya !, Western (VHS, France), La vengeance impitoyable (VHS, France), Alles fliegt dir um die Ohren (Allemagne), Yendo hacia ti (Espagne), Kalpea kostaja (Finlande)
  • Scénaristes : Wolfe Lowenthal, Lloyd Battista, Gene Quintano, Esteban Cuenca, Ramón Plana, d'après une idée originale de Tony Anthony.
  • Directeur de la photographie : Fernando Arribas
  • Compositeur : Carlo Savina
  • Sociétés de production : The Lupo-Anthony-Quintano Company
  • Distributeur : Tridis
  • Editeur vidéo : Virginia Distribution (VHS, sous le titre de Western), Carrere - Lumières (VHS, sous le titre de La vengeance impitoyable),
  • Crédits visuels : © Tous droits réservés.
  • Formats : 2.35 : 1 / Couleurs, 35 mm? Technicolor, Dimensionscope 3 Dimensions / Son : Dolby
  • Box-office Paris-Périphérie : 38 047 entrées
Note des spectateurs :
[Total : 1   Moyenne : 3/5]

Western spaghetti tourné en 3D et sorti dans les années 80, Western en relief est un ovni jubilatoire dont les mordus du genre auraient tort de se priver. Son titre secondaire, en VHS, est La vengeance impitoyable.

Synopsis : Le jour du mariage du pistolero H.H. Hart, des brigands kidnappent sa promise et le laissent pour mort. Il parvient à s’en sortir et se lance à la poursuite de sa bien-aimée.

Critique : En 1981, soit six ans après le délirant Pendez-le par les pieds, le tandem Baldi/Anthony poursuit sa démarche consistant à pousser le western spaghetti dans ses derniers retranchements. Alors que leur film précédent innovait d’un point de vue scénaristique, la vengeance impitoyable détonne d’un point de vue purement graphique, car tourné en trois dimensions. De fait, le film est à envisager comme une pure attraction, ce que corrobore l’un des titres alternatifs du film : Western en relief.

Western en relief est une synthèse des westerns d’Anthony

A ce titre, le scénario se veut tout à fait minimaliste et se présente comme une sorte de best of des différents films du genre tournés avec Anthony. On pense tout particulièrement à Blindman, dont le film reprend une bonne partie de l’intrigue. D’autres idées proviennent directement de la saga de l’Etranger. Le tout se tient néanmoins très bien et assure un enchaînement de scènes spectaculaires ne suscitant aucun ennui, même pour le connaisseur des œuvres susnommées.

De fait, si le script sent le réchauffé, ce n’est pas pour autant que le projet a été bâclé. Ainsi, il bénéficie d’un budget conséquent qui se voit à l’écran. Les explosions spectaculaires sont légion. Quant aux décors et costumes, ils sont particulièrement soignés et sublimés par de superbes éclairages et une magnifique photographie signée Fernando Arribas. Il apparaît manifeste que les créateurs de Western en relief ont bien compris qu’un scénario trop dense nuirait à la dimension graphique du projet et ont préféré se focaliser sur cet aspect.

Western, en VHS Virginia DIstribution

© Affiche : Landi. Tous droits réservés.

La vengeance impitoyable propose des images à couper le souffle

Ferdinando Baldi et son équipe se sont effectivement surpassés pour ce film, qu’il convient de voir dans les meilleures conditions possibles pour l’apprécier à sa juste valeur. Pour ce faire, le Blu-Ray 3D, qui bénéficie d’une superbe restauration, et l’équipement idoine sont requis. Sans cela, le film perd quasiment tout intérêt, tant il est pensé pour la 3D. Certains plans sembleront un peu trop outrés pour certains, car relevant quasiment de la démo technique, voire d’une esthétique publicitaire. On pointe constamment des armes vers nous, et les projectiles crèvent l’écran pour nous impressionner, conformément au titre original du film, Comin’ at ya!, judicieusement exploité dans nos salles sous le titre Western en relief. A noter que le film lorgne parfois vers l’horreur en nous présentant en gros plan des nuées de nuisibles (rats, chauves-souris) plus ou moins crédibles promptes à torturer les personnages du film et les spectateurs les plus sensibles.

Western en relief ne se contente pas de briller d’un point de vue technique. L’aspect artistique est tout aussi époustouflant. Baldi nous propose de superbes cadrages, et use du ralenti avec brio, développant les idées de Peckinpah à leur paroxysme pour un résultat qui n’a pas dû laisser John Woo ou les Wachowski indifférents. Ajoutez à cela des passages très créatifs en noir et blanc avec des touches de couleur et vous obtenez un film qui préfigure les travaux de Tarantino ou Robert Rodriguez. Vous l’aurez compris, Anthony et son équipe sont une fois de plus très en avance sur leur temps avec ce film.

Plus qu’un simple procédé ?

Tout comme le scénario, les autres aspects artistiques du film sont réussis mais conçus de telle sorte à ne pas empiéter sur le visuel. Comme le dit le producteur Gene Quintano lui-même dans une interview au Washington Post, le film n’a pas été conçu pour proposer d’incroyables performances d’acteur. De fait, il joue lui-même l’antagoniste pour des raisons « purement économiques ». Nonobstant, lui et le reste du casting s’en sortent très bien. Anthony propose un personnage monolithique mais un peu différent de l’Etranger, car bien plus courageux. Ricardo Palacios incarne à merveille un antagoniste secondaire et on est heureux et surpris de découvrir Victoria Abril dans un tel projet.

Enfin, la musique de Carlo Savina sert agréablement les images. Cette partition, plus orchestrale que d’habitude, n’oublie pas sa filiation au spaghetti et rappelle le meilleur de Morricone, de par son usage très lyrique des voix féminines.

La vengeance impitoyable est une vraie déclaration d’amour à un genre disparu

En définitive, on peine à croire que l’on regarde un film des années 80 tant Western en relief  parvient à capturer l’esprit d’un western des années 70. On y retrouve les marques stylistiques du genre, ainsi que toute sa rudesse et son sadisme. Le film est loin d’être un pur anachronisme car il ne manque pas d’ajouter de ci-de là quelques touches de modernité sans jamais détonner. Fort heureusement, ce pari risqué ne s’est pas soldé par un échec, le film ayant connu un petit succès qui a mené l’équipe à récidiver deux ans plus tard avec le film d’aventures en 3D Le trésor des quatre couronnes.

Critique : Kevin Martinez

Les sorties de la semaine du 12 janvier 1983

Les westerns spaghettis sur CinéDweller

Western en relief, affiche cinéma française 3D (la vengeance impitoyable)

© Affiche : Landi. Tous droits réservés.

Box-office :

Western en relief est sorti avec l’une des affiches les plus iconiques de l’année 83, signée par maître Landi. L’objectif est de littéralement mettre en action le titre original, Comin at ya ! que beaucoup de marchés conserveront. Le film s’est vendu sur ce procédé dans le monde entier, et la mode est à la 3D aux lunettes bicolores un peu rustiques : Rottweiller 3D, Parasite 3D, Meurtre en 3 Dimension (alias Vendredi 13 numéro 3), Les dents de la mer 3 en 3D, Metalstorm, Le guerrier de l’espace, Amityville 3-D

Aussi, le distributeur indépendant et peu connu, Tridis, lui trouve pour titre Western ou Western en relief, en fonction de sa lecture personnelle de l’affiche. Un titre pétaradant qui se fait soudainement la quintessence ou la représentation même d’un genre totalement mort. Evidemment, en VHS, l’aspect  tri-dimensionnel sera éludé. L’éditeur Carrère-Lumières devra trouver une alternative en le rebaptisant La poursuite impitoyable, avec un vulgaire bandeau noir pour maquiller le titre cinéma français. Quant à l’éditeur original (Virginia), il proposera le film en 1982 sous le titre de Western.

14 écrans sur Paris-périphérie.

La vengeance impossible

Bluray 3D / Copyrights : Mvd Visual

La concurrence est rude. En continuation, E.T, Danton, La Boum 2, Amityville 2 le possédé, La balance, Tron, Firefox, Piranha 2 ont leurs arguments. En première semaine, et donc en confrontation directe, Commando d’Ian Sharp avec Lewis Collins et Richard Widmark, bénéficie de 20 écrans et de la force de frappe de la Warner. Son affiche est aussi signée Landi. Le ruffian de José Giovanni avec Lino Ventura est sur le point d’être un énorme succès. AMLF lui a trouvé 42 écrans.  Vigilante – justice sans sommation ! de Lustig (encore une affiche de Landi) flingue urbain dans 18 cinémas. On n’oubliera pas, dans des genres différents, de mentionner la sortie de Prends ton passe-montagne on va à la plage (26 salles pour le film UGC) et les 11 cinémas de Salut la puce (T’as pas cent balles, moi non plus), de Balducci, avec Jean Lefebvre qui touchait 11 écrans parisiens. David Niven et Maggie Smith étaient dans Ménage à trois (Parafrance, 11 salles). Enfin le prix du scénario à Cannes, le magnifique Travail au noir de Jerzy Skolimovski, avec Jeremy Irons était placé par MK2 sur 7 sites.

Une carrière sans relief

Dès le premier jour français, les films franchouillards, dont Salut la puce, sont morts, très loin derrière l’énorme démarrage de Le Ruffian (33 357), les polars ou films de genre font à peu près les mêmes entrées, se situant entre 2 000 et 3 000 spectateurs. Western en relief est le 4e film au démarrage, avec 2 574 amateurs de 3-D, en un jour.

Western en relief est programmé exclusivement dans le circuit Paramount, si l’on écarte le Convention St-Charles, puisqu’il figure au City/Bastille/Marivaux/Montparnasse/Orléans/Galaxie/Odéon/Montmartre/Opéra. C’est dans ce dernier cinéma qu’il attirera le plus grand nombre de clients, avec 4 976 spectateurs. Sa première semaine est indigente : 16 867 entrées.

4 semaines à l’affiche

L’effet 3D attendu n’arrive pas et, dans ses 13 cinémas, Western en relief entre en 10e place avec 19 895 spectateurs. Commando a fait mieux (27 589) et Vigilante (22 607) aussi. En 2e semaine, le spaghetti de Ferdinando Baldi conserve ses 13 écrans et se retrouve assigné à 12 505 spectateurs.

La 3e semaine est sans relief : 3 704 spectateurs dans 4 salles (les Paramount City/Montparnasse/Odéon/Opéra). Pour sa 4e et ultime semaine, il frappe 1 943 spectateurs aux seuls Paramount Opéra et Montparnasse. Pas de quoi dépasser les 40 000 spectateurs. Il cale à 38 047 cavaliers.

Frédéric Mignard

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Western en relief, affiche cinéma française 3D (la vengeance impitoyable)

Bande-annonce de Western en Relief

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