Vivre : la critique du film avec Bill Nighy (2022)

Drame, Mélodrame | 1h42min
Note de la rédaction :
7,5/10
7,5
Vivre, affiche définitive

  • Réalisateur : Oliver Hermanus
  • Acteurs : Alex Sharp, Bill Nighy, Aimee Lou Wood, Adrian Rawlins, Tom Burke
  • Date de sortie: 28 Déc 2022
  • Année de production : 2022
  • Nationalité : Britannique, Japonais, Suédois
  • Titre original : Living
  • Titres alternatifs : Viver (Portugal) / Życie (Pologne) / Vivir (Mexique) / Élj! (Hongrie) / Living - Einmal wirklich leben (Allemagne) /
  • Autres acteurs : Hubert Burton, Oliver Chris, Michael Cochrane, Anant Varman, Zoe Boyle
  • Scénariste : Kazuo Ishiguro
  • D'après : le scénario original d'Akira Kurosawa
  • Monteur : Chris Wyatt
  • Directeur de la photographie : Jamie Ramsay
  • Compositrice : Emilie Levienaise-Farrouch
  • Cheffes Maquilleuses : Ellen D'Andrade Brown, Danielle Hawkes
  • Cheffe décoratrice : Helen Scott
  • Directrice artistique : Andrea Stern
  • Producteurs : Stephen Woolley, Elizabeth Karlsen
  • Producteurs exécutifs : Daniel Battsek, Emma Berkofsky, Peter Hampden, Kazuo Ishiguro, Ko Kurosawa, Ollie Madden, Norman Merry, Kenzo Okamoto, Nik Powell, Ian Prior, Thorsten Schumacher, Sean Wheelan
  • Sociétés de production : British Film Institute, Number 9 Films Ltd., Film4, Ingenious Film Partners
  • Distributeur : Metropolitan Filmexport
  • Distributeur reprise : -
  • Date de sortie reprise : -
  • Editeur vidéo : Metropolitan Vidéo (DVD et blu-ray, 2023)
  • Date de sortie vidéo : 25 mai 2023
  • Budget : 10 000 000 $
  • Box-office France / Paris-Périphérie : 125 364 entrées / 43 538 entrées
  • Box-office nord-américain : 3 038 113 $
  • Rentabilité : -
  • Classification : Tous publics
  • Formats : 1.48 : 1 / Couleurs / Son : Dolby Digital
  • Festivals : Festival de Sundance 2022 / Festival de Venise 2022 / Festival de Toronto 2022 / Festival de Zurich 2022 / Festival de Tokyo 2022
  • Nominations : Golden Globes 2023 : Meilleur acteur dans un film dramatique pour Bill Nighy / Oscars 2023 : Meilleur scénario adapté ; Meilleur acteur pour Bill Nighy
  • Récompenses : -
  • Illustrateur/Création graphique : © AllCity (affiche). Tous droits réservés / All rights reserved
  • Crédits : © British Film Institute, Number 9 Films Ltd., Film4, Ingenious Film Partners. Tous droits réservés / All rights reserved
  • Attachée de presse : Delphine Olivier
  • Tagline : "Un film bouleversant, absolument magnifique" Rolling Stone. Par l'auteur des Vestiges du jour et d'après le chef d'œuvre d'Akira Kurosawa.
  • Franchise : Remake de Vivre (Akira Kurosawa, 1952)
Note des spectateurs :

Remake réussi d’un film d’Akira Kurosawa, Vivre bénéficie d’une belle réalisation d’Oliver Hermanus et d’une interprétation magistrale de Bill Nighy.

Synopsis : 1953. Londres panse encore ses plaies après la Seconde Guerre mondiale. Williams, fonctionnaire chevronné, est un rouage impuissant dans le système administratif de la ville qui doit se reconstruire. Il mène une vie morne et sans intérêt, mais tout change lorsqu’on lui diagnostique une maladie grave qui l’oblige à faire le point sur son existence. Rejetant son quotidien banal et routinier, Williams va alors se dépasser et enfin vivre pleinement sa vie.

L’adaptation d’un classique de Kurosawa par le grand Kazuo Ishiguro

Critique : Au cours d’un diner amical entre le producteur britannique Stephen Woolley et l’écrivain japonais Kazuo Ishiguro, l’acteur Bill Nighy a débarqué par inadvertance et un lien très fort s’est tissé entre les trois comparses. Peu de temps après, le célèbre romancier a suggéré que le comédien interprète le personnage principal d’un remake du Vivre (1952) d’Akira Kurosawa. Ce qui initialement n’était qu’une proposition un peu fantaisiste a finalement attiré l’attention de Stephen Woolley qui s’est rapproché des ayants-droits du film original pour savoir si un accord pouvait être envisagé. Le fait que le scénario soit adapté par Kazuo Ishiguro a rassuré la famille de Kurosawa qui a donné son feu vert.

Afin d’adapter au mieux ce scénario, Kazuo Ishiguro a proposé de le situer dans l’Angleterre en reconstruction des années 50. L’idée est plutôt judicieuse puisque les deux sociétés anglaise et japonaise sont alors confrontées au même problème de reconstruction. De même, les deux pays sont marqués par le poids de la tradition et l’importance accordée à l’étiquette et au respect du groupe. Enfin, avec le personnage de Williams, Kazuo Ishiguro retrouve une figure proche de celle de son majordome des Vestiges du jour (James Ivory, 1993).

Comme un petit air des Vestiges du jour

Effectivement, Bill Nighy écope d’un rôle finalement très proche de celui tenu autrefois par Anthony Hopkins dans le chef d’œuvre de James Ivory. On y retrouve ici la dévotion envers un travail de simple fonctionnaire dont la vie paraît a priori insignifiante, mais aussi la difficulté à communiquer avec les autres au point d’apparaître comme un homme sans cœur. Certes inspiré du magnifique mélodrame d’Akira Kurosawa, Vivre peut donc être également regardé comme une continuité de l’œuvre littéraire d’Ishiguro.

Vivre, photo d'exploitation

© 2022 Film4 – County Hall / Metropolitan Filmexport. Tous droits réservés.

Afin de mettre en scène ce beau mélodrame qui risquait fort de sentir la naphtaline, les producteurs ont opté pour un réalisateur étranger dont la sensibilité ne serait pas directement britannique. Ils sont tombés d’accord sur le nom du Sud-africain Oliver Hermanus qui nous avait enchanté avec des œuvres sensibles et dures comme Beauty (2011) et surtout Moffie (2019). Assez loin de son univers habituel, le réalisateur ne s’est aucunement fourvoyé avec Vivre puisqu’il signe une œuvre délicate et toute en finesse dont la patine esthétique s’avère particulièrement soignée.

Une œuvre so british

Alors que le mélodrame risquait fort de tomber dans l’académisme du film à Oscars, Oliver Hermanus parvient à éviter le pathos et toute forme de surcharge émotionnelle. Tout d’abord, il n’oublie jamais de faire du cinéma et propose des plans toujours intéressants sur le plan visuel. Ensuite, il évite la surenchère en allant toujours à l’essentiel. Il est bien aidé en cela par le jeu merveilleusement introverti de Bill Nighy dont il s’agit d’un des plus beaux rôles. Face à lui, le jeune casting constitué d’Aimee Lou Wood et d’Alex Sharp ne démérite pas, tandis qu’Adrian Rawlins est toujours un second rôle appréciable.

Valorisant la vie apparemment insignifiante des petites gens, Vivre rend un bel hommage à toutes ces figures de l’ombre qui contribuent à un moment de leur existence au bien commun, sans tambour ni trompette. En cela, le remake est très respectueux de l’original, tout en lui apportant une touche british bienvenue.

Beaucoup de nominations pour peu de récompenses

Malgré sa réussite, Vivre n’atteint pourtant pas les sommets de son modèle, sans doute à cause d’un montage qui est parfois un peu trop alambiqué et d’une partition musicale signée Emilie Levienaise-Farrouch qui ne s’impose pas comme une évidence. On a notamment bien du mal à identifier un thème général qui ferait de cette bande-son un incontournable, malgré l’utilisation d’un orchestre au grand complet. Elle constitue assurément le point faible de ce remake par ailleurs valeureux.

De manière prévisible, Vivre a reçu une nomination pour Bill Nighy en tant que meilleur acteur aux Golden Globes et aux Oscars en 2023, tandis que le scénariste a également été nominé. Toutefois, aucune récompense n’a été décrochée par ce long métrage qui n’a pas connu une grande carrière dans les salles, alors qu’il a effectué le tour des grands festivals. En France, porté par des critiques dithyrambiques, Vivre a attiré le public parisien dès la séance de 14h du mercredi 28 décembre 2022 avec 520 spectateurs dans 12 cinémas.

Vivre, un mélodrame qui a davantage séduit la capitale

Pourtant, si les Parisiens ont répondu présent, on ne peut pas en dire autant de la province qui a largement boudé le mélodrame. Ainsi, à l’issue de sa première journée, Vivre n’a convaincu que 5 410 spectateurs dans 96 salles. Pour sa première semaine, le film britannique a donc séduit 37 725 anglophones. Toutefois, le bouche à oreille semble avoir été correct puisque la deuxième septaine est quasiment identique avec 31 281 retardataires. La chute fut plus rude en quatrième semaine où Vivre franchit tout de même la barre symbolique des 100 000 fonctionnaires. Prolongée sur 12 semaines au total, la carrière du film à Oscars s’éteint donc avec un score de 125 364 entrées. Il méritait assurément mieux.

Critique de Virgile Dumez

Les sorties de la semaine du 28 décembre 2022

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Vivre de Oliver Hermanus, avec Bill Nighy

© Metropolitan FilmExport

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Oliver Hermanus, Alex Sharp, Bill Nighy, Aimee Lou Wood, Adrian Rawlins

Mots clés

Cinéma britannique, La fin de vie au cinéma, Mélodrame, Oscars 2023, Festival de Venise 2022

 

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