Une traînée de poudre… les pistoleros arrivent ! : la critique du film (1972)

Western | 1h39min
Note de la rédaction :
6,5/10
6,5
Affiche du film Une trainée de poudre les pistoleros arrivent

  • Réalisateur : Giuliano Carnimeo
  • Acteurs : Nieves Navarro, Gianni Garko, Piero Lulli, Luis Induni, Massimo Serato, Giuseppe Castellano, Sal Borgese
  • Date de sortie: 12 Avr 1972
  • Nationalité : Italien, Espagnol
  • Titre original & alternatifs : Una nuvola di polvere... un grido di morte... arriva Sartana, Light the Fuse... Sartana Is Coming (Etats-Unis), Llega Sartana (Espagne), Sartana kommt (Allemagne),Sartana, o vingador (Portugal)
  • Scénaristes : Eduardo Manzanos ,Tito Carpi, Ernesto Gastaldi
  • Directeur de la photographie : Julio Ortas
  • Compositeur : Bruno Nicolai
  • Sociétés de production : Devon Film, Copercines
  • Distributeur : Les Films Marbeuf
  • Editeur vidéo : Open Vidéo Diffusion (Distribué par Carrere), VHS 1982
  • Box-office France : 128 623 entrées /
  • Crédits visuels : © 1972 Devon Film, Copercines, Les films Marbeuf. Tous droits réservés
  • Année de production : 1970
  • Franchise : 4ème film de la série de 5 épisodes
  • Formats : 2.35 : 1/Couleurs -35 mm, Eastmancolor / Son : Mono
Note des spectateurs :

Une traînée de poudre… les pistoleros arrivent !, quatrième épisode de la série Sartana, est assurément le plus excessif, lorgnant clairement sur la bande dessinée. En résulte un petit plaisir coupable tout à fait réjouissant.

Synopsis : Sartana se fait intentionnellement incarcérer dans le but de sortir de prison une vieille connaissance, le joueur invétéré Grand Full. Ce dernier pourrait lui fournir des informations au sujet d’un butin qui dort quelque part dans la ville de Mansfield.

Critique : Seulement quelques mois après le très sympathique Bonnes funérailles, amis, Sartana paiera, Carnimeo et Garko se retrouvent une dernière fois pour Une traînée de poudre… les pistoleros arrivent !, le quatrième épisode de la série. Le film est l’évolution logique du précédent épisode, amenant la dimension western gadget de la série à son paroxysme, sans pour autant tomber dans l’auto-parodie.

Une traînée de poudre… les pistoleros arrivent ! améliore la formule de son prédécesseur

Le but d’Une traînée de poudre… les pistoleros arrivent ! n’est pas de révolutionner la série, mais de pousser à leur paroxysme les idées du précédent film afin de proposer un divertissement de qualité. Pour ce faire, les moyens ont été revus à la hausse, le métrage étant riche en scènes spectaculaires. Les gadgets sont désormais délirants, et permettent au film de se distinguer. Sartana usera ici d’une statuette d’Indien mécanique et d’un orgue qui marqueront à coup sûr les esprits. Nous ne dévoilerons pas leur fonctionnement pour ne rien gâcher du plaisir de la découverte. Aussi, la série étant depuis le troisième épisode une coproduction italo-espagnole, les décors sont davantage convaincants que dans les premiers films. Ici, les amateurs reconnaîtront les beaux paysages de la commune d’Hoyo de Manzanares, près de Madrid. La photographie de Julio Ortas, très efficace, sublime ces décors, y compris lors des scènes de nuit.

Une traînée de poudre… les pistoleros arrivent ! recèle d’indéniables trouvailles artistiques

A cette excellente facture technique s’ajoute une dimension artistique très travaillée. Carnimeo affute ses talents de réalisateur et nous propose de superbes cadrages. Une fois de plus, le spectateur profitera de scènes d’action maîtrisées. Le film renferme également quelques beaux plans-séquences, autre corollaire de cette mise en scène plus ambitieuse. La musique de Bruno Nicolai poursuit son travail sur le film précédent pour aboutir sur un thème encore meilleur, qui exprime à merveille le caractère rusé et létal du personnage. Enfin, Gianni Garko est une fois de plus excellent dans son rôle fétiche. La talentueuse Nieves Navarro assure le premier rôle féminin et nous retrouvons une galerie de second couteaux (Lulli, Serato, Induni) réjouissante. De façon générale, le film bénéficie d’une interprétation de qualité, même si José Jaspe dans un rôle de général affreux, sale et méchant cabotine un peu trop.

Un rythme soutenu, à la faveur de nombreuses scènes d’action

Enfin, le script du film se révèle très efficace. Comme les scènes de remplissage sont rares, le tout se laisse suivre sans ennui. Malheureusement, on retrouve ce problème de scénario tortueux inhérent à la saga. Mais cela n’est qu’une peccadille, au vu des idées dont fourmille le film, à l’instar de son excellent début. Sartana se fait volontairement emprisonner dans un camp où les détenus sont enfermés dans des cellules souterraines. L’image des bras dépassant des barreaux au sol est marquante. De fait, le film développe un sadisme beaucoup plus prégnant que dans les autres épisodes. Les prisonniers sont moqués et maltraités, et plus tard dans le film, on nous présente un général qui distribue des coups de fouets à tire-larigot.

Une trainée de poudre…les pistoleros arrivent! est un film jubilatoire qui pourrait toutefois déplaire aux puristes de par son aspect décomplexé

En définitive, et sans mauvais jeu de mots au vu de l’arsenal de notre héros, Une trainée de poudre…les pistoleros arrivent! constitue le point d’orgue qualitatif de la série. Certains seront peut-être agacés par ses excès et préfèreront le premier épisode, plus sombre, plus sérieux et plus riche au niveau de ses possibles interprétations du personnage. Néanmoins, le métrage n’en demeure pas moins le plus jouissif de la série pour ceux qui ne sont pas rebutés par l’esprit bande-dessinée. Garko tire donc sa révérence de fort belle manière, avant que George Hilton ne reprenne son personnage dans un ultime épisode pour l’amener sur le terrain glissant de l’auto-parodie.

Critique : Kevin Martinez

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Affiche du film Une trainée de poudre les pistoleros arrivent

© 1972 Devon Film,
Copercines, Les films Marbeuf. Tous droits réservés

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