Un héros : la critique du film (2021)

Drame, Policier | 2h07mn
Note de la rédaction :
9/10
9
Photo du film Un héros

  • Réalisateur : Asghar Farhadi
  • Acteurs : Amir Jadidi, Mohsen Tanabandeh, Fereshteh Sadre Orafaee, Sarina Farhadi
  • Date de sortie: 22 Déc 2021
  • Année de production : 2021
  • Nationalité : Iranien, Français
  • Titre original : قهرمان‎, Ghahreman
  • Titres alternatifs : A Hero (titre international)
  • Autres acteurs : Sahar Goldust, Maryam Shahdaei, Alireza Jahandideh, Ehsan Goodarzi
  • Scénariste : Asghar Farhadi
  • Directeur de la photographie : Ali Ghazi, Arash Ramezani
  • Monteur : Hayedeh Safiyari
  • Compositeur :
  • Producteurs : Asghar Farhadi, Alexandre Mallet-Guy, Olivier Père
  • Sociétés de production : Memento Production, Asghar Farhadi Production, Arte France Cinéma
  • Distributeur : Memento Distribution
  • Distributeur : (reprise) -
  • Date de sortie reprise : -
  • Editeur vidéo : -
  • Date de sortie vidéo : -
  • Box-office France / Paris-Périphérie : -
  • Box-office nord-américain : -
  • Budget : -
  • Classification : -
  • Format : 1: 2:39 / Couleur (2K) / 5.1
  • Sélection officielle Cannes 2021 : Compétition officielle : Grand Prix
  • Autres festivals et récompenses : -
  • Illustrateur / Création graphique : © Tous droits réservés / All rights reserved
  • Crédits: © Memento Production. Tous droits réservés / All rights reserved
Note des spectateurs :
Bandeau Cannes 2021 vert

© FDC / Philippe Savoir (www.filifox.com)

Un héros marque le grand retour d’Asghar Farahdi avec un drame puissant et épuré, qui frappe par la rigueur de son écriture, la sobriété de son dispositif et l’émotion de son récit.

Synopsis : Rahim est en prison à cause d’une dette qu’il n’a pas pu rembourser. Lors d’une permission de deux jours, il tente de convaincre son créancier de retirer sa plainte contre le versement d’une partie de la somme. Mais les choses ne se passent pas comme prévu…

L’étoffe d’un héros

Critique : Un héros permet de retrouver Asghar Farhadi à son sommet. Son long métrage précédent, Everybody Knows (compétition officielle Cannes 2018) avait laissé un goût d’inachevé. Tourné en Espagne avec des stars (Penélope Cruz et Antonio Banderas), le film semblait marquer un tarissement de son inspiration. Coproduction franco-iranienne, Un héros est en revanche conforme aux grandes œuvres qui avaient assuré sa réputation internationale. Le métrage a été tourné à Chiraz, ancienne capitale de la Perse située au sud de l’Iran, et l’une des villes culturelles et artistiques du pays. On sent le cinéaste à l’aise avec ce cadre. Le scénario qu’il a méticuleusement élaboré permet de décrire un cas de conscience, comme cela avait déjà été le cas avec ses quatre chefs-d’œuvre que sont À propos d’Elly, Une séparation, Le passé et le client.

Rahim (Amir Jadidi) a été mis en prison à cause d’une dette à l’égard de ex-beau-frère, Braham (Mohsen Tanabandeh). Au cours d’une permission, sa fiancée trouve un sac contenant des pièces d’or. Son contenu permettrait de rembourser Braham mais elle persuade Rahim de passer une annonce pour que le propriétaire du sac récupère l’argent. Rahim agit de la sorte et met au courant la direction de la prison… L’enchaînement des péripéties et divers retournements de situation feront alterner les phases d’espoir et de désillusion. « Chacun a ses raisons », affirmait Renoir. C’est également le cas des personnages de Farhadi qui doivent constamment justifier leurs intentions, au prix de preuves absurdes ou de négociations sans fin.

Le retour d’un maître de cinéma

Un héros, film de Asghar Farhadi

Un héros. Copyright Amirhossein Shojaei © 2021. Memento Production. Tous droits réservés.

Farhadi excelle dans sa description d’une société codifiée qui contrôle les individus à outrance, où un homme ordinaire peut devenir un héros ou un moins que rien au gré des circonstances. Il dénonce sans concessions les rouages d’une administration bureaucratique, les ambiguïtés de l’action associative, le cynisme de la téléréalité et même les ravages des réseaux sociaux : en Iran comme partout dans le monde, la réputation d’un individu se fait désormais par la voie numérique et les nouveaux lyncheurs ont désormais un compte Facebook ou Instagram. Nul manichéisme pourtant dans la vision de Farhadi. Si les personnages de la sœur (Fereshteh Sadre Orafaee) ou du chauffeur de taxi sont des modèles de bienveillance, d’autres protagonistes peuvent laisser planer un doute sur leurs traits de personnalité.

Et si Rahim lui-même était un manipulateur ? La fille en apparence malveillante de Braham (Sarina Farhadi) n’agit-elle pas au nom de l’amour d’un père ?  L’une des richesses du cinéma de Farhadi réside précisément dans cette vision contrastée des rapports humains, qui nous fait constamment douter de ce que nous voyons et entendons. Quant à la mise en scène, elle est un modèle de sobriété et d’épure (plans-séquences minimalistes, absence de musique), qui n’empêche en rien de suivre le déroulement de l’action comme s’il s’agissait d’un thriller. Et pour la première fois, Farhadi apporte une authentique touche émotionnelle (par la voie du personnage d’un enfant), sans glisser vers la sensiblerie. Au final, Un héros est un film majeur et devrait trouver un large public.

Critique de Gérard Crespo

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