Samba : la critique du film (2014)

Comédie dramatique, Romance | 1h58min
Note de la rédaction :
6/10
6
Samba, avec Omar Sy, affiche du film

  • Réalisateur : Éric Toledano Olivier Nakache
  • Acteurs : Omar Sy, Christiane Millet, Hélène Vincent, Izïa Higelin, Tahar Rahim, Charlotte Gainsbourg
  • Date de sortie: 15 Oct 2014
  • Nationalité : Français
  • Titre original : Samna
  • Titres alternatifs :
  • Année de production : 2014
  • Scénariste(s) : Eric Toledano, Olivier Nakache
  • Directeur de la photographie : Stéphane Fontaine
  • Compositeur : Ludovico Einaudi
  • Société(s) de production : Gaumont, Quad Cinéma, Ten Films, Films Production
  • Distributeur : Gaumont
  • Éditeur(s) vidéo : TF1 Studio
  • Date de sortie vidéo :
  • Box-office France / Paris-périphérie : 3 160 728 entrées / 662 605 entrées
  • Box-office nord-américain 151 53$
  • Budget : 15 390 000 €
  • Rentabilité :
  • Classification : Tous publics
  • Formats : 1.85 : 1 / Couleurs / Son : Dolby SR - SRD
  • Festivals et récompenses : Nomination du César de la Meilleure actrice dans un second rôle (Izïa Higelin)
  • Affiche / Photographies : Le Cercle Noir pour The Alamo d'après des photos de David Kostas
  • Crédits : © 2014 Splendido - Quad Cinema / Ten Film / Gaumont / TF1 Films Production / Korokoro - Photos : David Kostas
Note des spectateurs :
[Total : 1   Moyenne : 3/5]

Samba est une œuvre de complicité entre les auteurs d’Intouchables et l’acteur Omar Sy. Ce dernier confirme un vrai charisme de cinéma, au cœur d’un récit humain, sobre et drôle, fort de beaux sentiments, au fil d’une danse pour le droit à exister dans une société fermée, qui frôle parfois le cliché.

Synopsis : Samba, sénégalais en France depuis 10 ans, collectionne les petits boulots ; Alice est une cadre supérieure épuisée par un burn out. Lui essaye par tous les moyens d’obtenir ses papiers, alors qu’elle tente de se reconstruire par le bénévolat dans une association. Chacun cherche à sortir de son impasse jusqu’au jour où leurs destins se croisent… Entre humour et émotion, leur histoire se fraye un autre chemin vers le bonheur. Et si la vie avait plus d’imagination qu’eux ?

L’impossible défi de toucher à l’intouchable une seconde fois

Critique : Après la multinationale Intouchables, phénomène francophone à plus de 400 millions de dollars de recettes dans le monde, que toute la France a acclamé pour devenir l’un des films préférés du public contemporain, il n’était pas aisé pour Olivier Nakache et Eric Toledano de rebondir, d’autant plus que si leur œuvre a été acclamée et qu’ils ont fait le tour de la planète applaudis généreusement par les audiences du film, c’est Omar Sy qui ressortait le plus glorieux de cette histoire. Beaucoup de Français ignorent encore jusqu’aux noms des deux cinéastes.

Charlotte Gainsbourg, radieuse dans Samba

© 2014 Splendido – Quad Cinema / Ten Film / Gaumont / TF1 Films Production / Korokoro – Photos : David Kostas

Aussi, avec Samba, ils ne prennent guère leur distance par rapport à leur titre de gloire, puisqu’ils reviennent à la comédie sociale où les contraires s’attirent. Néanmoins, là où l’amitié réunissait le tandem Omar Sy et François Cluzet, c’est l’attirance physique, l’amour, qui sert de moteur entre le personnage de cadre joué par Charlotte Gainsbourg et le sans-papiers en lutte constante pour rester sur le sol hexagonal, incarné avec brio par l’ancien comique du SAV.

Comme dans Intouchables, toutefois, le personnage « blanc », bien assis socialement, est toutefois largement fragilisé : le handicap moteur de l’un fait place à la dépression de l’autre. Gainsbourg joue d’ailleurs avec vulnérabilité cette caractéristique humaine, lui apportant toute sa beauté, dans sa simplicité et sa sobriété. Elle est remarquable.

Samba, une redite ?

Mais peut-on considérer Samba comme une redite d’Intouchables ? Pas forcément, on parlerait d’avantage d’un approfondissement dans la carrière d’auteurs cohérents se basant sur un matériau littéraire qui, a priori, n’avait rien à voir avec Intouchables. Nakache et Toledano aiment explorer les forces et les failles de leurs personnages et fondent pour les complicités qui transpirent à l’écran : on se souvient encore avec émotion du beau duo joué par Depardieu et Jean-Paul Rouve dans Je préfère qu’on reste amis, premier film, très prometteur en 2004, dix ans auparavant.

Dans Samba, ils transgressent les règles de l’amitié, avec un vrai beau personnage féminin, comme il n’y en a jamais eu dans leur œuvre. Brisée, fêlée, la cadre qui donne dans le soutien associatif aux sans-papiers, est un beau cliché de « bons sentiments » dans une société aveugle trop bien connue. Elle fait voler en éclats les cloisons qui séparent les communautés, sociales, ethniques ou de genre, pour se reconstruire aux côtés d’êtres démunis l’emplissant pourtant de ce quelque chose qui lui manquait, communément appelé l’humanité.

Sur la corde raide entre beaux et bons sentiments

La frontière entre les beaux et les bons sentiments n’est jamais très loin, et l’on sent poindre peut-être parfois un élan de manichéisme, ou du moins se manifeste-t-il dans la maladresse… L’ouverture, visuellement vertigineuse, forte d’un budget cossu évident, nous conduit du faste d’un grand restaurant où festoie la clientèle aisée, jusqu’aux cuisines, où labeur et détresse s’agitent en la personne défaite d’Omar Sy, qui semble synthétiser toute la misère du monde sur son visage triste.

Omar Sy et Tahar Rahim

© 2014 Splendido – Quad Cinema / Ten Film / Gaumont / TF1 Films Production / Korokoro – Photos : David Kostas

Cet aspect existait déjà dans Intouchables et n’en n’avait nullement diminué sa portée. Il ne vient en rien rabaisser le discours fort de Samba, comédie, romance, mais aussi véritable thriller social, vision commerciale mais non inintéressante du cinéma d’Alain Gomis (L’Afrance).

Au final, Samba regorge de charmes, de drôleries et de moments dramatiques intenses. Il nous interpelle, en filigrane, sur notre vision de l’immigration, notre modèle d’intégration, le droit à l’accueil dans des conditions de labeur parfois contradictoires (quel emploi une société en panne peut-elle offrir ?), mais octroie l’essentiel de ses intentions sur l’humain, l’être, celui qui défie les appartenances communautaires pour toucher à l’universel. Avec la prestance de la caméra des deux auteurs, le résultat est probant.

Critique de Frédéric Mignard

Les sorties de la semaine du 15 octobre 2014

Samba, avec Omar Sy, affiche du film

© 2014 Splendido – Quad Cinema / Ten Film / Gaumont / TF1 Films Production / Korokoro – Photos : David Kostas

Box-office :

Sorti le 15 octobre 2014 dans 693 salles, Samba a dû affronter une grosse concurrence dans le nombre important de nouveautés : les Ninja Turtles (664 salles), Le Labyrinthe (456 salles), Les Boxtrolls (293 salles), Geronimo de Gatlif (90 copies), Le sel de la terre de Wenders et Salgado (77 copies) et le film de Gregg Araki White Bird (58 copies), sans oublier Balade entre les tombes avec Liam Neeson.

Samba, un tour du monde moins rentable que celui unique d’Intouchables

Samba a la lourde tâche de succéder aux 19 479 088 entrées du phénomène de société Intouchables (2011). Pour reproduire un tel succès, il faut avoir de la chance. Samba devra se contenter d’un joli succès à 3 148 674 spectateurs. Un gros score, mais très loin des résultats populaires des films de Dany Boon post Bienvenue chez les Ch’tis. Malgré la présence de Omar Sy, Samba ne dépassera pas les 5 millions d’entrées.

Le film se défend toutefois sur la durée, avec 942 343 entrées en première semaine avec les avant-premières,, 768 506 entrées en deuxième semaine, et toujours une belle moyenne supérieure à 1 100 spectateurs par salle, et 511 891 spectateurs en 3e semaine. La comédie sociale passera au total 6 semaines au-dessus des 100 000 entrées.

Dans le monde, Samba trouvera un écho favorable auprès des Espagnols, des Allemands, des Néerlandais et de nos voisins belges et espagnols. Avec 151 530$ aux USA, la comédie passe largement inaperçue. Son prédécesseur, Intouchables, avait été un vrai phénomène non anglophone sur le territoire américain, avec 10 198 820$.

La carrière de Samba, aussi bonne soit-elle, sera bien loin de soulever l’enthousiasme des foules mondiales. Toledano et Nakache n’ont pourtant pas démérité.

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Samba, avec Omar Sy, affiche du film

Bande-annonce de Samba

Comédie dramatique, Romance

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