Les quatre mercenaires d’El Paso : la critique du film (1972)

Western | 1h32min
Note de la rédaction :
4/10
4
Les 4 mercenaires d'El Paso : affiche

Note des spectateurs :
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A force de trop vouloir mélanger les genres, Les quatre mercenaires d’El Paso est un film qui ne sait malheureusement pas trop sur quel pied danser.

Synopsis : Roy King est le leader d’un groupe de brigands qui vient de réussir le casse du siècle. Mais ce dernier se fait spolier par une femme qu’il vient tout juste d’épouser. Pour se remettre à flot, il accepte de détruire un arsenal de l’armée mexicaine dans le but d’empocher un million de dollars. Mais il semblerait que l’ex-femme de King tire de nouveau les ficelles…

Violence inoffensive

Critique : Les quatre mercenaires d’El Paso est un film caractéristique de la première vague de westerns spaghetti comiques et n’atteint pas le degré de vulgarité propre au “western fayot”. Le ton est ici bon enfant mais n’empêche pas le film de proposer son lot de gunfights mis en scène de manière efficace par Eugenio Martin, qui avait auparavant œuvré sur deux westerns, dont le très recommandable Les tueurs de l’Ouest. Malheureusement, le spectateur peine à se sentir concerné par les enjeux de ces fusillades, la faute à ce ton inapproprié et à un scénario beaucoup trop rocambolesque.

Les quatre mercenaires d’El Paso propose un casting de choix

Un des éléments engageants du film réside dans sa distribution. Hélas, le grand Lee Van Cleef est quasiment transparent et semble peu concerné, de même que James Mason. Leur effacement peut être imputé néanmoins au script qui les met sous la coupe d’une femme fatale. Gina Lollobrigida incarne cette véritable protagoniste, qui est la seule à tirer son épingle du jeu. Les amateurs de westerns italiens seront heureux de retrouver comme bien souvent Eduardo Fajardo dans le rôle du méchant. De même que l’excellent Gianni Garko qui incarne quant à lui un des acolytes de King dans un rôle très secondaire.

Les quatre mercenaires d’El Paso manque de cohérence

Les quatre mercenaires d’El paso mêle donc de manière hasardeuse violence et comédie mais aussi “western zapata” puisqu’il prend pour cadre la révolution mexicaine. Mais contrairement à ce que l’on a pu voir chez Sollima ou Corbucci, le cadre n’amène en aucun cas à un propos politique. Tout se résume à ce ton gentillet, préservé à grand renfort de scènes burlesques. On peut ainsi voir en quelques minutes King se marier, être dépossédé de ses biens et envoyé à l’asile. Mais le pire est cette scène où l’on voit le leader des révolutionnaires se faire bombarder et ressortir de l’explosion hirsute et couvert de suie comme dans un cartoon. Ces décalages enfantins dédramatisent le propos du film et rendent le spectateur peu concerné.

Une bande-son à l’Ouest

La musique enfin est caractéristique de ce manque de cohérence. En effet, avec ses quatre compositeurs, la bande originale réussit la prouesse de ne proposer aucun morceau adapté au genre. On se retrouve avec des thèmes proches du cabaret, voire du rock seventies ou même du cirque. Un désastre total. Cerise sur le gâteau avarié, la surabondance de morceaux chantés fait que l’on a parfois davantage l’impression de regarder un film musical qu’un western spaghetti.

Les quatre mercenaires d’El Paso déçoit aussi car il peine à cerner son propos, le thème de la révolution mexicaine ne servant que de cadre à une séquence de fort assiégé. Ce la n’empêchera pas Eugenio Martin de le réinvestir l’année suivante avec son Pancho Villa.

Critique : Kevin Martinez

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Les 4 mercenaires d'El Paso : affiche

Illustrateur Yves Thos. Tous droits réservés.

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