Les Monstres attaquent / Gamera contre Barugon : critique du film et test 4K UHD (1969)

Science-fiction, Film de monstres, Aventures | 1h40min
Note de la rédaction :
6/10
6

  • Réalisateur : Shigeo Tanaka
  • Acteurs : Kôjirô Hongô, Kyôko Enami, Kôji Fujiyama, Jutarô Kitashiro (Jutarô Hôtô)
  • Date de sortie: 31 Déc 1969
  • Année de production : 1966
  • Nationalité : Japonais
  • Titre original : Daikaijû kettô: Gamera tai Barugon (大怪獣決闘 ガメラ対バルゴン)
  • Titres alternatifs : Duel de monstre géants : Gamera contre Barugon (VHS) / Gamera contre Barugon (titre vidéo français) / Gamera vs. Barugon (titre international) / Godzilla - Der Drache aus dem Dschungel (Allemagne) / Los monstruos del fin del mundo (Espagne) / Gamera Contra Barugon (Portugal) / Attenzione! arrivano i mostri (Italie)
  • Casting : Kôjirô Hongô, Kyôko Enami, Yûzô Hayakawa, Takuya Fujioka, Kôji Fujiyama, Shô Natsuki, Yoshirô Kitahara, Ichirô Sugai, Bontarô Miake, Jutarô Kitashiro, Kazuko Wakamatsu, Yuka Konno, Eiichi Takamura, Ken'ichi Tani, Kôichi Itô, Hikaru Hoshi, Osamu Abe, Yoshihiro Hamaguchi, Jun Osana, Joe Ohara, Tsutomu Nakata, Yûji Moriya, Shinji Kawashima, Gai Harada, Kazuo Mori, Yasuo Araki, Shin Minatsu, Takehiko Gotô, Toichiro Kagawa, Kenichiro Yamane, Nobuko Shingû, Hiroko Nishi, Michiyo Hikari, Takashi Masuda, Genzô Wakayama, Abdo Apanai, Yukie Kagawa, Teruo Aragaki, Jacques Enghien
  • Scénariste : Niisan Takahashi
  • Monteur : Tatsuji Nakashizu
  • Directeur de la photographie : Michio Takahashi
  • Compositeur : Chûji Kinoshita
  • Chef des effets spéciaux : Noriaki Yuasa
  • Chef décorateur :
  • Directeur artistique : Atsuji Shibata
  • Producteur : Masaichi Nagata
  • Producteurs exécutifs :
  • Société de production : Daiei Studios
  • Distributeur : CPF (Compagnie Parisienne de Films)
  • Editeurs vidéo : WE Productions (DVD sous le titre Gamera contre Barugon, en coffret uniquement, 2010) / Roboto Films (blu-ray et 4K UHD, 2025)
  • Dates de sortie vidéo : 24 février 2010 (DVD) / 16 décembre 2025 (blu-ray et 4K UHD)
  • Budget : 80 000 000 yens
  • Box-office France / Paris-Périphérie : 278 792 entrées / 22 854 entrées
  • Classification / Visa : Tous publics / 36 092
  • Formats : 2.35 : 1 / Couleurs / Son : Mono
  • Festivals :
  • Nominations :
  • Récompenses :
  • Illustrateur/Création graphique : © Tous droits réservés / All rights reserved
  • Crédits : © Kadokawa Corporation. Tous droits réservés / All rights reserved
  • Franchise : 2ème film de la franchise Gamera et également deuxième film de l'ère Showa.
Note des spectateurs :

Deuxième volet de la franchise Gamera, Les Monstres attaquent, également connu sous le titre vidéo Gamera contre Barugon est une œuvre plus sérieuse, surtout destinée aux adultes, mêlant aventures, conflits intérieurs et destruction de maquettes. Assurément le film le plus luxueux de la saga des années 60.

Synopsis : Barugon, créature reptilienne mythologique, ravage le Japon. Gamera, protecteur de la Terre, se mettra au travers de sa route…

Gamera voit double en matière de budget

Critique : En 1965, Gamera (Noriaki Yuasa) rencontre un énorme succès au Japon, ce qui incite le producteur Masaichi Nagata à mettre aussitôt en chantier une suite. Toutefois, au lieu de conserver une dimension de série B, le producteur voit grand et entreprend un projet devant s’élever au niveau des séries A du studio Daiei. Ainsi, il est décidé d’allouer au long métrage un budget de 80 000 000 de yens (soit le double du premier) et d’en faire un spectacle en couleurs (contre le noir et blanc du numéro 1). Enfin, le film est confié à un vétéran du studio, le réalisateur Shigeo Tanaka, connu pour ses superproductions comme La Grande muraille (1962).

Les Monstres attaquent ou Gamera contre Barugon, photo 1

© 1966 Kadokawa Corporation. All Rights Reserved.

Afin d’être certain que le vieux monsieur s’en sorte avec les scènes à effets spéciaux, on lui adjoint Noriaki Yuasa, réalisateur du premier volet, afin de créer les scènes d’affrontement des monstres géants que sont Gamera et Barugon. Le scénario quant à lui est à nouveau confié à Niisan Takahashi, mais on lui donne comme consigne de changer le ton pour viser un public plus adulte. Ainsi, Les Monstres attaquent, aussi appelé en vidéo Gamera contre Barugon, va émarger du côté du film d’aventures autant que du côté du kaïju eiga.

Une première heure sous le signe du film d’aventures pour adultes

Certes, le film débute par le retour sur terre de la tortue volante et par la destruction d’un barrage très impressionnante car réalisée à l’aide de maquettes très élaborées, mais la suite se propose de suivre un groupe d’aventuriers partis à la recherche d’une opale en Nouvelle-Guinée. Dès lors, il faudra attendre une cinquantaine de minutes avant de revoir les monstres géants. Pourtant, cela ne fait pas de ce second volet un mauvais bougre pour autant car cette partie offre à la saga des personnages humains enfin développés.

Toute l’intrigue qui mène à l’éclosion de l’œuf de Barugon est menée avec un certain sens de l’efficacité par le cinéaste Shigeo Tanaka. Le métrage fait preuve d’un sérieux à toute épreuve et se permet même des pics de violence plutôt inattendus dans une production initialement prévue pour les enfants. Ainsi, on aime beaucoup le méchant interprété par Kôji Fujiyama dont l’avidité lui commande des meurtres particulièrement violents.

Des personnages humains plus complexes que d’habitude

Face à lui, le comédien Kôjirô Hongô est absolument parfait dans un emploi ambigu puisqu’il accepte initialement de se joindre à cette expédition par amour de l’argent, avant de prendre conscience des conséquences néfastes de ses actes. Il fallait bien un acteur aussi intériorisé que lui pour donner corps aux angoisses de ce personnage de héros pas si unidimensionnel que cela. En revanche, l’excellente actrice dramatique Kyôko Enami écope d’un emploi plus frustre, à deux doigts de la potiche. Elle méritait assurément mieux car son jeu s’avère toujours probant.

Les Monstres attaquent ou Gamera contre Barugon, photo 2

© 1966 Kadokawa Corporation. All Rights Reserved.

Réalisé avec un beau sens de l’efficacité, Les Monstres attaquent dispose également d’une photographie luxueuse créée par le grand Michio Takahashi, connu pour son travail remarquable sur Hiroshima mon amour (Alain Resnais, 1959). Gamera contre Barugon propose donc une palette de couleurs chatoyantes qui en fait une production de bien belle tenue.

Le film perd en intérêt lorsque les monstres attaquent

Malheureusement, la dernière partie qui se concentre davantage sur les fameux monstres est nettement moins passionnante. Leurs combats ont beau être assez violents (les bestioles saignent, ce qui était nouveau dans le genre), les grosses bêtes demeurent assez maladroites dans leurs évolutions. Pourtant, les effets spéciaux demeurent plutôt performants grâce à des maquettes très soignées, mais les costumes des kaïju pâtissent de la couleur et trahissent quelque peu le fait qu’ils sont portés par des acteurs.

En tout cas, malgré cette baisse de régime en deuxième partie, Les Monstres attaquent fait assurément partie des bons kaïju eiga car les protagonistes humains ont été davantage développés et qu’aucun enfant ne vient nous irriter durant la projection. Si le film a bien fonctionné au box-office japonais, il a toutefois déçu les attentes des producteurs qui ont misé trop gros pour pouvoir pleinement rentrer dans leurs frais.

Les monstres attaquent, affiche

© 1966 Kadokawa Corporation. All Rights Reserved.

Gamera contre Barugon

Dès lors, le producteur Masaichi Nagata a estimé que le sérieux du film a été un frein pour le jeune public qui s’est ennuyé durant un film trop long pour eux, où seules trois scènes de combats titanesques sont proposées. Dès lors, il va faire machine arrière avec le troisième volet de la saga en rappelant Noriaki Yuasa à la direction et en imposant à nouveau un ton plus enfantin.

Alors que le premier Gamera n’est jamais sorti en France, Gamera contre Barugon a bien eu le droit à une sortie française sous le titre Les Monstres attaquent à partir du 31 décembre 1969, soit trois ans après sa sortie japonaise. Le distributeur CPF (Compagnie Parisienne de Films) lui a trouvé quatre salles parisiennes (l’Amiral, la Cigale, le St-Antoine et le Barbizon) pour une première semaine regroupant 22 854 fans de cinéma fantastique. Sur l’ensemble de la France, la baudruche écrase 278 792 spectateurs de tout son poids.

Par la suite, lors de ses sorties en DVD, puis récemment en blu-ray et 4K UHD, le long métrage a été titré Gamera contre Barugon.

Critique de Virgile Dumez

Les sorties de la semaine du 31 décembre 1969

Acheter le coffret Gamera : Showa volume 1 en 4K UHD

Gamera contre Barugon, l'affiche japonaise

© 1966 Kadokawa Corporation. All Rights Reserved.

Biographies +

Shigeo Tanaka, Kôjirô Hongô, Kyôko Enami, Kôji Fujiyama

Mots clés

Cinéma japonaiskaiju eigaFilm de monstres, Franchise : Gamera

Le test du coffret Gamera, trilogie Showa volume 1 en UHD 4K

L’éditeur Roboto Films nous gâte pour Noël avec ce premier volume consacré au monstre aimé des enfants Gamera. La tortue géante bénéficie de superbes restaurations en 4K et de suppléments pour collectionneurs. Test réalisé à partir du produit finalisé.

Packaging & Compléments : 5 / 5

Le coffret se présente sous la forme d’un étui rigide illustré par Kevin West et Carlos Cabrera, comprenant trois Digipack, un livre de 61 pages et un jeu de 10 photos de tournage cartonnées. Le tout propose un design parfaitement adapté à la franchise. En ce qui concerne le livre, Jordan Guichaux revient en détail sur la conception, le tournage et la réception des trois premiers films de la saga, avec pléthore d’anecdotes. Le tout est illustré de plusieurs photos, malheureusement pas toujours très belles. Ensuite, il offre une perspective intéressante sur le reste de la saga, jusqu’à l’effondrement économique de la Daiei. C’est absolument passionnant et riche d’enseignements.

Gamera, jaquettes détails

© 1965 Kadokawa Corporation / Jaquettes : Roboto Films. Tous droits réservés.

Sur la galette de Gamera contre Barugon, on retrouve Fabien Mauro qui intervient durant 20 minutes passionnantes à propos de la création de ce deuxième volet. Il y donne pléthore d’informations sur le casting, mais aussi sur le tournage et la réception peu enthousiaste de la part des enfants. Il signale au passage l’extrême violence d’une œuvre pourtant destinée au départ aux petits. Ce qui explique sans doute le moindre succès du film, mais aussi le fait qu’il est davantage apprécié des adultes.

Enfin, on retrouve les restaurateurs du film, Shinji Iguchi et Shunichi Ogura durant 10 minutes. Ils indiquent que leur travail a surtout consisté en un nouvel étalonnage du film afin de renforcer les couleurs, sans dénaturer le rendu d’origine. Enfin, les bandes-annonces des coffrets de l’éditeur sont consultables.

L’image UHD 4K de Gamera contre Barugon : 5 / 5  

La restauration 4K est de toute beauté, permettant aux spectateurs de redécouvrir ces films dans toute leur splendeur photographique originelle. Les images sont ici parfaitement définies, d’une précision chirurgicale tout en gardant un aspect cinématographique. Grâce à la UHD, les couleurs éclatent littéralement, notamment lors des séquences diurnes, faisant du film un festival pour la rétine. Du très beau travail.

Le son UHD 4K de Gamera contre Barugon : 4 / 5 

Malgré sa sortie française, l’éditeur ne propose ici qu’une version originale sous-titrée en mono DTS-HD Master Audio. Le rendu est tout à fait probant dans les limites de ce format sonore un peu frontal. Les voix des comédiens se détachent bien tandis que la musique et les cris des monstres ne saturent jamais l’espace sonore.

Test blu-ray 4K UHD : Virgile Dumez

Gamera, jaquette UHD 4K

© 1965 Kadokawa Corporation. / Jaquette : Kevin West, Carlos Cabrera pour Roboto Films. Tous droits réservés.

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