Gamera : la critique du film et le test 4K UHD (1965)

Science-Fiction, Fantastique, Film de monstre, Film pour enfants | 1h18min
Note de la rédaction :
5,5/10
5,5
Gamera, affiche japonaise

  • Réalisateur : Noriaki Yuasa
  • Acteurs : Eiji Funakoshi, Harumi Kiritachi, Jun’ ichirō Yamashita (Junichiro Yamashita), Yoshiro Uchida, Kôji Fujiyama, Jutarô Kitashiro (Jutarô Hôtô)
  • Date de sortie: 27 Nov 1965
  • Année de production : 1965
  • Nationalité : Japonais
  • Titre original : Daikaijû Gamera (大怪獣ガメラ)
  • Titres alternatifs : Gamera, le monstre géant (Québec et DVD, France) / Gamera: The Giant Monster (titre international) / Gamera - Frankensteins Monster aus dem Eis (Allemagne) / El mundo bajo el terror (Espagne) / Gamera: monstrul gigantic (Roumanie) / Gamera: Az óriás szörny (Hongrie)
  • Casting : Eiji Funakoshi, Harumi Kiritachi, Junichiro Yamashita, Yoshiro Uchida, Michiko Sugata, Yoshirô Kitahara, Jun Hamamura, Kenji Ôyama, Munehiko Takada, Yoshio Yoshida, Jun Osanai, Daihachi Kita, Kazuo Mori, Kôji Fujiyama, Osamu Ôkawa, Ikuji Oka, Bokuzen Hidari, Fumiko Murata, Shigeru Katô, Jutarô Kitashiro, Daigo Inoue, Takehiko Gotô, Chizuru Kô, Ryôko Oki, Ken'ichi Tani, Akira Shimizu, Yasuo Araki, Kenji Ôba, Ichigen Ohashi, Fujii Tatsushi, Yûji Moriya, Kenichiro Yamane, Tsutomu Nakata, Wakayo Matsumura, Misato Kawashima, Saburo Kurihara, Tetsurô Takeuchi, Shin Minatsu, Rin Sugimori, Shin'ichi Matsuyama, Toichiro Kagawa, Kyôsuke Shiho, Shunji Sayama, Ken Nakahara, Shigeo Hagiwara, Tetsu Furuya, Osamu Maruyama, Toshio Maki, Kazuo Sumida, Ichiro Ise, Shinji Sayama, Hajime Munechika, Tsukako Fujino, Abdo Apanai, Richardson, Streihan, Ranson, Hank Brown, Hartman, Gunter Braun, Jacques Enghien, Teruo Aragaki, Kazuo Yagi
  • Scénaristes : Niisan Takahashi, Yonejirō Saitō
  • Monteur : Tatsuji Nakashizu
  • Directeur de la photographie : Nobuo Munekawa
  • Compositeur : Tadashi Yamauchi
  • Designer du monstre : Takayama Ryôsaku
  • Chef décorateur :
  • Directeur artistique :
  • Producteurs : Hidemasa Nagata, Yonejirô Saitô
  • Producteur exécutif : Masaichi Nagata
  • Sociétés de production : Daiei Studios
  • Distributeur : Film inédit dans les salles françaises. La date ci-dessus est celle de la sortie japonaise.
  • Distributeur reprise :
  • Date de sortie reprise :
  • Editeurs vidéo : WE Productions (DVD sous le titre Gamera, le monstre géant, en coffret uniquement, 2010 / Roboto Films (blu-ray et 4K UHD, 2025)
  • Dates de sortie vidéo : 24 février 2010 (DVD) / 16 décembre 2025 (blu-ray et 4K UHD)
  • Budget : 40 000 000 yens
  • Box-office France / Paris-Périphérie :
  • Box-office nord-américain / monde :
  • Rentabilité :
  • Classification :
  • Formats : 2.35 : 1 / Noir et Blanc / Son : Mono
  • Festivals :
  • Nominations :
  • Récompenses :
  • Illustrateur/Création graphique : © Kevin West, Carlos Cabrera (jaquette blu-ray 4K UHD). Tous droits réservés / All rights reserved
  • Crédits : © Kadokawa Corporation. Tous droits réservés / All rights reserved
  • Attachés de presse :
  • Tagline :
  • Franchise : 1er film de la franchise Gamera et également premier film de l'ère Showa.
Note des spectateurs :

Premier kaijū eiga clairement destiné aux enfants, Gamera ne démérite pas en matière d’action pétaradante, bien que sa dimension enfantine le desserve nécessairement. Un spectacle naïf, à apprécier comme tel.

Synopsis : À la suite d’une explosion nucléaire, une tortue préhistorique émerge de l’océan et détruit des villes au large du Japon. Son nom est Gamera.

La Daiei s’attaque au genre du kaijū

Critique : Alors que le genre du kaijū eiga triomphe sur les écrans japonais depuis la sortie événementielle de Godzilla (Ishirô Honda, 1954) par la firme Toho, sa concurrente Daiei ne parvient pas à mettre sur pied des productions équivalentes. Il faut dire que le studio préfère d’ordinaire se consacrer à des drames historiques en costumes ou au genre du chanbara. Pourtant, au milieu des années 60, alors que la Daiei commence à ressentir des signes de faiblesse économique, la société tenue par Hidemasa Nagata tente de se lancer aussi dans le film de monstres.

Gamera, photo 1

© 1965 Kadokawa Corporation. All Rights Reserved.

Un premier essai est tenté en 1964 avec le film Dai gunju Nezura qui raconte une invasion de rats géants sur les cités japonaises. Malheureusement, le tournage doit être interrompu avant la fin des prises de vues car les rats utilisés pour le film ont contaminé le studio. Le désastre est total et les maquettes conçues pour l’occasion semblent destinées à la destruction. Finalement, le producteur Hidemasa Nagata souhaite limiter la casse et propose alors de mettre en chantier un film de monstres avec pour héros une tortue géante qui sera nommée Gamera (1965). Pour cela, il s’inspire directement du film Le Monstre des temps perdus (Eugène Lourié, 1953).

Un jeune réalisateur aux commandes

Au sein du prestigieux studio, personne n’est intéressé par la réalisation d’une telle œuvre de pure commande et seul le jeune Noriaki Yuasa (qui n’a que deux films à son actif, mais aussi une bonne connaissance des effets spéciaux) accepte de se lancer dans l’aventure. Il dispose pour cela d’un budget très serré de 40 millions de yens qui l’oblige à opter pour le noir et blanc, alors que le genre est habituellement tourné en couleurs. Gamera sera d’ailleurs historiquement le dernier kaijū à être réalisé en noir et blanc.

Afin de mettre toutes les chances de succès de son côté, le producteur impose au scénariste Niisan Takahashi d’ajouter un protagoniste enfant (le quelque peu irritant Yoshiro Uchida) afin de rajeunir le public cible de ce type de divertissements. En fait, Gamera représente également une date dans le genre puisqu’il s’agit de la première tentative de séduire le jeune public au détriment des adultes. Pourtant, le début du long métrage fait preuve du plus grand sérieux, convoquant même le spectre de la guerre froide et de la menace nucléaire.

Entre sérieux et film pour enfants, Gamera a du mal à choisir

Ensuite, les scientifiques, militaires et journalistes tentent tous d’empêcher la tortue géante de nuire aux populations de l’archipel puisque celle-ci est à la fois capable de détruire des cités entières, mais aussi de se nourrir des énergies fossiles et même de voler. Le tout est réalisé avec un premier degré qui rend l’ensemble fort agréable lors de la première demi-heure. Malheureusement, Gamera perd des points lorsque le cinéaste impose dans toutes les scènes finales la présence du jeune Toshio au mépris de toute forme de crédibilité.

Gamera, jaquettes détails

© 1965 Kadokawa Corporation / Jaquettes : Roboto Films. Tous droits réservés.

Etrangement, le gamin se trouve toujours au cœur de l’action et visiblement aucun militaire ne semble vouloir l’éjecter de la cellule de crise. Pire, certains scientifiques (dont l’excellent Eiji Funakoshi, que l’on retrouvera plus tard dans le génial La bête aveugle) et même des hauts gradés écoutent les conseils prodigués par le gosse de 12 ans. Autant dire que la crédibilité de l’ensemble en prend un sacré coup.

Des effets spéciaux old school au charme certain

Desservi par cette demande absurde de la part du producteur, Gamera demeure un spectacle sympathique, grâce à une durée resserrée et surtout des effets spéciaux plutôt bien maîtrisés. Certes, les détracteurs du genre pourront toujours se moquer du fait qu’il s’agit toujours d’un acteur costumé qui détruit consciencieusement des maquettes, mais il faut avouer que les décors sont plutôt bien conçus et que les effets de transparence permettant d’inclure les personnages humains sont réussis. Sans doute aidé par sa photographie en noir et blanc relativement sombre, Gamera ne souffre donc pas trop des injures du temps, d’autant qu’il a fait récemment l’objet d’une superbe restauration en 4K.

Plutôt dynamique, le spectacle nécessite de la part du spectateur de retrouver une part d’enfance et de laisser de côté son cynisme pour être pleinement apprécié. La naïveté qui s’en dégage n’est pas sans charme et peut donc légitimement séduire. En tout cas, la réalisation de Noriaki Yuasa fait le job et le succès du film au Japon peut aisément se comprendre.

En revanche, le film est demeuré inédit dans les salles françaises. Il est ensuite sorti en DVD dans un coffret en 2010 sous le titre Gamera, le monstre géant, avant d’être désormais disponible en 4K UHD dans une superbe restauration chez Roboto Films.

Critique de Virgile Dumez

Acheter le coffret Gamera : Showa volume 1 en 4K UHD

Gamera, affiche japonaise

© 1965 Kadokawa Corporation. All Rights Reserved.

Biographies +

Noriaki Yuasa, Eiji Funakoshi, Harumi Kiritachi, Jun’ ichirō Yamashita (Junichiro Yamashita), Yoshiro Uchida

Mots clés

Cinéma japonais, kaiju eiga, Film de monstres, Tokyo au cinéma, Franchise : Gamera, La Guerre froide au cinéma

Le test du coffret Gamera, trilogie Showa volume 1 en UHD 4K

L’éditeur Roboto Films nous gâte pour Noël avec ce premier volume consacré au monstre aimé des enfants Gamera. La tortue géante bénéficie de superbes restaurations en 4K et de suppléments pour collectionneurs. Test réalisé à partir du produit finalisé.

Packaging & Compléments : 5 / 5

Le coffret se présente sous la forme d’un étui rigide illustré par Kevin West et Carlos Cabrera, comprenant trois Digipack, un livre de 61 pages et un jeu de 10 photos de tournage cartonnées. Le tout propose un design parfaitement adapté à la franchise. En ce qui concerne le livre, Jordan Guichaux revient en détail sur la conception, le tournage et la réception des trois premiers films de la saga, avec pléthore d’anecdotes. Le tout est illustré de plusieurs photos, malheureusement pas toujours très belles. Ensuite, il offre une perspective intéressante sur le reste de la saga, jusqu’à l’effondrement économique de la Daiei. C’est absolument passionnant et riche d’enseignements.

En matière de bonus vidéo, chaque film est présenté par Fabien Mauro. Ainsi, pour Gamera, celui-ci revient sur chaque élément déjà présent dans le livre durant 21 minutes. Vous saurez donc tout sur la création de l’œuvre, sur le contexte de l’époque, y compris géopolitique, ainsi que sur la réception du film au Japon. Enfin, la galette offre un entretien de huit minutes avec les restaurateurs japonais du film, en l’occurrence Shinji Iguchi et Shunichi Ogura qui expliquent en détail les défis posés par la restauration en l’absence de points de références, notamment en ce qui concerne l’étalonnage des scènes. Le casse-tête fut donc total pour arriver à un résultat remarquable.

Enfin, l’éditeur propose des bandes-annonces de ses autres coffrets.

Gamera, photo 2

© 1965 Kadokawa Corporation. All Rights Reserved.

L’image UHD 4K de Gamera : 4,5 / 5

Restauré très récemment en 4K par une société japonaise, Gamera s’avère resplendissant, même si le film est en noir et blanc. Le nettoyage de la copie est absolument parfait, malgré deux ou trois plans demeurant flous. L’ensemble fait preuve d’une belle fluidité et d’une stabilité à toute épreuve, tandis que les contrastes sont bien gérés de façon à ne pas tomber dans le travers d’une image trop sombre (à une ou deux exceptions près). La précision de la HD (3840 x 2160 p, encodage HEVC) n’entame finalement pas la crédibilité des effets spéciaux, plutôt réussis dans les limites de l’époque. En tout cas, on y croit.

Le son UHD 4K de Gamera : 4 / 5

Le métrage n’ayant pas été exploité en France, Gamera n’est disponible qu’en version originale sous-titrée et en mono DTS-HD Master Audio. Le résultat s’avère très propre et parfaitement équilibré, avec des voix bien mises en avant et une musique qui ne sature jamais l’espace sonore, sauf lorsqu’elle le doit. Le résultat propose donc un confort optimal de visionnage, dans les limites du format mono.

Test blu-ray : Virgile Dumez

Gamera, jaquette UHD 4K

© 1965 Kadokawa Corporation. / Jaquette : Kevin West, Carlos Cabrera pour Roboto Films. Tous droits réservés.

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