La furie des vampires : la critique du film + le test blu-ray (1973)

Epouvante, Horreur, Fantastique | 1h26min
Note de la rédaction :
6/10
6
Affiche de La furie des vampires

  • Réalisateur : León Klimovsky
  • Acteurs : Paul Naschy, Gaby Fuchs, Barbara Capell, Patty Shepard
  • Date de sortie: 22 Mar 2025
  • Année de production : 1971
  • Nationalité : Espagnol, Allemand
  • Titre original : La noche de Walpurgis
  • Titres alternatifs : The Werewolf Versus the Vampire Woman (International)
  • Scénariste(s) : Paul Naschy, sous le nom de Jacinto Molina & James Molin, Hank Munkel
  • Compositeur : Antón García Abril
  • Directeur de la photographie : Leopoldo Villaseñor
  • Monteur : Antonio Gimeno
  • Chef décorateur : Ludwig Orny
  • Chef maquilleur : José Luis Morales
  • Responsable des effets spéciaux : Antonio Molina
  • Scripte : Erika Szel
  • Producteur : Salvadore Romero
  • Société de production : Plata Films S.A., HIFI Stereo 70 Kg
  • Distributeur : Audifilm
  • Editeur vidéo : Seven 7 (DVD), Rimini (Combo double DVD & Blu-ray)
  • Date de sortie vidéo : 6 avril 2006 (DVD), 18 septembre 2025 (Combo DVD+Blu-ray)
  • Budget : -
  • Box-office France / Paris-Périphérie : 144 711 entrées / 14 000 entrées
  • Classification : Interdit aux moins de 13 ans (12 ans depuis 1990)
  • Formats : Couleur (Eastmancolor) /
  • Illustrateur/Création graphique : © Faugère. Tous droits réservés / All rights reserved
  • Crédits : © 1971 Plata Films S.A., HIFI Stereo 70 Kg. All Rights Reserved
  • Franchise : Quatrième segment de la franchise Waldermar Daninsky
Note des spectateurs :

La furie des vampires est le quatrième film de la saga Waldemar Daninsky avec Paul Naschy. De par son éminente beauté spectrale, il s’agit très certainement du meilleur élément de cette saga éternelle, qui se dévore dans l’ordre de son choix.

Synopsis : Deux étudiantes en sciences occultes sont à la recherche du tombeau de la comtesse Wandessa, personnage historique suspecté de vampirisme. Égarées en pleine campagne, elles sont accueillies dans la demeure isolée du comte Waldemar Daninsky, condamné à se transformer en loup-garou depuis qu’il a été lui-même mordu.

Critique : Au carrefour des influences, entre les productions Universal des années 40 et les films de la Hammer, on retrouve l’antre de la bête, Paul Naschy. L’ancien haltérophile de compétition espagnol, devenu vedette de films d’épouvante dans l’Espagne franquiste, n’a eu de cesse de vouloir conquérir le public pour livrer cours à ses fantasmes cinématographiques de môme. Lui qui, dans les années 40, tombe dans le cinéma de monstre, avec Frankenstein Meets the Wolf Man (1943) de Roy William Neill, s’efforcera de développer le genre horrifique en Espagne une fois sa carrière d’athlète achevée dans la douleur des blessures d’un corps qui se devait de passer à autre chose.

Paul Naschy dans La furie des vampires

© 1971 Plata Films S.A., HIFI Stereo 70 Kg. All Rights Reserved

Et le cinéma pansera ses plaies, malgré les trahisons artistiques, les déceptions commerciales, voire même la disparition d’un de ses films (Las Noche del Hombre Lobo qui ne fut jamais exploité, mais existe-t-il vraiment ?)… Avec son petit budget, La furie des vampires n’était pas prédisposé à devenir l’un des meilleurs opus de cette saga “del Hombre Lobo”. Les vampires du docteur Dracula (chapeau bas au distributeur français qui a su vendre un film de loup garou !) avait bien fonctionné en 1968 mais sa qualité était médiocre. Le troisième épisode, Dracula contre Frankenstein, était un véritable pot “pourri” d’icones ressuscitées avec la générosité du scénariste-comédien, mais encore une fois, le résultat n’était pas toujours à la hauteur de ses ambitions, maltraitées par le réalisateur et les producteurs.

Aussi La furie des vampires, épisode suivant, est un film a priori à petit budget, avec bien peu de personnages, car la fauche ne permet pas la multiplication d’acteurs et la gestion de figurants. Les errances narratives fleurent bon le cinéma de Jean Rollin. Et pourtant, le talent de l’inépuisable León Klimovsky, faiseur argentin de produits en série –  films de guerre, westerns, et dans le cas présent, production d’épouvante bon marché -, épouse parfaitement les exigences du rêveur Paul Naschy, obsédé par la créature qu’il avait fait surgir au cœur du terroir d’une nation qui ne se connaissait pas d’antécédents de ce genre.

Les deux complices savent se fâcher au détour d’un jour de tournage, mais finalement collaborent magnifiquement pour ce qui est devenu l’un des classiques du cinéma fantastique espagnol, un manifeste à la poésie surnaturelle d’un genre magnifié dans ses décors, sa mise en scène inspirée et sa panoplie de créatures maudites, voire pathétiques, qui donnent du baume au cœur. Des vampires au moine zombie qui évoque les Templiers du suiveur Amando de Ossorio ou encore Le manoir de la terreur d’Andrea Bianchi… La furie des vampires déploie ses forces du mal avec sagacité. Satan s’apprête même à fouler le sol français d’une intrigue chère aux obsessions ésotériques et satanistes de son époque.

Patty Shepard dans La furie des vampires

© 1971 Plata Films S.A., HIFI Stereo 70 Kg. All Rights Reserved

Sobre dans l’érotisme qui est tenu et savamment dosé dans l’horreur (le film ne sera qu’interdit au moins de 13 ans lors de son exploitation hexagonale), ce qui commençait comme une mauvaise aventure psychédélique, avec ses deux étudiantes en sciences occultes parties en quête du tombeau de la mythique Wandesa Darvula de Nadasdy, quelque part en Gaule, devient une délicieuse odyssée dans l’irrationnel.

Les curieux qui n’osent pas franchir le pas face à l’âge, la nationalité et le caractère sérial de La furie des vampires peuvent succomber à la tentation. Le résultat ne les oblige pas quant à suivre d’autres délires graphiques de Paul Naschy. Ils en auront pour leur imaginaire débordant.

Box-office de La furie des vampires

Distribué à Paris le 22 mars 1973, quelques mois après Dracula prisonnier de Frankenstein de Jess Franco, et la même année que Blacula le vampire noir, Le Cirque des vampires de Robert Young, et Dracula 73, avec Christopher Lee, La Furie des Vampires trouvé refuge dans deux cinémas de quartier spécialisés dans l’épouvante, le Styx et le Colorado où il attire en première semaine pas moins de 7 800 spectateurs. Savaient-ils que le protagoniste central était un lycanthrope et non un vampire ? Pas forcément. La coproduction franco-allemande y demeure une semaine supplémentaire pour 6 200 retardataires, avant de disparaître de la capitale avec un total de 14 000 spectateurs surpris d’une séance qu’ils n’oublieront pas de si tôt.

Une carrière désormais nationale attend ce petit bijou du bis, pour un petit pactole de 144 711 tickets, certes loin de son million de spectateurs en Espagne où La furie des vampires changera la donne pour un genre réservé alors aux Italiens, aux Britanniques et aux Américains. Ces derniers appellent cela un “game-changer” dans leur langue. On ne les contredira pas.

Frédéric Mignard

Les sorties de la semaine du 22 mars 1973

Affiche de La furie des vampires

© 1971 Plata Films S.A., HIFI Stereo 70 Kg. All Rights Reserved

Le test blu-ray de La furie des vampires

La Furie des vampires est la sixième sortie proposée par l’éditeur Rimini Editions dans la collection Angoisse en 2025, après Les Yeux de feu, La nuit des maléfices, Body Trash, La tour du diable, et Rêves sanglants. Sans aucun doute l’un des meilleurs titres de cette année, toujours attifé d’un packaging collector de toute beauté qui répare les aléas de l’édition décevante proposé par Seven7 en DVD dans les années 2000.

Packaging & Compléments : 4 / 5

On ne change rien du côté du packaging, l’édition est griffée à l’identique que tous les titres de la collection. Visuel exclusif qui déchire. Digipack esthétiquement irréprochable et livret. Un vrai collector dans ce sens.

Le combo blu-ray + 2 DVD propose le long métrage dans deux versions, celle proposée au cinéma dans les années 70, plus courte, non pour des raisons de censure, mais pour mieux rythmer l’ensemble. Ce sont des dialogues qui ont été évincés. La version intégrale n’apporte rien dans la violence, mais restitue le projet psychédélique voulu par Paul Naschy. En parlant du “monstre” du cinéma d’épouvante espagnol, qui aurait fêté ces 91 ans, en septembre 2025, il fait l’objet d’une très bonne présentation de 36 minutes par l’historien du cinéma Laurent Aknin. L’expert relate l’histoire atypique de l’athlète et sa détermination à faire vivre le cinéma d’épouvante en Espagne. Il revient sur l’histoire de la franchise Waldemar Daninsky, avec une belle connaissance du sujet. Marc Toullec consacre également son livret de 24 pages à Paul Naschy avec la même ferveur. Irréprochable.

Pour ceux qui veulent en découvrir davantage sur l’œuvre de Paul Naschy, le numéro 6 du fanzine Black Lagoon, est une prose recommandable. Un dossier complet sur cet auteur figure au numéro.

Packaging 3D de La furie des Vampires, Rimini, Collection Angoisse

Design : Koemzo Artwork

Image : 4 / 5

Le film de plus de 50 ans n’en est pas à sa première restauration, mais cette fois-ci, c’est la bonne. Le copie présentée est globalement propre et lumineuse, avec des couleurs chatoyantes, en dehors de quelques plans plus sombres, notamment dans les transitions. Des progrès considérables qui ne dénaturent jamais l’objet cinématographique. Du bel ouvrage.

Son : 3.5 / 5

Proposé en versions française et originale espagnole, La furie des vampires dans sa version courte cinéma (1h27min) a été nettement upgradé. En espagnol, les dialogues sont clairs, mais l’ensemble sonore manque de profondeur. Le DTS HD 2.0. n’a pas oublié son Mono d’origine qui limite l’exercice. L’habillage sonore existe peu. En français, le doublage sonne parfois très “bis”. La piste sonore paraît plus confuse sans être déshonorante.

C’est évidemment la version longue (1h35min en blu-ray) qui mérite tous les suffrages. Les coupes sont moins marquées. Attention, point de piste française. Ce montage est uniquement disponible en version originale.

Les films d’horreur des années 70

Frédéric Mignard

Jaquette blu-ray de La furie des Vampires

Design : Koemzo Artwork

Biographies +

León Klimovsky, Paul Naschy, Gaby Fuchs, Barbara Capell, Patty Shepard

Mots clés 

Collection Angoisses de RiminiLes films de 1973, Les loups garous au cinéma, Les vampires au cinéma, Cinéma espagnol

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