Avec La Bataille de Gaulle : J’écris ton nom, Antonin Baudry signe une fresque historique spectaculaire et plus portée sur les batailles que le premier opus. Le pari, risqué, est grandement réussi et se doit d’être vu sur un grand écran.
Synopsis : Suite directe de La Bataille de Gaulle : L’âge de fer, qui couvre cette fois la période de 1943 à fin 1944.
La lutte du général pour s’imposer face aux Américains
Critique : La Bataille De Gaulle : L’âge de fer traitait de la période 1940-1942 lorsque le général de Gaulle s’est exilé à Londres pour tenter de mener la résistance au moment où le maréchal Pétain signait l’armistice avec l’Allemagne. Ce volet était nécessairement plus politique que spectaculaire puisqu’il fallait expliquer comment un homme entouré d’une petite poignée de partisans a pu progressivement s’imposer comme la voix de la France, et ceci malgré l’opposition manifeste des Etats-Unis.

© 2026 Pathé Films – TF1 Films Production – Belvédère – Auvergne-Rhône-Alpes Cinéma
Si la première partie s’achevait sur l’assassinat de l’amiral Darlan, la seconde s’ouvre sur l’intronisation par les Américains du général Giraud interprété par un Thierry Lhermitte en plein contre-emploi. Véritable marionnette des Etats-Unis, l’homme ne fait pourtant pas l’unanimité dans les rangs de la résistance, car il est entouré d’anciens vichystes qui ont retourné leur veste. Face à cette autorité fragile, de Gaulle tente de s’imposer à nouveau contre l’avis de Roosevelt qui préfère un homme de paille à un empêcheur de tourner en rond comme le grand Charles.
Comment les Etats-Unis ont tenté de coloniser l’Europe ?
Effectivement, La Bataille De Gaulle : J’écris ton nom révèle au plus grand nombre les manœuvres opérées par les Etats-Unis pour faire de l’Europe une terre entièrement sous leur domination. Ainsi, il était prévu que des préfets d’origine américaine viennent gérer les grandes villes françaises, tandis qu’une monnaie créée de toute pièce par les Américains était prête à inonder le pays libéré. Avec Giraud aux commandes, ce plan aurait sans doute fonctionné, mais pas avec de Gaulle qui entendait restaurer l’indépendance totale de la France grâce à une République provisoire, validée par le peuple français.

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Si le long métrage parvient à nouveau à passionner par son aspect géopolitique et ses jeux de pouvoir, la deuxième partie équilibre davantage séquences de manœuvres politiciennes et d’action. Alors que deux séquences de guerre marquèrent le premier volet, le second est profus en batailles homériques qui justifient cette fois-ci pleinement l’argent dépensé par Pathé et ses nombreux coproducteurs. Cela faisait effectivement longtemps qu’un film tricolore n’avait pas eu une telle ampleur spectaculaire, damant le pion aux productions américaines.
De nombreuses scènes de bataille impressionnantes
De plus, Antonin Baudry a eu l’intelligence de filmer des batailles moins connues du grand public, évitant l’impression de déjà-vu. Il suit notamment les opérations militaires de l’unité de Leclerc en Afrique du Nord, ce qui permet au cinéaste de rappeler l’importance de l’engagement des troupes coloniales dans le conflit. Ces séquences sont époustouflantes, avec de nombreux chars d’assauts, l’engagement de l’aviation britannique et bien d’autres éléments qui rendent l’action trépidante, d’autant que le réalisateur aime faire tournoyer sa caméra, sans que le spectateur soit perdu.
Par la suite, il contourne le débarquement en Normandie en se servant de documents d’archives, ce qui est une excellente idée car l’épisode a été maintes fois filmé – et qui peut égaler la mythique séquence introductive d’Il faut sauver le soldat Ryan (Steven Spielberg, 1998) ? Antonin Baudry se concentre donc sur la bataille de Normandie et la reconquête de Paris, tout en donnant une vision plus approfondie des tractations pour parvenir à créer le CNR (Conseil National de la Résistance) dans la douleur. En outre, le cinéaste rend hommage au courage de ces hommes et de ces femmes qui ont lutté pour la libération de leur pays.
Des hommes, des femmes et une bonne dose d’héroïsme
Dans La Bataille de Gaulle : J’écris ton nom, le réalisateur montre à nouveau un de Gaulle inflexible, mais dont on ressent les doutes et les émotions grâce au jeu impeccable de Simon Abkarian dans le rôle de sa vie. Il donne aussi toute leur dimension à des hommes comme le général Leclerc (très habité Niels Schneider) et Jean Moulin (très bon Félix Kysyl) dont on suit les péripéties, l’arrestation ainsi que les séances de torture sous le regard glacial de Klaus Barbie.

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Enfin, à travers la figure fictive incarnée par Anamaria Vartolomei, le réalisateur prend acte du rôle fondamental joué par les femmes durant la résistance, comme en atteste d’ailleurs les archives et les multiples témoignages d’époque. Avec des moyens colossaux, Antonin Baudry nous donne donc à voir une page d’histoire de France aussi passionnante qu’enrichissante, et pas seulement pour les néophytes.
Le chant de la France libre
Marqué par l’utilisation entêtante d’une musique martiale aux boucles synthétiques à la Hans Zimmer, La Bataille de Gaulle : J’écris ton nom bénéficie en outre d’un morceau magnifique composé par Michael Nyman, intervenant à un moment clé du film. Dès lors, le cinéaste cherche à faire communier tous les spectateurs dans la célébration de la liberté si chère à nos cœurs et nos consciences.

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Ainsi, Antonin Baudry parvient à réveiller un patriotisme qui n’a rien à voir avec celui vendu ad nauseam par certains politiciens extrémistes – qui historiquement se sont toujours vendus aux puissances étrangères. Il s’agit ici de louer la restauration d’une République une et indivisible et de rappeler que se sentir Français n’est aucunement l’exclusivité d’un petit groupe de personnes, mais que l’ensemble de la population peut légitimement éprouver ce sentiment, de quelque origine que l’on soit.
Alors que le personnage de de Gaulle pouvait apparaître initialement comme clivant, notamment par sa politique menée lorsqu’il fut président de la République entre 1958 et 1969, Antonin Baudry a réussi à en faire une véritable incarnation de la France libre et donc une figure rassembleuse, à un moment où le pays traverse une crise démocratique de grande ampleur. Ce n’est pas le moindre de ses mérites !
Critique de Virgile Dumez
Les sorties de la semaine du 26 juin 2026

Création affiche : Leroy & Rose. Copyright : © 2026 Pathé Films – TF1 Films Production – Belvédère – Auvergne-Rhône-Alpes Cinéma
Biographies +
Antonin Baudry, Thierry Lhermitte, Niels Schneider, Campbell Scott, Grégoire Colin, Simon Abkarian, Pablo Cobo, Alice de Lencquesaing, Karim Leklou, Anamaria Vartolomei, Saabo Balde, Félix Kysyl, Simon Russell Beale, Loïc Corbery, Tom Mison
Mots clés
Cinéma français, Biopic, Fresque historique, La Seconde Guerre mondiale au cinéma, Pathé Distribution