Rebuilding : la critique du film (2025)

Drame | 1h36min
Note de la rédaction :
6/10
6
Rebuilding, l'affiche

  • Réalisateur : Max Walker-Silverman
  • Acteurs : Amy Madigan, Josh O’Connor, Lily LaTorre, Meghann Fahy
  • Date de sortie: 17 Déc 2025
  • Année de production : 2025
  • Nationalité : Américain
  • Titre original : Rebuilding
  • Titres alternatifs : Od nowa (Pologne) / Újratervezés (Hongrie) / Depois do Fogo (Brésil)
  • Casting : Josh O'Connor, Meghann Fahy, Amy Madigan, Lily LaTorre, Kali Reis, Zeilyanna Martinez, Taresa Ott Beiriger, Eli Malouff, Dwight Mondragon, David Bright, Nancy Morlan, Kathy Rose, Jeanine London, Binky Griptite, Christopher Young, Sam Engbring, Jefferson Mays, Jules Reid
  • Scénariste : Max Walker-Silverman
  • Monteurs : Ramzi Bashour, Jane Rizzo
  • Directeur de la photographie : Alfonso Herrera Salcedo
  • Compositeurs : James Elkington, Jake Xerxes Fussell
  • Cheffe Maquilleuse : Ashley Treadaway
  • Cheffe décoratrice : Juliana Barreto Barreto
  • Directrice artistique : Alanna Dempewolff-Barrett
  • Producteurs : Jesse Hope, Dan Janvey, Paul Mezey, avec Katie Dokson, Nathan Harrison, Ivan Lafayette, Rebecca Wyzan
  • Producteurs exécutifs : Douglas Choi, Philipp Engelhorn, Sakurako Fisher, Andrew Goldman, Alex C. Lo, Jan McAdoo, Josh Peters, Robina Riccitiello, Bill Way, Elliott Whitton
  • Sociétés de production : Present Company, Cow Hip Films, Dead End Pictures
  • Distributeur : KMBO
  • Distributeur reprise :
  • Date de sortie reprise :
  • Editeur vidéo :
  • Date de sortie vidéo :
  • Box-office France / Paris-Périphérie : 52 221 entrées / 18 254 entrées
  • Box-office nord-américain : 153 326 $
  • Classification : Tous publics
  • Formats : 1.85 : 1 / Couleurs / Son : 5.1
  • Festivals : Festival de Sundance 2025 : en avant-première mondiale / Festival du cinéma américain de Deauville 2025 : film en compétition / Festival international du film de Karlovy Vary 2025 / Festival international du film de Seattle 2025 / Festival international du film de Valladolid 2025 / Montclair Film Festival 2025 / Festival international du film de Pingyao 2025
  • Nominations :
  • Récompenses : National Board of Review 2025 : top 10 des films indépendants
  • Illustrateur/Création graphique : © Les aliens.com (affiche) ; Jesse Hope (photographies). Tous droits réservés / All rights reserved
  • Crédits : © Present Company, Cow Hip Films, Dead End Pictures. Tous droits réservés / All rights reserved
  • Attachées de presse : Laurence Granec, Vanessa Fröchen
Note des spectateurs :

Dans la mouvance du cinéma de Chloé Zhao, Rebuilding de Max Walker-Silverman vaut surtout pour la prestation de Josh O’Connor dans un ensemble contemplatif un brin trop naïf.

Synopsis : Dans l’Ouest américain, dévasté par des incendies ravageurs, Dusty voit son ranch anéanti par les flammes. Il trouve refuge dans un camp de fortune et commence lentement à redonner du sens à sa vie. Entouré de personnes qui, comme lui, ont tout perdu, des liens inattendus se tissent. Porté par l’espoir de renouer avec sa fille et son ex-femme, il retrouve peu à peu la volonté de tout reconstruire.

Comme un air de Chloé Zhao

Critique : Deuxième long métrage du cinéaste américain indépendant Max Walker-Silverman (après A Love Song en 2022), Rebuilding correspond à un type classique de drame sur fond d’Amérique déclassée. On pourrait même décrire le film à la manière d’une recette culinaire. Vous mettez une pincée de The Rider (Chloé Zhao, 2017) en suivant les pas d’un jeune cowboy au cœur d’une Amérique désertique, puis vous ajoutez une grosse louche de Nomadland (Chloé Zhao, 2020) pour la description de la vie dans les mobil homes. Enfin, vous saupoudrez le tout d’une musique country mélancolique incessante et vous obtenez un mets tout à fait comestible, mais sans doute un peu trop attendu.

Rebuilding, photo 1

© 2025 Present Company, Cow Hip Films, Dead End Pictures / Photographie : Jesse Hope. Tous droits réservés.

En fait, le principal défaut de Rebuilding tient au fait qu’il souhaite trop se mesurer aux œuvres majeures de Chloé Zhao, mais sans en posséder la force poétique, ni l’acuité sociale. Cela ne fait pourtant pas de ce drame un ratage car le réalisateur a eu l’intelligence de confier le rôle principal au comédien Josh O’Connor qui est quasiment de tous les plans. Or, l’acteur dégage un véritable charisme, même s’il interprète ici le rôle d’un cowboy taiseux qui se retrouve à la rue du jour au lendemain à la suite d’un incendie ayant ravagé le ranch familial.

Un petit tour dans l’Amérique des déclassés

Ce point de départ – qui résonne forcément ces derniers étés avec la multiplication des incendies estivaux liés au réchauffement climatique – offre au cinéaste la possibilité de décrire cette Amérique des déclassés qui a voté en masse pour Donald Trump en pensant naïvement qu’il allait s’occuper d’eux. En réalité, comme le montre bien le film, les citoyens sont abandonnés à eux-mêmes dès qu’un drame s’abat sur eux, puisque les banques ne veulent pas s’engager, tandis que l’Etat fédéral n’intervient jamais dans ce domaine.

Toutefois, Max Walker-Silverman ne cherche aucunement à s’apitoyer sur le sort de ces Américains laissés pour compte. En réalité, il cherche surtout à mettre en exergue la résilience des populations, notamment à travers des solidarités locales et la présence d’associations qui permettent de compenser en partie les manques d’un Etat libéral totalement absent.

L’esprit pionnier comme moyen de résilience

Et c’est peut-être ce qui paradoxalement diminue l’impact de Rebuilding car on ne sent aucune volonté critique envers la situation sociale catastrophique de ces personnes. Certes, le réalisateur constate la présence de toute une marge qui ne profite aucunement du système. Mais sa solution ne consiste jamais en une révolte par rapport à la situation, mais bien au contraire à une adaptation nécessaire qui passe par un retour aux fondamentaux de l’Amérique : l’esprit pionnier.

Car c’est bien à cela que pense le cinéaste lorsqu’il montre la solidarité qui s’organise dans ces campements de gens destinés à migrer. Il le fait de manière souvent touchante, mais aussi pétri d’une certaine naïveté en proposant des personnages qui sont tous généreux, agréables et solidaires. Cette absence totale de la moindre méchanceté apparaît comme assez irréaliste, comme si Max Walker-Silverman rêvait de retrouver cette unité première des pionniers à l’heure où les Etats-Unis sont clairement divisés en deux camps irréconciliables, ce qui a été accentué par les deux mandats clivants de Donald Trump.

Une relation touchante entre un père taiseux et sa fille

Finalement, Rebuilding porte bien son titre puisqu’il suit à la fois la résilience d’un homme qui a tout perdu, mais qui va se reconstruire grâce à ses proches et son voisinage d’infortune, tout en étant une métaphore à peine voilée d’une Amérique malade et qui rêve encore à une unité parfaitement illusoire. Dans ce grand bain de positivité, Josh O’Connor surpasse l’ensemble du casting et forme un duo attendrissant avec la petite actrice australienne Lily LaTorre, dans le rôle de sa fille, secrètement en admiration devant cette figure paternelle.

Rebuilding, photo 2

© 2025 Present Company, Cow Hip Films, Dead End Pictures / Photographie : Jesse Hope. Tous droits réservés.

Marqué par de nombreux non-dits nappés d’une musique country un peu trop présente, Rebuilding est un film contemplatif qui bénéficie des superbes paysages naturels du Colorado où il a été tourné en 2023. On adore également Amy Madigan dans le rôle émouvant de la grand-mère maternelle. Après sa performance hallucinée dans le film d’horreur Évanouis (Zach Cregger, 2025), elle confirme son talent d’incarnation dans un rôle totalement différent. Son actuel retour en grâce fait plaisir à voir.

Un film de festival qui n’a pas mobilisé le grand public

Présenté en avant-première au Festival de Sundance en 2025, Rebuilding est ensuite sorti discrètement dans les salles nord-américaines, ne glanant que 153 326 $ de recettes. Une misère. Véritable film de festival, le drame a également eu le droit à une sélection au Festival du cinéma américain de Deauville 2025, sans y obtenir de récompense.

Proposé en salles en France par KMBO dès le 17 décembre 2025, Rebuilding n’a obtenu qu’un circuit très limité de 76 salles d’art et essai, alors que la bande-annonce a été diffusée à grande échelle pour tenter d’attirer le chaland. Le film a bénéficié de nombreuses avant-premières, y glanant 3 769 entrées. Pour sa première semaine d’exploitation, le drame rural n’a pourtant attiré que 21 552 cinéphiles.

Ils sont deux fois moins dès la deuxième semaine, avec 10 164 retardataires, les vacances scolaires n’ayant pas joué en sa faveur. Pourtant, KMBO a continué à soutenir son poulain durant les trois mois suivants. Le bouche à oreille étant visiblement plutôt positif, Rebuilding s’est maintenu à bas bruit durant plusieurs mois. Il atteint notamment les 50 000 entrées en septième semaine et termine sa carrière avec 52 221 amateurs de country à son compteur. Comme son personnage principal, Rebuilding a donc fait preuve de résilience et a plus que doublé ses entrées de départ, malheureusement très faibles.

D’ailleurs, à ce jour, aucune sortie physique n’est annoncée pour cette œuvre indépendante uniquement disponible en VOD.

Critique de Virgile Dumez

Les sorties de la semaine du 17 décembre 2025

Voir le film en VOD

Rebuilding, l'affiche

© 2025 Present Company, Cow Hip Films, Dead End Pictures / Affiche : Lesaliens.com. Tous droits réservés.

Biographies +

Max Walker-Silverman, Amy Madigan, Josh O’Connor, Lily LaTorre, Meghann Fahy

Mots clés

Cinéma américain, Cinéma indépendant américain, L’Amérique profonde au cinéma, Les SDF au cinéma, Les relations père-fille au cinéma

 

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Bande-annonce de Rebuilding (VOstf)

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