Gourou : la critique du film (2026)

Thriller | 2h06min
Note de la rédaction :
6,5/10
6,5
Gourou, l'affiche

  • Réalisateur : Yann Gozlan
  • Acteurs : Pierre Niney, Anthony Bajon, Christophe Montenez, Léonie Simaga, Marion Barbeau, Cyril Hanouna, Abdallah Charki, Manon Kneusé
  • Date de sortie: 28 Jan 2026
  • Année de production : 2025
  • Nationalités : Français, Belge
  • Titre original : Gourou
  • Titres alternatifs : Guru (titre international)
  • Casting : Pierre Niney, Marion Barbeau, Anthony Bajon, Christophe Montenez, Jonathan Turnbull, Raphaëlle Simon, Tracy Gotoas, Holt McCallany, Léonie Simaga, Manon Kneusé, Paul Scarfoglio, Deborah Grall, Leanna Chea, Mazigh Bouaich, Eric Khanthavixay, Sonia Imbert, César Méric, Céline Carrère, Éric Naggar, Elric Covarel Garcia, Alexandre Malesson, Alex Elliott, Laurie Catherine Winkel, Charlotte Houdin, Youri Lauriette, Zoé Garcia, Costa Canda, Abdallah Charki, Lenni Prezelin, Paco Fuster, Judith Warner, Manfred Brisou, Caro Quito, Christèle Baranzelli, Alexis Brami, Pauline Pouchin, Julie Sara Foulon, Julien Bougot, Maryon Bertrand, Magali Sarre, Erica Labous, Eric Lum, Jérôme Pouly, Nicolas Demorand, Cyril Hanouna, Bernard Montiel, Danielle Moreau, Gilles Verdez, Géraldine Maillet, Jean-Michel Maire, Isabelle Morini-Bosc, Guillaume Genton, Pascaline Chotard, Jean-Yves Freyburger, Arnaud Klein, Cindy Renou
  • Scénaristes : Jean-Baptiste Delafon, Yann Gozlan
  • D'après : une idée originale de Pierre Niney
  • Monteur : Grégoire Sivan
  • Directeur de la photographie : Antoine Sanier
  • Compositrice : Chloé Thévenin
  • Cheffe Maquilleuse : Laura Ozier
  • Chef décorateur : Stéphane Rozenbaum
  • Directeur artistique : Stéphane Rozenbaum
  • Producteurs : Wassim Béji, Marc-Henri De Busschère, Pierre Niney, avec Gaëtan David, André Logie
  • Producteur exécutif : Eric Mathis
  • Sociétés de production : Wy Productions, Ninety Films, StudioCanal, M6 Films, Panache Productions, La Compagnie Cinématographique, BE TV, Proximus
  • Distributeur : StudioCanal
  • Distributeur reprise :
  • Date de sortie reprise :
  • Editeur vidéo :
  • Date de sortie vidéo :
  • Budget : 12 500 000 euros
  • Box-office France / Paris-Périphérie :
  • Box-office nord-américain / monde :
  • Rentabilité :
  • Classification : Tous publics avec avertissement : "Une scène de mort violente et le climat oppressant du film sont susceptibles de heurter un public jeune ou sensible".
  • Formats : 2,39 :1 / Couleurs / Son : 5.1
  • Festivals :
  • Nominations :
  • Récompenses :
  • Illustrateur/Création graphique : © Le Cercle Noir pour Fidelio (affiche). Tous droits réservés / All rights reserved
  • Crédits : © StudioCanal. Tous droits réservés / All rights reserved
  • Attachés de presse : Myriam Bruguière, Olivier Guigues, Thomas Percy
  • Tagline : Méfiez-vous de vos idoles
Note des spectateurs :

Thriller efficace qui dénonce une pratique encore peu encadrée, Gourou explore la face cachée d’un homme complexe interprété avec énergie par un Pierre Niney possédé. 

Synopsis : Matt est le coach en développement personnel le plus suivi de France. Dans une société en quête de sens où la réussite individuelle est devenue sacrée, il propose à ses adeptes une catharsis qui électrise les foules autant qu’elle inquiète les autorités. Sous le feu des critiques, Matt va s’engager dans une fuite en avant qui le mènera aux frontières de la folie et peut-être de la gloire…

Pierre Niney au sommet de sa popularité

Critique : Depuis le triomphe du Comte de Monte-Cristo (Alexandre de la Patellière et Matthieu Delaporte, 2024), le comédien Pierre Niney est passé du statut d’acteur bankable à celui de star comme on en voit fort peu ces derniers temps en France. Afin de rebondir après un tel raz-de-marée, le comédien a préféré prendre son temps – plus d’un an d’inactivité – afin de développer un projet qui lui est proche puisqu’il est à l’origine du sujet traité dans Gourou et qu’il s’est également engagé dans la production. Sans doute pour se rassurer, mais aussi parce que leur association a toujours été signe de succès, Pierre Niney retrouve ici le cinéaste Yann Gozlan avec qui il a déjà tourné Un homme idéal (2015) et Boîte noire (2021).

Gourou, photo 1

© 2025 Studiocanal. Tous droits réservés.

En réalité, on pourrait parler d’une trilogie de la paranoïa et des problèmes d’identité si on ajoute à ces deux œuvres fondatrices ce troisième opus, d’autant que le personnage principal s’appelle une fois de plus Matthieu Vasseur. Les thématiques développées dans chaque long métrage sont effectivement très proches les unes des autres puisque nous suivons à chaque fois les pas d’un homme qui paraît parfaitement équilibré et qui, peu à peu, va révéler des fêlures intimes très prononcées, ainsi qu’une tendance à développer une forme de mythomanie.

Quand le masque tombe…

Ainsi, Gourou débute par la présentation de ce coach en développement personnel qui est déjà le plus connu de France. Son show apparaît comme parfaitement rôdé, tandis que sa vie personnelle semble réglée comme du papier à musique. Son couple formé avec sa collaboratrice (plutôt juste Marion Barbeau) montre une belle solidité, tandis que ses relations avec ses employés bénéficient d’une bienveillance remarquable en ces temps de management toxique. Pourtant, comme toujours avec le cinéaste Yann Gozlan, cette belle mécanique va petit à petit s’enrayer pour révéler la véritable nature du coach apparemment si lisse.

Cela commence par une commission sénatoriale qui vise à réglementer une profession qui n’est aucunement sanctionnée par le moindre diplôme d’Etat. On apprend par ce moyen que le personnage incarné avec fougue par Pierre Niney ne possède aucune qualification, ni même un baccalauréat pour pouvoir dispenser ses conseils à des individus potentiellement en détresse psychologique. A cette déstabilisation de son statut, le personnage de Matthieu Vasseur doit également faire face à sa jalousie maladive envers son frère – excellent Christophe Montenez – et à son désir profond de revanche.

Le danger de la manipulation mentale

Petit à petit, Yann Gozlan glisse inexorablement vers le thriller en assumant la part névrotique, voire psychotique de son protagoniste central qu’il plonge dans un abîme d’angoisse et de paranoïa. Ainsi, celui qui est censé montrer aux autres la voie de la rédemption et de la réussite apparaît dans toute sa dimension monstrueuse, uniquement intéressé par sa propre revanche envers une société qui l’avait catalogué comme un loser.

A cela, les auteurs ont ajouté le personnage de l’adepte fidèle interprété avec talent par Anthony Bajon. Complètement perdu dans sa vie marquée par un terrible trauma d’enfance, le jeune homme s’en remet totalement au coach qu’il admire passionnément, au point de lui nuire sans s’en rendre compte. Son destin tragique démontre les limites du travail effectué par ces coachs qui s’enrichissent sur le malheur des autres sans leur apporter le bon soutien psychologique ou médical.

Plongée au cœur d’une profession non encadrée

Classique dans son déroulement – il s’agit d’une spirale qui amène un personnage à glisser petit à petit dans la folie – Gourou a toutefois le mérite d’interroger ces nouveaux métiers issus souvent des réseaux sociaux et qui ne sont pas encadrés par la loi. D’ailleurs, il désigne sans s’en cacher l’origine d’un tel phénomène, particulièrement populaire aux Etats-Unis. Sur le même schéma que les évangélistes, ces prêcheurs d’un art de vivre conquérant est effectivement entièrement fondé sur le mythe de la réussite individuelle. Un mensonge qui tient de la plus pure manipulation mentale. Dès lors, on comprend mieux pourquoi le thème a intéressé Yann Gozlan dont la plupart des œuvres traitent justement de la manipulation des individus ou des masses.

Gourou, photo 2

© 2025 Studiocanal. Tous droits réservés.

Réalisé à l’américaine, à grands coups de musique intrusive, d’un montage assez découpé et de caméra aérienne, Gourou a le mérite de posséder une esthétique séduisante, permettant au public le plus large de se retrouver dans l’histoire racontée. Le choix de Pierre Niney est également parfait puisque l’acteur possède un immédiat capital de sympathie auprès du public.

Pierre Niney, parfaitement à l’aise dans un rôle ambigu

Ce n’est donc que progressivement que l’on s’aperçoit de la monstruosité d’un tel homme. Pour cela, le comédien s’avère particulièrement doué tant on semble assister au délitement d’un homme qui a mis des années à se forger un masque social. En peu de temps, le bonhomme perd finalement tout, même si la fin demeure ambiguë, laissant à chaque spectateur le soin de terminer l’histoire selon sa convenance.

Tourné avec un réel sens du spectacle, Gourou n’approfondit certainement pas suffisamment sa thématique, mais il a le grand mérite de poser des questions passionnantes et d’offrir aux différents comédiens l’opportunité de montrer leur talent, le tout largement dominé par la présence magnétique d’un Pierre Miney au meilleur de sa forme, capable d’être aussi séduisant qu’antipathique, parfois en un simple regard. Il est assurément le point fort d’un thriller tendu qui mériterait de connaître un joli succès en salles.

Critique de Virgile Dumez

Les sorties de la semaine du 28 janvier 2026

Gourou, l'affiche

© 2025 Studiocanal / Affiche : Le Cercle Noir pour Fidelio. Tous droits réservés.

Biographies +

Yann Gozlan, Pierre Niney, Anthony Bajon, Christophe Montenez, Léonie Simaga, Marion Barbeau, Cyril Hanouna, Abdallah Charki, Manon Kneusé

Trailers & Vidéos

trailers
x
Gourou, l'affiche

Bande-annonce de Gourou

Thriller

x