Gamera contre Gyaos : la critique du film et le test UHD 4K (1967)

Science-fiction, Film de monstres, Film catastrophe, Film pour enfants | 1h26min
Note de la rédaction :
6/10
6
Gamera contre Gyaos, affiche japonaise

  • Réalisateur : Noriaki Yuasa
  • Acteurs : Kôjirô Hongô, Kichijirô Ueda, Reiko Kasahara
  • Date de sortie: 15 Mar 1967
  • Année de production : 1967
  • Nationalité : Japonais
  • Titre original : Daikaijû kûchûsen: Gamera tai Gyaosu (大怪獣空中戦 ガメラ対ギャオス)
  • Titres alternatifs : Gamera vs. Gyaos (titre international) / Return of the Giant Monsters (USA) / Gamera gegen Gaos - Frankensteins Kampf der Ungeheuer (Allemagne) / Gamera contra Gaos, el terror de la noche (Espagne) / Gamera contro il mostro Gaos (Italie) / Gamera kontra Gaos (Tchèque)
  • Casting : Kôjirô Hongô, Kichijirô Ueda, Reiko Kasahara, Naoyuki Abe, Tarô Marui, Yukitarô Hotaru, Yoshirô Kitahara, Shô Natsuki, Kenji Ôyama, Fujio Murakami, Kôichi Itô, Teppei Endô, Shin Minatsu, Teruo Aragaki, Yukie Kagawa, Munehiko Takada, Mitsuko Takesato, Gai Harada
  • Scénariste : Niisan Takahashi
  • Monteur : Tatsuji Nakashizu
  • Directeur de la photographie : Akira Uehara
  • Compositeur : Tadashi Yamauchi
  • Chef décorateur : Akira Inoue
  • Directeur artistique : Akira Inoue
  • Producteurs : Hidemasa Nagata, Hideo Nagata
  • Sociétés de production : Daiei Studios, Toei Company
  • Distributeur : Film inédit dans les salles françaises. La date ci-dessus est celle de la sortie japonaise.
  • Editeurs vidéo : WE Productions (DVD, en coffret uniquement, 2010) / Roboto Films (blu-ray et 4K UHD, 2025)
  • Dates de sortie vidéo : 24 février 2010 (DVD) / 16 décembre 2025 (blu-ray et 4K UHD)
  • Budget : 60 000 000 yens
  • Box-office France / Paris-Périphérie :
  • Formats : 2.35 : 1 / Couleurs / Son : Mono
  • Festivals : Asia-Pacific Film Festival 1968 : en compétition officielle
  • Récompenses : Asia-Pacific Film Festival 1968 : Prix de la meilleure photographie pour Akira Uehara
  • Illustrateur/Création graphique : © Kevin West, Carlos Cabrera (jaquette blu-ray 4K UHD). Tous droits réservés / All rights reserved
  • Crédits : © Kadokawa Corporation. Tous droits réservés / All rights reserved
  • Franchise : 3ème film de la franchise Gamera et également troisième film de l'ère Showa.
Note des spectateurs :

Troisième opus de la saga, Gamera contre Gyaos bénéficie d’une esthétique travaillée et d’un antagoniste charismatique. De quoi faire de ce kaiju un produit de qualité, malgré les limites d’un genre très kitsch.

Synopsis : Une créature volante nommée Gyaos terrorise le Japon en se nourrissant d’énergie humaine. Alors que des scientifiques essayent de comprendre l’origine de Gyaos, Gamera intervient pour sauver l’humanité.

Gamera redevient l’ami des enfants

Critique : Après le semi-échec commercial rencontré par Les Monstres attaquent / Gamera contre Barugon (Shigeo Tanaka, 1966), Masaichi Nagata, le ponte du studio Daiei, décide de réorienter la saga vers un public plus familial. Parmi ses raisons, sa compagnie est alors en profond déclin et il lui faut à tout prix rencontrer un gros succès pour renflouer des caisses désespérément vides à cause de placements financiers hasardeux.

Gamera contre Gyaos, photo 1

© 1967 Kadokawa Corporation. All Rights Reserved.

Ayant compris que les enfants aiment la tortue volante, le producteur ordonne donc de s’éloigner de la noirceur et de la violence du deuxième épisode pour à nouveau livrer une œuvre avant tout destinée aux enfants. Pour cela, il fait à nouveau appel au réalisateur du premier volet, Noriaki Yuasa, à qui il laisse cette fois les pleins pouvoirs. Toutefois, le film doit comporter un personnage enfantin comme dans le premier film et l’accent doit être mis sur les combats de titans, là où le second insistait davantage sur l’aventure exotique.

Un budget contraint en période de disette

Toutefois, pour tourner ces fameuses séquences de combats, Noriaki Yuasa dispose d’un budget situé au milieu des deux précédents volets. Ainsi, il bénéficie de 60 millions de yens, soit vingt de plus que sur le premier opus, mais vingt de moins que sur le second. Le temps est désormais aux économies pour la Daiei qui engage à nouveau le comédien Kôjirô Hongô pour incarner le héros humain, mais pour donner vie à un personnage totalement différent de celui interprété dans le précédent. D’ailleurs, on notera que le protagoniste est nettement moins intéressant ici et que l’acteur, pourtant spécialisé dans les rôles introspectifs, n’a pas grand-chose à jouer si ce n’est le témoin des affrontements des monstres.

Pour octroyer davantage de prestige à cette production, la Daiei engage aussi le comédien Kichijirô Ueda qui est connu pour avoir joué dans les plus grands classiques de cinéastes comme Akira Kurosawa, Kenji Mizoguchi ou encore Mikio Naruse. Ici, il interprète le rôle d’un maire qui tente de résister à la construction d’une autoroute qui devrait exproprier les habitants de son petit village. Le comédien assure d’ailleurs parfaitement. Le reste du casting est davantage en retrait, à part le petit garçon Naoyuki Abe, légèrement énervant, comme souvent dans cette franchise.

Le Japon en plein miracle économique

Au passage, les auteurs sont parvenus à glisser au cœur du film un constat sociétal intéressant sur l’évolution rapide du Japon, alors en plein miracle économique. Ainsi, le cinéaste oppose ici le Japon moderne entièrement tourné vers un capitalisme sauvage aux espaces ruraux plus traditionnels. Toutefois, le métrage conclue de manière prophétique à la destruction de l’ordre ancien entièrement balayé par cette modernité.

Gamera contre Gyaos, photo 2

© 1967 Kadokawa Corporation. All Rights Reserved.

Pour autant, Gamera contre Gyaos est avant tout un pur film de monstres qui multiplie les séquences spectaculaires à base de maquettes et de comédiens costumés en géants. Si le costume de Gyaos semble quelque peu rigide et statique, le monstre compense ce manque de souplesse par des pouvoirs qui contrebalancent parfaitement ceux de la tortue volante. Dès lors, les affrontements demeurent intéressants et percutants. En fait, Gyaos a été initialement conçu comme un vampire puisqu’il ne supporte pas les rayons du soleil et avale goulument le sang humain. Afin de ne pas trop choquer les petits, l’hémoglobine est d’une couleur tirant sur le rose, tandis que les monstres saignent en violet et vert.

Gamera contre Gyaos bénéficie d’une superbe photographie

Le résultat demeure particulièrement efficace et jamais ennuyeux, pour peu que l’on accepte la vétusté des effets spéciaux de l’époque, non dénués de charme poétique. Marqué par une jolie photographie de Akira Uehara qui ressemble beaucoup aux expériences colorées de Mario Bava, Gamera contre Gyaos est esthétiquement fort agréable à regarder et constitue donc un kaiju eiga tout à fait recommandable. Celui-ci a d’ailleurs fixé les règles définitives de toute la franchise, imposant même le personnage de Gyaos comme l’antagoniste le plus charismatique de Gamera.

Proposé en double programme au Japon, Gamera contre Gyaos a connu un vrai succès, ce qui tient du miracle car l’année 1967 voit une déferlante de monstres arriver sur les grands écrans nippons. Effectivement, chaque studio dégaine son film dans un genre qui gagne encore en popularité avant de connaître un lent déclin à cause de produits de moins en moins satisfaisants.

En France, le long métrage est demeuré inédit dans nos salles contrairement au précédent et n’a été visible qu’à partir de sa sortie en DVD dans les années 2010. On notera qu’il a fait l’objet d’une magnifique restauration japonaise en 4K qui est désormais disponible en France en blu-ray et 4K UHD dans un superbe coffret chez Roboto Films.

Critique de Virgile Dumez

Acheter le coffret Gamera : Showa volume 1 en 4K UHD

Gamera contre Gyaos, affiche japonaise

© 1967 Kadokawa Corporation. All Rights Reserved.

Biographies +

Noriaki Yuasa, Kôjirô Hongô, Kichijirô Ueda, Reiko Kasahara

Mots clés

Cinéma japonaiskaiju eigaFilm de monstresFranchise : Gamera

Le test du coffret Gamera, trilogie Showa volume 1 en UHD 4K

L’éditeur Roboto Films nous gâte pour Noël avec ce premier volume consacré au monstre aimé des enfants Gamera. La tortue géante bénéficie de superbes restaurations en 4K et de suppléments pour collectionneurs. Test réalisé à partir du produit finalisé.

Packaging & Compléments : 5 / 5

Le coffret se présente sous la forme d’un étui rigide illustré par Kevin West et Carlos Cabrera, comprenant trois Digipack, un livre de 61 pages et un jeu de 10 photos de tournage cartonnées. Le tout propose un design parfaitement adapté à la franchise. En ce qui concerne le livre, Jordan Guichaux revient en détail sur la conception, le tournage et la réception des trois premiers films de la saga, avec pléthore d’anecdotes. Le tout est illustré de plusieurs photos, malheureusement pas toujours très belles. Ensuite, il offre une perspective intéressante sur le reste de la saga, jusqu’à l’effondrement économique de la Daiei. C’est absolument passionnant et riche d’enseignements.

Gamera, jaquettes détails

© 1965 Kadokawa Corporation / Jaquettes : Roboto Films. Tous droits réservés.

En matière de bonus vidéo, chaque film est présenté par Fabien Mauro. Sur Gamera contre Gyaos, il revient durant 19min sur la conception du film, les difficultés financières de la Daiei, mais aussi sur les thématiques qui affleurent derrière le spectacle bon enfant. Son intervention est tout à fait passionnante et complémentaire du livre.

Enfin, on retrouve les deux restaurateurs japonais du film, Shinji Iguchi et Shunichi Ogura (8min), qui nous expliquent à nouveau les défis de la restauration d’un tel film culte. Ils évoquent notamment les problèmes liés aux couleurs, ainsi qu’à l’étalonnage des scènes nocturnes.

L’image UHD 4K de Gamera contre Gyaos : 5 / 5

Il s’agit assurément de la plus belle copie du coffret, avec une restauration en 4K qui sublime les superbes éclairages (kitsch évidemment) du long métrage et permet d’obtenir une impressionnante précision des images, sans jamais perdre un aspect purement cinématographique. Le degré de détails peut parfois rendre certains effets obsolètes, mais cela confère également aux maquettes un aspect poétique bienvenu. Le résultat est tout bonnement bluffant.

Le son UHD 4K de Gamera contre Gyaos : 4 / 5

Proposé dans son unique version japonaise sous-titrée, le troisième opus de la saga bénéficie d’un mono DTS-HD Master Audio bien restauré, avec absence de souffle disgracieux et aucun craquement. Pas de saturation à signaler non plus. Le tout est donc plutôt bien équilibré, dans les limites du format frontal mono.

Test UHD 4K : Virgile Dumez

Gamera, jaquette UHD 4K

© 1965 Kadokawa Corporation. / Jaquette : Kevin West, Carlos Cabrera pour Roboto Films. Tous droits réservés.

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