Deux fois traître : la critique du film (1970)

Western | 1h35min
Note de la rédaction :
5/10
5
Deux fois traitre, affiche du film (Klaus Kinski)

  • Réalisateur : Nando Cicero
  • Acteurs : Klaus Kinski, Antonio Sabàto, José Calvo
  • Date de sortie: 03 Juin 1970
  • Nationalité : Italien, Espagnol
  • Titre original : Due volte Giuda
  • Titres alternatifs : Dos veces Judas (Espagne), Peor que Judas (Argentine), Twice a Judas, They Were Called Graveyard, Shoot Twice (Etats-Unis), Kugeln tragen keine Unterschrift,| Zweimal Judas (Allemagne), Den djävulska hämnaren (Suède), Dyo fores prodotis (Grèce), Duas vezes traidor (Portugal)
  • Année de production : 1968
  • Scénariste(s) : Jaime Jesús Balcázar
  • Directeur de la photographie : Francisco Marin
  • Compositeur : Carlos Pes
  • Société(s) de production : Colt Produzioni Cinematografiche, Medusa Distribuzione, Producciones Cinematográficas Balcazar
  • Distributeur : Les Films Marbeuf
  • Box-office France / Paris-périphérie : 140 734 entrées/ 17 350 entrées
  • Formats : 2.35 : 1 / Couleurs / Son : Mono
  • Crédits : © 1970 Les Films Marbeuf, Colt Produzioni Cinematografiche, Medusa Distribuzione, Producciones Cinematográficas Balcazar. Tous droits réservés.
Note des spectateurs :

Deux fois traître est un western soigné d’un point de vue esthétique, qui se laisse néanmoins difficilement suivre, la faute à un scénario beaucoup trop bancal.

Synopsis :  Luke Barrett se réveille amnésique dans un paysage aride, après avoir été blessé par balle à la tête. Une fois de retour en ville, il tombe sur un tueur à gages tout de noir vêtu qui lui rappelle qu’il doit éliminer un homme. Mais la cible s’avère être son propre frère.

Critique : Pour son dernier western, le réalisateur Nando Cicero retrouve une bonne partie de l’équipe à l’œuvre sur le sympathique Professionnels pour un massacre. De fait, on retrouve dans Deux fois traître l’excellence visuelle du précédent travail de Cicero. Francisco Marin et Joe D’Amato officient de nouveau en tant  que directeur de la photographie et opérateur caméra. Coproduction italo-espagnole oblige, les décors sont à nouveau excellents. Les talentueux techniciens ont su mettre en valeur la profondeur des arrière-plans, qui constituent une qualité majeure du film. Ce dernier s’ouvre d’ailleurs par un très beau plan sur l’iconique désert de Tabernas. S’ensuit un générique glaçant mais original, car constitué de gros plans sur les cadavres de deux pistoleros, dont notre héros qui finit par se réveiller.

Deux fois traître est fort d’un aspect technique impeccable

Si les affreux stock-shots de vautours qui mettent fin à cette entrée en matière faisaient augurer du pire, le film se tient d’un point de vue esthétique. Le budget, s’il ne semble pas faramineux, semble avoir été correctement mis à profit. Outre le désert, le film bénéficie d’une ville crédible, de même que le ranch de la famille Barrett. Ajoutez à cela une réalisation plutôt correcte de la part de Cicero, qui joue beaucoup sur les gros plans, de très beaux éclairages naturels, et vous obtenez un film impeccable visuellement.

Deux fois traître souffre d’un problème d’équilibre

Malheureusement, le métrage se révèle assez pénible à suivre, la faute à un scénario bancal qui peine à maintenir le spectateur concentré. Deux fois traître se présente comme une sorte de western policier, dans lequel un héros amnésique part en quête de sa propre identité. Las, il faut quasiment attendre la fin pour voir une série de flashback qui nous permettent de tout comprendre. Un choix somme toute assez déroutant, tant il aurait semblé plus judicieux de les éparpiller tout au long du métrage, afin d’entretenir un certain suspense. Au lieu de cela, le scénariste a préféré faire du remplissage par le truchement d’une intrigue secondaire à l’intérêt tout relatif, opposant le frère du héros à un banquier prêt à tout pour spolier les fermiers locaux de leurs terres.

Des acteurs corrects qui sauvent les meubles

Deux fois traître est particulièrement ennuyeux non seulement à cause de son script mais aussi du fait d’un manque flagrant de scènes d’action. Même la confrontation finale se révèle décevante, car bien trop vite expédiée. Pourtant, le héros disposait d’une arme explosive que n’aurait pas reniée le Stranger de Tony Anthony. Il ne faut pas non plus compter sur la musique sans grande personnalité de Carlos Pes pour maintenir l’intérêt du spectateur. Fort heureusement, le film demeure correct de par les bonnes prestations d’acteur qu’il propose. On retrouve Kinski dans un rôle de routine, mais sa présence particulière fait toujours son petit effet. Antonio Sabàto campe quant à lui un antagoniste crédible et charismatique ; et l’Espagnol José Calvo convainc dans son rôle de médecin alcoolique.

En somme, Deux fois traître laisse une impression très mitigée. Il s’agit d’un film soigné en surface, mais défaillant sur le fond. Si la technique est impeccable, le tout semble réalisé sans grande passion, ce qui explique peut-être le fait qu’il s’agisse du dernier western de son auteur.

Critique : Kevin Martinez

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Deux fois traitre, affiche du film (Klaus Kinski)

© Colt Produzioni Cinematografiche, Medusa

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