8 rue de l’humanité : la critique du film Netflix (2021)

Comédie | 2h05min
Note de la rédaction :
3.5/10
3.5
8 rue de l'humanité, affiche

  • Réalisateur : Dany Boon
  • Acteurs : Tatiana Gousseff, Isabelle de Hertogh, François Damiens, Dany Boon, Elie Semoun, Yvan Attal, Laurence Arné, Liliane Rovère, Alison Wheeler, Tom Leeb, Jorge Calvo
  • Date de sortie: 20 Oct 2021
  • Année de production : 2021
  • Nationalité : Français
  • Autres acteurs : Nawell Madani, Rose de Kervenoaël, Milo Machado Graner, Eve Margnat...
  • Titres originaux : 8 rue de l'humanité
  • Titres alternatifs : Stuck Together (International, Allemagne, Australie, Italie), Rua da Humanidade, 8 (Portugal), Calle de la Humanidad, 8 (Mexique, Espagne, Argentine...), Mais que Amigos: Vizinhos (Brésil)...
  • Scénaristes : Dany Boon, Laurence Arné
  • Compositeur : Alexandre Lecluyse
  • Directeur de la photographie : Glynn Speeckaert
  • Société de production : Netflix Studios, Inver Tax Shelter
  • Plateforme de SVOD : Netflix
  • Date de diffusion sur Netflix : A partir du 20 octobre 2021
  • Classification : Tous publics (auto-classification par Netflix, non soumise au CNC)
  • Crédits : © Netflix / Photo : Kris DeWitte
Note des spectateurs :

8 rue de l’humanité, fameux film de Dany Boon improvisé pendant la crise de la Covid, devient surtout un produit notoire dans sa filmographie. Aucun doute, au niveau de la qualité, il s’agit bien là d’un direct-to-Netflix : il en a la naïveté et la candeur qui nous laisse le goût de l’âpreté consumériste.

Synopsis : Les rues de Paris sont vides et silencieuses. Alors que certains ont préféré fuir la capitale, sept familles sont restées confinées dans un immeuble du 11ème au 8 rue de l’humanité avec entre autres ; une patronne de bistrot qui cherche le moyen de rester ouvert. Un scientifique ambitieux qui veut trouver le vaccin et ne plus jamais s’occuper d’analyses d’urines. Un hypocondriaque en panique mais heureux d’avoir enfin raison, sa femme avocate qui se bat pour concilier vie professionnelle et vie de famille, un coach sportif en ligne qui grossit au fil des semaines, sa fiancée enceinte qui fait le buzz en devenant chanteuse anti Covid, un riche self-made-man désespéré de ne pas avoir le niveau scolaire de son fils de 8 ans… et deux enfants de 8 et 10 ans qui, grâce au confinement, vont tomber amoureux.

8 rue de l'humanité avec Dany Boon et Laurence Arné

© Netflix / Photo : Kris DeWitte

Critique : Le marasme de la précipitation, les turpides de l’opportunité qui devient opportunisme, et la naïveté de la réflexion qui ne se laisse pas le temps de digérer les poncifs des chaînes d’informations (politiques) en continue… 8 rue de l’humanité est décidément un cumulard.

Exit l’association avec Pathé, le Dany Boon 2021 vient se confronter à la dure réalité de Netflix avec les moyens ad hoc du produit clé en main qui ne lui permettra pas de prendre la tête du box-office local, puisque même sur la plateforme américaine, le film échoue à décrocher la première place des intérêts locaux.

8 rue de l’humanité manque d’âme

Le covid flick du Boon du cinéma français télé-visualise un peu plus tous les lieux communs ressassés sur le petit écran lors du confinement pour faire lien avec toute la population française et servir la mémoire collective d’une tragédie nationale. Malheureusement, l’incongruité des personnages ne saisit pas l’universalité de l’expérience. On retrouve un journaliste, une avocate, un scientifique, un influenceur sportif, un chef d’entreprise beauf, une vedette never been du télé-crochet, une infirmière rebeu qui sera dénoncée, puis portée par les habitants de l’immeuble pour son courage, un premier de corvée improvisé concierge lorsque sa femme réellement concierge, est hospitalisée pour avoir choppé la Covid dès le début de l’épreuve collective… La sociologie de façade laisse un goût amer.

Jorge Calvo dans 8 rue de l'humanité

© Netflix / Photo : Kris DeWitte

Avec un décor de vaudeville qui ne réussit jamais à saisir l’impact réel du mot confinement, le film lasse. Du jeu approximatif de ses acteurs (exception réelle, François Damiens, toujours truculent dans la beauferie), à la narration gamine des premières minutes… Boon inocule tous les mauvais ingrédients de la comédie débordant de bons sentiments, pour le coup loin de la réalité populaire, favorisant l’entre-soi urbain.

Supercondriaque : la pandémie

Admettons au moins le courage de Dany Boon qui, dans cette galère, s’est octroyé le rôle le plus grotesque de la chorale, à savoir celui de l’éternel « supercondriaque« , dont les sorties masquées avec tuba pour aller faire des courses dans un Paris régi par l’autorisation de sortie, confirme le ridicule de l’entreprise et son absence unilatérale de consistance humoristique.

Au moment où le cinéma français commence à aborder la thématique du confinement, le potentiel scénaristique était pourtant ouvert à bien plus de promesses.

Frédéric Mignard

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8 rue de l'humanité, affiche

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