Suite ambitieuse quelque peu déroutante, 28 ans plus tard Le temple des morts confirme la bonne santé d’une franchise qui ne se répète jamais. Même si les infectés sont moins sollicités, le gore est bel et bien à l’honneur dans cette critique de l’obscurantisme religieux.
Synopsis : Dans ce nouveau volet de la saga, le docteur Kelson noue une relation aussi troublante qu’inattendue dont les répercussions sont susceptibles de bouleverser notre monde. De l’autre côté, la rencontre entre Spike et Jimmy Crystal tourne au cauchemar. Dans Le Temple des morts, ce ne sont plus les infectés qui représentent la plus grande menace pour la survie de l’espèce humaine – c’est l’absence d’humanité des rescapés qui se révèle être le danger le plus terrifiant…
Une suite à risque menée par une réalisatrice au passif chargé
Critique : Lorsque le scénariste Alex Garland et le réalisateur Danny Boyle ont entrepris de réactiver la franchise de 28 jours plus tard, ils ont immédiatement conçu le projet comme une nouvelle trilogie. Ainsi, pour limiter les coûts de production, Boyle et ses producteurs, dont le comédien Cillian Murphy, ont opté pour un tournage consécutif des deux premiers volets. Ne se sentant pas la force d’enchaîner plusieurs mois de prises de vues d’affilée, Danny Boyle a réalisé 28 ans plus tard (2025) qui a connu un joli succès dans les salles obscures grâce à une réelle efficacité, tandis que 28 ans plus tard Le temple des morts a été confié à la réalisatrice Nia DaCosta.

© 2026 Columbia Pictures, DNA Films, Decibel Films, Sony Pictures. Tous droits réservés.
Comme notre critique du premier volet l’atteste, nous n’étions guère emballés à l’idée de voir la cinéaste à l’œuvre sur la suite de la franchise. Pour mémoire, on lui doit le remake piteux de Candyman (2021) et surtout le nanar interstellaire The Marvels (2023). Contrairement aux producteurs, on ne lui faisait donc guère confiance pour mener à bien ce deuxième épisode de la nouvelle trilogie (par ailleurs, le quatrième film de la franchise complète).
Du gore particulièrement prégnant
Pourtant, très rapidement, la réalisatrice impose son style avec des séquences introductives particulièrement gratinées. Comme si elle voulait prouver au monde entier qu’elle était parfaitement capable d’aller au bout de ce projet, Nia DaCosta enchaine plusieurs séquences où l’hémoglobine règne en maître. Mieux, lorsqu’elle fait se déchaîner les fameux infectés Alpha – quasiment indestructibles, rappelons-le – elle fait preuve d’une propension au gore le plus décomplexé. On a ainsi le droit à un arrachage de tête avec toute la colonne vertébrale qui suit, mais aussi un repas à base de cervelle humaine particulièrement réaliste et craspec.
Par la suite, la réalisatrice mettra un peu la pédale douce sur le gore pur, sans pour autant faire dans la dentelle, notamment lors d’une séquence hardcore qui rappelle fortement l’époque des torture porn des années 2000.
L’influence du cinéma de Romero est manifeste
Pourtant, malgré cette violence très explicite, 28 ans plus tard Le temple des morts possède aussi de nombreux moments plus posés, voire carrément poétiques. On aime notamment beaucoup l’évolution des rapports entre le docteur fou toujours interprété avec maestria par Ralph Fiennes et un infecté Alpha qu’il nomme Samson (excellente prestation du cascadeur et montagne de muscles Chi Lewis-Parry). Leur complicité s’avère plutôt touchante et rappelle d’ailleurs celle qui liait le docteur Logan au zombi Boubou dans le génial Le Jour des morts-vivants (George A. Romero, 1985).
Pendant ce temps, le gamin Spike rencontré dans le volet précédent est pris au piège de la secte satanique menée par Jimmy Crystal (Jack O’Connell en mode cabotinage volontaire). Le jeune comédien Alfie Williams est quant à lui toujours aussi attachant et il va vivre un véritable enfer en suivant ce groupe de fanatiques qui se révèle pire que les infectés. Parmi eux, ils pourra toutefois compter sur le soutien d’une jeune femme interprétée avec justesse par Erin Kellyman.
Et si les humains étaient pires que les infectés ?
En fait, durant la large majorité du film, les infectés sont clairement relégués au second plan, puisque le discours du scénariste Alex Garland est bien d’accuser l’humanité de barbarie lorsque celle-ci retombe dans l’obscurantisme. Déjà 28 ans plus tard pouvait être vu comme une critique à peine déguisée du Brexit et du repli sur soi. Cette suite s’en prend cette fois aux dérives sectaires et religieuses qui ont toujours mené l’humanité à la barbarie. Ainsi, lorsque le docteur parvient enfin à trouver un antidote à l’infection, il devient la proie du groupe de fanatiques. Nous n’en dirons pas plus pour ne pas déflorer les nombreuses surprises qu’Alex Garland a concocté pour cette suite dont les développements ont le grand mérite de ne pas aller là où on les attend.

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Réalisé pied au plancher par Nia DaCosta, 28 ans plus tard Le temple des morts reprend la recette initiée par Danny Boyle en doublant les images d’une bande-son très années 80. Amateur de disques, le personnage du docteur nous permet de profiter de plusieurs titres de Duran Duran. Toutefois, la séquence la plus hallucinante du film intervient lorsque le docteur fou simule une attaque diabolique sur The Number of the Beast d’Iron Maiden. La scène, complètement folle, est à la fois impressionnante, déjantée et totalement bis. Elle devrait en tout cas dérider l’assistance tant elle est outrée et volontairement décalée. Sa conclusion, elle, ne laissera personne indifférent tant elle joue avec les codes du film satanique, sans en être dupe.
A quand le dernier chapitre ?
Très particulier, 28 ans plus tard Le temple des morts ne doit donc pas être vu comme un simple duplicata de toutes les séries zombiesques vues ad nauseam sur le petit écran. Il s’agit d’une suite ambitieuse aux développements risqués, mais intéressants. Afin de rassurer les fans de la franchise, la dernière séquence amène le retour d’un personnage central de la saga, ouvrant ainsi un dernier chapitre qu’on souhaite sincèrement découvrir. En espérant que ce second volet trouve son public pour pouvoir initier la production de ce qui s’annonce clairement comme la conclusion de la franchise, prévue pour être tournée à nouveau par Danny Boyle. Nous, on l’attend avec impatience.
Critique de Virgile Dumez
Les sorties de la semaine du 14 janvier 2026

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Nia DaCosta, Cillian Murphy, Ralph Fiennes, Jack O’Connell, Alfie Williams, Erin Kellyman
Mots clés
Cinéma britannique, Films de zombis, Gore, Franchise : 28 jours plus tard, La secte au cinéma, Le satanisme au cinéma