Réalisateur, scénariste et producteur américain, Robert Benton a grandi au Texas et forge sa cinéphilie en regardant de nombreux films. Dans les années 1950, il part à New York où il étudie l’histoire de l’art. Par la suite, il devient directeur artistique du magazine Esquire, puis fait la rencontre de David Newman, avec qui il collabore sur quelques œuvres destinées aux scènes de Broadway.
Robert Benton, un scénariste d’exception
Durant cette période, Robert Benton découvre la Nouvelle Vague française et se prend de passion pour le cinéma de François Truffaut. Pourtant, le premier script de Kramer et Newman à faire la Une à Hollywood est celui de Bonnie et Clyde (Penn, 1968) qui est un triomphe et leur permet d’être nommés pour l’Oscar du meilleur scénario original. Les deux hommes signent encore le scénario de Le reptile (Mankiewicz, 1970), puis de la comédie loufoque On s’fait la valise, docteur ? (Bogdanovich, 1972).

© 1982 United Artists / Affiche : Guy Bourduge (affichiste) – Guy Jouineau (affichiste) – Maureen Lambray. Tous droits réservés. (photographe)
Sans doute déçu par le traitement réservé à ses scripts, Robert Benton passe enfin le cap de la réalisation en tournant le western atypique Bad Company, Les rebelles viennent de l’enfer (1972) qui n’attire que 6 101 spectateurs en France. Le cinéaste doit attendre plusieurs années pour pouvoir revenir derrière la caméra avec Le chat connaît l’assassin (1977) qui revisite le thème classique du détective privé. Malgré son échec public, le métrage est tout de même salué par les critiques. Benton est à nouveau nommé aux Oscars pour le meilleur scénario, tandis que son actrice Lily Tomlin a obtenu l’Ours d’argent de la meilleure actrice au Festival de Berlin de 1977.
Le triomphe de Kramer contre Kramer
L’année suivante, Robert Benton écrit le scénario du Superman de Richard Donner et rencontre donc un énorme succès par ce biais. Mais c’est en 1979 qu’il connaît son plus gros succès personnel avec le drame sur le divorce Kramer contre Kramer (1979). Le drame cumule plus de 100 millions de dollars de recettes pour un budget très modeste de 8 M$. Il dépasse les 4 millions d’entrées en France, se hissant à la troisième place du podium de l’année 1980. Enfin, le métrage bouleversant a obtenu plusieurs Oscars dont ceux du meilleur film, du meilleur acteur pour Dustin Hoffman, du meilleur second rôle féminin pour Meryl Streep, et enfin meilleur réalisateur et meilleur scénariste pour Robert Benton.
L’artiste est donc au sommet de sa gloire en ce début des années 80. Il décide alors de rendre hommage à Hitchcock avec La mort aux enchères (1982) où il retrouve Meryl Streep. Malheureusement, le film manque de nerfs et n’obtient aucun succès. Il se rattrape avec Les saisons du cœur (1984) qui offre à Sally Field un Oscar de la meilleure actrice et à Benton un nouvel Oscar du meilleur scénario. Alors que le métrage est un très beau succès aux États-Unis, les Français restent de marbre devant un sujet sans doute trop américain : ils ne furent que 272 824 saisonniers à faire le déplacement.
Une carrière de réalisateur décevante dans les années 90-2000

© 1991 Touchstone Pictures – Touchwood Pacific Partners 1. All Rights Reserved.
Souhaitant changer de genre, Robert Benton tente l’aventure de la comédie avec Nadine (1987) qui prend appui sur le couple Kim Basinger et Jeff Bridges. Le spectacle n’attire personne aux States et pas plus en France (114 157 égarés dans les salles). Ensuite, Robert Benton retrouve Dustin Hoffman pour le polar à l’ancienne Billy Bathgate (1991) qui est un nouvel échec commercial. Ils furent 253 926 Français à s’endormir devant cette reconstitution trop sage du monde des gangsters.
Après cette époque difficile, Robert Benton retrouve le chemin du succès aux États-Unis avec Un homme presque parfait (1994), dynamité par le jeu de Paul Newman. La comédie dramatique réussit à recevoir deux nominations aux Oscars. Encore une fois, la France ne succombe pas au charme du film et seuls 93 531 tickets ont été vendus. Motivé par ce beau succès américain, Robert Benton retrouve Paul Newman pour L’heure magique (1998) qui est cette fois un échec commercial et artistique. En France, le désaveu est total (29 893 entrées).
Pas découragé pour autant, Robert Benton revient au polar avec une adaptation d’un roman de Philip Roth intitulée La couleur du mensonge (2003). Il a dans sa besace deux stars : Nicole Kidman et Anthony Hopkins. L’échec commercial est cinglant aux États-Unis, tandis que la France est assez indifférente (320 063 entrées).
Alors qu’il a désormais plus de 75 ans, Robert Benton revient une dernière fois derrière la caméra avec Festin d’amour (2007) qui ne sort même pas sur nos écrans, malgré la présence de Morgan Freeman au générique. Robert Benton prend alors sa retraite. Il restera surtout l’homme d’un seul film en tant que réalisateur, le formidable Kramer contre Kramer. Il fut donc essentiellement un grand scénariste.
Robert Benton est décédé le 11 mai 2025 à l’âge de 92 ans.