Actrice américaine, Patricia Neal est née en 1926 à Packard dans le Kentucky, mais passe sa jeunesse dans le Tennessee. Elle a étudié l’art dramatique à la Northwestern University, avant d’entrer à l’Actors Studio, ce qui lui a permis de se hisser sur les scènes de Broadway dès 1946. Elle y connaît de très beaux succès, notamment avec la pièce de Lillian Hellman Another Part of the Forest qui lui vaut un Tony Award de la meilleure actrice.
Une ascension rapide, mais vite interrompue
Au cinéma, elle décroche d’abord un second rôle dans le dispensable John Loves Mary (David Butler, 1949), mais enchaîne aussitôt avec Le rebelle (King Vidor, 1949) où elle fait la rencontre de Gary Cooper dont elle devient la maîtresse à scandale.
Cette histoire la pousse à faire une dépression nerveuse qui l’éloigne des bons rôles. Ainsi, elle tourne des œuvres sans envergure comme Le dernier voyage (Vincent Sherman, 1949), Le roi du tabac (Michael Curtiz, 1950). Sa contribution la plus importante de l’époque intervient avec le film de SF pacifiste Le Jour où la Terre s’arrêta… (Robert Wise, 1951). On la retrouve dans Courrier diplomatique (Henry Hathaway, 1952), Something for the Birds (Robert Wise, 1952), mais sa vie est bouleversée par sa rencontre avec l’auteur Roald Dahl qu’elle épouse en 1953. Dès lors, elle abandonne le grand écran pendant plusieurs années.
Elle ne revient qu’en 1957 à la demande d’Elia Kazan qui lui offre Un homme dans la foule (1957). Pourtant, l’actrice accepte désormais surtout des emplois à la télévision, si l’on excepte Diamants sur canapé (Blake Edwards, 1961) où elle tient un second rôle.
Un Oscar certes, mais une vie personnelle tragique
La comédienne retrouve un rôle d’envergure dans Le plus sauvage d’entre tous (Martin Ritt, 1963) avec Paul Newman. Ce rôle lui permet d’être récompensée de l’Oscar de la meilleure actrice en 1964. Mais ce retour en grâce n’est que de courte durée puisque la comédienne est victime de trois attaques cérébrales qui la laissent paralysée et incapable de parler. Les drames ne cesseront de rythmer sa vie tragique puisque sa fille est morte à l’âge de 13 ans, tandis que l’un de ses fils a été renversé par une voiture, demeurant lourdement handicapé.
De son côté, Patricia Neal a patiemment retrouvé ses capacités, à force de résilience et de courage. On la retrouve même de temps à autre au grand écran, notamment dans Trois étrangers (Ulu Grosbard, 1968) pour lequel elle obtient une nouvelle nomination à l’Oscar, The Night Digger (Alastair Reid, 1971) sur un scénario de son époux et R comme Roger (Lionel Jeffries, 1973). Plutôt présente à la télévision, on revoit Patricia Neal dans un emploi très physique dans Passeur d’hommes (J. Lee Thompson, 1979), puis elle est toujours excellente dans Le fantôme de Milburn (John Irvin, 1981) et de nombreux téléfilms. En 1983, elle divorce de Roald Dahl et se met en couple avec un inconnu. Son dernier emploi significatif se trouve dans Cookie’s Fortune (Robert Altman, 1999).
Après une vie remplie de drames, Patricia Neal s’éteint en 2010 à l’âge de 84 ans. Un téléfilm intitulé Acte d’amour (The Patricia Neal Story) a même été tourné en 1981 afin de retracer son parcours résilient.