Réalisateur, producteur et acteur américain, Martin Ritt est né à New York et a fait ses études à l’université St. John. Il débute comme acteur au sein du Group Theatre dès 1937, mais sa carrière est interrompue par la Seconde Guerre mondiale dans laquelle il s’engage pleinement.
Un metteur en scène de théâtre mis sur la liste noire des années 50
Après le conflit, il se met à faire de la mise en scène de théâtre et apparaît comme acteur dans Winged Victory (Cukor, 1944). Au cours des années 50, il se lance aussi dans la réalisation pour la télévision, mais sa carrière est stoppée nette par ses accointances avec le Parti communiste. Martin Ritt est donc inscrit sur la fameuse liste noire dressée par le maccarthysme. Durant cette période, Martin Ritt est donc contraint de devenir professeur d’art dramatique à l’Actors Studio afin de pouvoir manger.
Finalement, Martin Ritt sort de cette mauvaise passe en 1957 lorsque la MGM lui propose de réaliser son premier film de cinéma : L’homme qui tua la peur avec John Cassavetes et Sidney Poitier. Très démonstratif, ce plaidoyer anti-raciste fait montre de belles qualités. Martin Ritt est ensuite engagé par la Fox qui va lui proposer de diriger Joanne Woodward dans Les sensuels (1957), mais c’est surtout Les feux de l’été (1958) qui attire l’attention par son casting quatre étoiles mené par Paul Newman. Martin Ritt réalise plusieurs films à thèse qui ne marquent guère les esprits dont Cinq femmes marquées (1960). Il ennuie passablement avec Paris Blues (1961) où il réunit à nouveau le couple Newman – Woodward.
Les films engagés des années 60-70
En 1963, Martin Ritt rencontre enfin un énorme succès avec l’excellent Le plus sauvage d’entre tous qui obtient sept nominations aux Oscars et surtout trois statuettes pour la photographie et deux acteurs (Patricia Neal et Melvyn Douglas). Une équipe similaire se reforme pour L’outrage (1964) qui est, cette fois, un échec. L’année suivante, Martin Ritt part en Angleterre pour tourner L’espion qui venait du froid (1965) qui bénéficie d’une belle prestation de la part de Richard Burton.
Lorsque Ritt revient aux États-Unis, il retrouve Paul Newman avec le western Hombre (1967) qui est un nouveau plaidoyer anti-raciste. Après un dispensable Les frères siciliens (1968), Martin Ritt s’attaque à Traître sur commande (1970) avec Sean Connery. Malheureusement, ce long-métrage au budget conséquent a été un lourd échec commercial. Ritt se rattrape avec son film suivant, au budget très réduit : L’insurgé (1970) qui évoque l’histoire vraie d’un boxeur noir. Le film est nommé dans deux catégories aux Oscars et rencontre son public.
Toujours partisan de la cause afro-américaine, Ritt signe ensuite Sounder (1972) qui est également un joli succès, tout comme sa comédie dramatique Peter et Tillie (1972) qui sort la même année.
La consécration Norma Rae
La cause noire est encore au centre de Conrack (1974) avec Jon Voight, mais c’est surtout Le prête-nom (1976) avec Woody Allen qui a marqué par son règlement de comptes avec le maccarthysme. Autre titre de gloire de Martin Ritt, décidément très en forme : Norma Rae (1979) vaut à Sally Field un prix d’interprétation à Cannes et un Oscar de la meilleure actrice. Ritt retrouve l’actrice pour Back Roads (1981) qui ne connaît pas le même destin. Il est à nouveau nommé pour les Oscars avec le biopic Marjorie (1983) et fait à nouveau confiance à Sally Field pour la comédie romantique Murphy’s Romance (1985).
Il est ensuite choisi par Barbra Streisand pour tourner une adaptation d’une pièce de théâtre qu’elle produit : Cinglée (1987). Le métrage est une belle réussite dans le genre du film de procès. Enfin, Martin Ritt signe le drame romantique Stanley et Iris (1990) avec Jane Fonda et Robert de Niro.
Martin Ritt décède la même année à l’âge de 76 ans. Il reste un parfait exemple d’un cinéma mature et engagé sur des questions sociales, avec une vision marquée par son engagement à gauche.