Acteur français, Jacques Dacqmine est né en 1924 à La Madeleine dans le Nord de la France. Il naît dans la famille d’un industriel du Nord et après avoir obtenu le baccalauréat s’oriente vers la comédie. Il entre notamment au Conservatoire national d’art dramatique dans la classe d’André Brunot et obtient le Premier prix de tragédie en 1943.
Jacques Dacqmine, un grand homme de théâtre
Malgré un physique de jeune premier qui lui ouvrait une belle carrière au cinéma, Jacques Dacqmine a toujours privilégié sa carrière théâtrale, enchainant les prestations remarquables sur les planches. Dans ce domaine, il a été tour à tour pensionnaire de la Comédie-Française dans les années 40, avant d’en démissionner pour intégrer ensuite la compagnie de Madeleine Renaud et Jean-Louis Barrault. L’acteur a également exercé d’importantes fonctions en tant que directeur du Syndicat national libre des acteurs.
Au grand écran, on le remarque dans L’affaire du collier de la reine (Marcel L’Herbier, 1946), Macadam (Jacques Feyder, Marcel Blistène, 1946) et surtout dans Le secret de Mayerling (Jean Delannoy, 1949) où il interprète le rôle de l’archiduc François-Ferdinand face à Jean Marais. Toujours actif au théâtre, on le retrouve à l’écran dans certains succès comme Caroline chérie (Richard Pottier, 1951) dont il tient l’un des rôles principaux. D’ailleurs, il est aussi présent dans les suites de ce succès : Un caprice de Caroline chérie (Jean Devaivre, 1953) et Le Fils de Caroline chérie (Jean Devaivre, 1955).
Des rôles de notables au grand écran
Il tourne encore assidument dans Les aristocrates (Denys de La Patellière, 1955), jouant souvent des notables ou des gens issus de la noblesse. Toutefois, il accepte de plus en plus fréquemment des seconds rôles afin de pouvoir se consacrer pleinement au théâtre. On le voit encore dans Charmants garçons (Henri Decoin, 1957) et s’offre un petit tour par la nouvelle vague avec À double tour (Claude Chabrol, 1959). Parmi ses meilleures contributions, on peut également citer Classe tous risques (Claude Sautet, 1960) et Le Jeu de la vérité (Robert Hossein, 1961).
Toutefois, il devient un membre éminent de l’ORTF au milieu des années 60 et jusque dans les années 70 et accepte donc de tourner dans de nombreuses séries et autres téléfilms. L’un de ses seuls films de cette époque est Phèdre (Pierre Jourdan, 1968) où il incarne Thésée. Par la suite, il ne revient qu’occasionnellement au cinéma. Il est policier dans Brigade mondaine (Jacques Scandelari, 1978), notaire dans La crime (Philippe Labro, 1983), écrivain assassiné dans Inspecteur Lavardin (Claude Chabrol, 1986), docteur dans Mélo (Alain Resnais, 1986), PDG dans Nouvelle vague (Jean-Luc Godard, 1990) avec le grand Alain Delon, ou encore général dans L’Opération Corned Beef (Jean-Marie Poiré, 1991).
D’importantes fonctions à l’ORTF, puis à la télévision
Toujours très présent sur scène et à la télé, Jacques Dacqmine termine sa carrière avec quelques emplois secondaires dans Germinal (Claude Berri, 1993), …Comme elle respire (Pierre Salvadori, 1998), La dilettante (Pascal Thomas, 1999), La neuvième porte (Roman Polanski, 1999), Un crime au paradis (Jean Becker, 2001) et tire sa révérence avec un titre prémonitoire : Adieu (Arnaud des Pallières, 2003) où il compose une énième figure de médecin.
Agé, le comédien se met en retrait au début des années 2000 et décède en 2010 à l’âge respectable de 85 ans. Outre ses prestations théâtrales mémorables, l’homme restera aussi comme un important rouage des différents organismes culturels français.