Jean-Luc Godard

Réalisateur, Scénariste, Monteur
Affiche de Détective de Jean-Luc Godard

Personal Info

  • Nationalité : Français, Suisse
  • Date de naissance : 3 décembre 1930 à Paris (France)
  • Crédits visuel : © 1985 JLG Films, Sara Films. Tous droits réservés.

Biographie

Note des spectateurs :

Réalisateur, scénariste, monteur et critique français naturalisé suisse, Jean-Luc Godard est né dans une famille bourgeoise protestante. Très jeune, Jean-Luc Godard déménage avec ses parents en Suisse, avant de revenir faire ses études à Paris et notamment à la Sorbonne où il étudie l’ethnologie.

Le cinéphile, critique des Cahiers du cinéma

Toutefois, Godard passe plus de temps à fréquenter la Cinémathèque française. Il y rencontre François Truffaut, Jacques Rivette et Eric Rohmer. Godard commence à signer quelques critiques de films au début des années 50, mais il devient surtout un collaborateur régulier des Cahiers du cinéma à partir de 1956. Dès le milieu des années 50, il commence à réaliser des courts-métrages dont un qu’il signe avec Truffaut (Une histoire d’eau, 1958).

À bout de souffle où la révolution esthétique en marche!

Porté par le succès rencontré par les premiers films de Truffaut et Chabrol, il parvient à monter son premier long-métrage intitulé A bout de souffle (1960). Il y rend certes hommage au thriller américain, mais il s’évertue surtout à casser les codes rigides d’un certain cinéma français. Il utilise de manière volontaire des faux raccords et des ruptures brutales de montage et initie ainsi un cinéma de la liberté stylistique. Son film divise, mais s’avère une excellente affaire avec plus de 2 millions de spectateurs dans les salles, faisant de l’acteur Jean-Paul Belmondo une star instantanée. C’est le lancement définitif du mouvement de la Nouvelle Vague qui va tout balayer sur son passage.

Le temps des chefs-d’œuvre

Il enchaîne avec Le petit soldat (1960) qui évoque la guerre d’Algérie et subit les foudres de la censure en restant interdit de projection durant trois longues années. Godard rencontre alors l’actrice Anna Karina qu’il épouse et qui devient sa muse sur plusieurs longs-métrages. C’est le temps des grands films comme Une femme est une femme (1961), Vivre sa vie (1962), Les carabiniers (1963) et surtout Le mépris (1963) où il met en scène Brigitte Bardot et Michel Piccoli dans ce qui reste comme son chef-d’œuvre absolu.

Photo de Michel Piccoli et Brigitte Bardot dans Le Mépris de Jean-Luc Godard

© 1963 STUDIOCANAL – Compagnia Cinematografica Champion S.P.A.

Si Bande à part (1964) et Une femme mariée (1964) sont plus intimistes, on peut leur préférer les deux œuvres marquantes tournées en 1965 : l’étonnant Alphaville (1965) qui plonge le personnage populaire de Lemmy Caution interprété par Eddie Constantine dans un univers décalé, et bien entendu le chef-d’œuvre iconoclaste Pierrot le fou (1965) où Godard retrouve Belmondo.

Ses films sont de plus en plus dingues sur le plan formel, tandis que Godard s’ouvre à la sociologie avec des œuvres plus conceptuelles et théoriques, mais aussi plus arides, comme Masculin-féminin (1966), Made in USA (1967) et Deux ou trois choses que je sais d’elle (1967).

La période maoïste et collectiviste

A partir de La Chinoise (1967), Godard opère une mutation personnelle en adoptant une posture politique d’extrême gauche. Il en profite pour épouser la jeune actrice Anne Wiazemsky. Si Week-end (1967) est encore regardable, Godard va encore radicaliser son cinéma – et son discours politique intransigeant – à partir de mai 68 où il adopte les positions idéologiques maoïstes. Il signe encore Le gai savoir (1968) et One + One (1969) avant d’intégrer un groupe de cinéastes collectivistes nommé Dziga Vertov.

Il tourne des films comme Vent d’Est (1969), Pravda (1969) ou encore Vladimir et Rosa (1970). En perdition, le cinéaste est alors victime d’un accident de moto qui l’éloigne des plateaux durant quelques années.

Il opte alors pour un nouveau travail sur la vidéo. Il travaille à cette époque avec Anne-Marie Miéville et décide de s’installer en Suisse où il développe une œuvre étrange et hermétiques comme Numéro deux (1975). Godard tourne aussi de nombreuses émissions destinées à la télévision.

Retour au cinéma pur dans les années 80

Il revient au cinéma traditionnel avec Sauve qui peut (la vie) (1979). Comme le public est au rendez-vous, il enchaîne avec Passion (1982) qui réunit Hanna Schygulla, Michel Piccoli et Isabelle Huppert pour un succès moindre. Il obtient le Lion d’or à Venise avec Prénom Carmen dont l’affiche marque par la nudité frontale de l’actrice principale Maruschka Detmers.

En 1985, Jean-Luc Godard est doublement d’actualité avec Je vous salue Marie qui fait scandale auprès des franges les plus radicales des catholiques. Enfin, Détective agite le Festival de Cannes en associant deux noms a priori antinomiques, à savoir Godard et Johnny Hallyday. Le film repart bredouille, mais fait le buzz et rencontre un succès honorable.

Godard fait le show dans les festivals

Godard se lance ensuite dans la comédie loufoque avec Soigne ta droite (1987) qu’il tourne avec le groupe Rita Mitsouko. Le film est surtout totalement hermétique. Cette même année, Godard tourne une version du King Lear (1987) financée par Menahem Golan pour une somme assez astronomique. C’est un bide sanglant car le producteur ne le diffuse quasiment pas.

Après cette expérience américaine malheureuse, Godard revient sur le devant de la scène en présentant à Cannes Nouvelle vague (1990) où Alain Delon fait son show de star. Malgré la présence de la star, le film est un nouvel échec commercial, de même que Hélas pour moi (1993) qu’il tourne avec Gérard Depardieu. Pendant cette période, Godard signe également sa série Histoire(s) de cinéma et réalise un faux autoportrait intitulé JLG / JLG (1994).

Toujours plus indépendant et hermétique depuis 1995

Finalement, Godard semble abandonner l’idée de faire tourner des stars et revient à des œuvres plus intimistes et à l’économie fragile. On lui doit encore For Ever Mozart (1996), Eloge de l’amour (2001) et Notre musique (2004) qui sont surtout des collages assez opaques, mais pas inintéressants dans leur complexité.

Le cinéaste iconoclaste et secret revient au festival de Cannes en 2010 dans la section Un certain regard avec Film Socialisme. Le long-métrage très étrange ne fédère pas le public. En 2014, Godard obtient le Prix du jury à Cannes pour Adieu au langage. Enfin, en 2018, il reçoit une Palme d’or spéciale pour Le livre d’image (2018). Désormais, plus personne ne juge vraiment les œuvres de celui qui est devenu une légende du cinéma en creusant toujours plus loin l’idée d’un cinéma expérimental sans concession.

Virgile Dumez

Le mépris, l'affiche de la reprise

© 1963 StudioCanal / Conception graphique affiche : Dark Star. Tous droits réservés.

Filmographie :

Réalisateur (longs-métrages uniquement) :

  • 1960 : À bout de souffle
  • 1960 : Le Petit Soldat
  • 1961 : Les sept péchés capitaux (film à sketches)
  • 1961 : Une femme est une femme
  • 1962 : Vivre sa vie
  • 1963 : Rogopag (film à sketches)
  • 1963 : Les Carabiniers
  • 1963 : Le Mépris
  • 1964 : Bande à part
  • 1964 : Les plus belles escroqueries du monde (film à sketches)
  • 1964 : Une femme mariée
  • 1965 : Alphaville, une étrange aventure de Lemmy Caution
  • 1965 : Paris vu par… (film à sketches)
  • 1965 : Pierrot le Fou
  • 1966 : Masculin féminin
  • 1966 : Made in USA
  • 1966 : Deux ou trois choses que je sais d’elle
  • 1967 : Le plus vieux métier du monde (film à sketches)
  • 1967 : La Chinoise
  • 1967 : Loin du Vietnam (documentaire)
  • 1967 : Week-end
  • 1968 : Le Gai Savoir
  • 1968 : Cinétracts (documentaires numéros 7, 8, 9, 10, 12, 13, 14, 15, 16, 23, 40)
  • 1968 : Un film comme les autres (revendiqué a posteriori par le Groupe Dziga Vertov)
  • 1968 : One Plus One (distribué dans une version modifiée par le producteur sous le titre Sympathy for the Devil)
  • 1969 : La contestation (film à sketches)
  • 1969 : British Sounds (signé a posteriori par le Groupe Dziga Vertov)
  • 1969 : Pravda (signé a posteriori par le Groupe Dziga Vertov)
  • 1969 : Vent d’est (signé par le Groupe Dziga Vertov)
  • 1970 : Luttes en Italie (Lotte in Italia) (signé par le Groupe Dziga Vertov)
  • 1970 : Vladimir et Rosa (signé par le Groupe Dziga Vertov)
  • 1971 : 1. P.M. (coréalisé par Richard Leacock et D.A. Pennebaker)
  • 1972 : Tout va bien (coréalisé avec Jean-Pierre Gorin)
  • 1972 : Lettre à Jane (coréalisé avec Jean-Pierre Gorin)
  • 1974 : Ici et ailleurs (coréalisé avec Anne-Marie Miéville)
  • 1975 : Numéro deux (coréalisé avec Anne-Marie Miéville)
  • 1976 : Comment ça va (coréalisé avec Anne-Marie Miéville)
  • 1979 : Sauve qui peut (la vie)
  • 1981 : Sauve la vie (qui peut) (film de montage)
  • 1982 : Passion
  • 1983 : Prénom Carmen
  • 1985 : Je vous salue, Marie
  • 1985 : Détective
  • 1987 : Soigne ta droite
  • 1987 : Un sketch (Aria) (film à sketches)
  • 1987 : King Lear
  • 1990 : Nouvelle vague
  • 1990 : Comment vont les enfants (documentaire)
  • 1991 : Allemagne année 90 neuf zéro
  • 1991 : The King of Ads (documentaire)
  • 1991 : Ecrire contre l’oubli – Pour Thomas Wainggai
  • 1993 : Hélas pour moi
  • 1993 : Les enfants jouent à la Russie
  • 1995 : JLG/JLG. Autoportrait de décembre
  • 1996 : For Ever Mozart
  • 2001 : Éloge de l’amour
  • 2002 : Ten Minutes Older : The Cello (film à sketches)
  • 2004 : Notre musique
  • 2004 : Moments choisis des Histoire(s) du cinéma
  • 2010 : Film Socialisme
  • 2014 : 3x3D, coréalisé avec Peter Greenaway et Edgar Pêra
  • 2014 : Adieu au langage
  • 2014 : Les Ponts de Sarajevo (film à sketches)
  • 2018 : Le Livre d’image

Filmographie

Trailers & Videos

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Affiche de Détective de Jean-Luc Godard

Bande-annonce de Le mépris

Réalisateur, Scénariste, Monteur

Bande-annonce de Le petit soldat

Bande-annonce d'A bout de souffle

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