Box-office :
Peur sur la ville a été un blockbuster inimaginable pour une production française en son temps. Lancé par AMLF (aujourd’hui devenu Pathé Distribution), la production Cerito-Film a ouvert à 557 904 spectateurs en première semaine sur la France. Un résultat fracassant alors que la mode était au film catastrophe américain. Le film de l’année était La tour infernale, sorti 5 semaines plus tôt, et Tremblement de terre, 747 en péril ou Terreur sur le Britannic faisaient partie de le l’actu annuel. Sans oublier les thrillers urbains comme Un justicier dans la ville, ou, six mois auparavant le phénomène diabolique de L’exorciste. Le cinéma français devait se réinventer dans un genre plus efficace et Belmondo, qui cherchait à dépasser les phénomènes Delon et De Funès a largement trouvé la recette, même si le paroxysme du star-system Belmondo sera atteint entre 1979 et 1983.
En première semaine, la star éjecte La Tour infernale d’une première place occupée pendant 5 semaines. Les nouveautés de la huitaine ne font pas le poids : Julia et les hommes, Libres jouissances, Le triangle écorché, La messe dorée, Amours interdites, Nous y’en a riz le bol ou Vendetta Karateka. Qui s’en souvient?
Peur sur la ville, sur Paris, occupe des salles monstres : le Normandie, le Publicis Matignon, le Rex, le Boul’Mich, le Bretagne, le Publicis St. Germain, le Paramount Opéra/Gobelins/Orléans/Maillot/Montmartre, le Liberté, le Magic Convention, le Murat, le Clichy Palace…
En première semaine, sur la capitale et la banlieue, il décroche le jackpot (186 007 entrées), 131 812 spectateurs pour sa deuxième semaine… Toutefois, le film n’atteindra pas le million d’entrées sur Paris. L’acteur Belmondo devra attendre 1979 et Flic ou Voyou pour réussir pour la première fois de son illustre carrière à se positionner au-dessus du seuil du million d’entrées. Les années René Chateau…
Frédéric Mignard

Pub : René Chateau Illustration : Ferracci
© 1975 Cérito-Film