Zone Hostile : la critique du film Netflix (2021)

Action, Guerre | 1h54min
Note de la rédaction :
4/10
4
Zone Hostile (Outside the Wire), affiche

  • Réalisateur : Mikael Håfström
  • Acteurs : Anthony Mackie, Emily Beecham, Damson Idris, Michael Kelly
  • Date de sortie: 15 Jan 2021
  • Nationalité : Américain, Hongrois
  • Titre original : Outside the Wire
  • Titres alternatifs : Zona de riesgo (Mexique, Argentine), Zona de Combate (Brésil), A descubierto (Espagne), W strefie wojny (Pologne), Halálos harcmező (Hongrie)
  • Année de production : 2020
  • Scénariste(s) : Rowan Athale, Rob Yescombe
  • Directeur de la photographie : Michael Bonvillain
  • Compositeur :
  • Société(s) de production : 42
  • Distributeur (1ère sortie) : Inédit en salle
  • Plateforme de diffusion : Netflix
  • Date de diffusion : A partir du 15 janvier 2021
  • Budget :
  • Classification : -
  • Formats : 2.39 : 1 / Couleurs / Son : 5.1
  • Plateforme de diffusion : Exclusivité Netflix
  • Illustrateur / Création graphique : -
  • Crédits : Crédits photo : ​Jonathan Prime​/NETFLIX ​© ​2020
Note des spectateurs :
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Zone hostile est une série B télévisuelle dans la lignée des produits algorithmés par Netflix : écrans verts, décors de l’Est habituels, intrigue minimale… Ce sous-Terminator contient en outre quelques dialogues nanardesques.

Synopsis : Dans le futur, Harp (Damson Idris), un pilote de drone, est déployé dans une zone militarisée meurtrière où il va travailler pour Leo (Anthony Mackie), un officier androïde chargé de localiser un dispositif apocalyptique avant que les insurgés ne mettent la main dessus.

Moins qu’un jeu vidéo

Critique : Spectacle gentillet destiné à remplir les cases télévisuelles des confinés, Zone hostile aurait pu être une introspection des champs de batailles et autres zones grises de la géopolitique armée par une caméra virtuose. Il aurait fallu, pour être efficace, chercher à émuler la maestria des jeux vidéo qui dépassent par leur interaction le cinéma d’action hollywoodien. Il n’en est rien.

La production Netflix du 16 janvier 2021, est une œuvre de tâcheron. La réalisation impersonnelle est signée Mikael Håfström, cinéaste suédois au style transparent qui sévit depuis une quinzaine d’années entre les USA et la Chine et à qui l’on n’a ici rien demandé d’autre que de mettre en boîte en un temps record quelques explosions, des scènes de camps dystopiques et un petit mouvement de foule en détresse pour pratiquer l’art du remplissage.

Un casting mal employé

Si l’on dépasse l’affiche basique qui n’évoque rien d’autre que du DTV, le casting était appétissant. Anthony Mackie est un acteur qui a toujours su être au plus haut de sa forme au front (Démineurs, Detroit de Kathryn Bigelow, deux exemples parmi bien d’autres) et le jeune Damson Idris avait su montrer un charisme toujours plus prégnant dans un Los Angeles des ghettos en pleine emprise du crack, dans la série Snowfall. Lui, le nobody britannique, s’était approprié avec talent le phrasé et l’accent des quartiers et avait mis une partie de l’Amérique à ses pieds.

Malheureusement, la synergie entre les deux hommes se résume à zéro, faute de ciment narratif pour faire exister leurs deux personnages. L’aspect initiatique autour du bleu-bite qui découvre la dure réalité du terrain en compagnie d’un cyborg aguerri, pouvait pourtant donner lieu à du lourd. Mais le pitch de science-fiction est très pauvre et l’ombre de Terminator vient ostensiblement planer, puisque Mackie est un cyborg de guerre impressionnant de réalisme, d’intelligence et de sensibilité humaine, quand Idris incarne de son côté le rôle d’un pilote de drone malheureux d’une désobéissance qui a coûté la vie à quelques soldats américains bien jeunes. Il évite la cour martiale en allant tâter le terrain en Europe où rebelles, instructeurs, opportunistes prêts à tous pour quelques codes atomiques ravageurs, s’associent ou s’affrontent en 2036, sur fond de guerre froide. Pour dessiner les contours du jeune soldat, on le montre dans un premier temps aux commandes de son joujou technologique, la main plongée dans un paquet de bonbons… On ne pouvait pas trouver plus gamin comme entrée en matière. Il sera aussi difficile de faire aimer le personnage à un public de plus de 20 piges qui n’y verra qu’un grossier cliché jeté en pâture aux moins exigeants des cinéphiles.

Des dialogues nanardesques

Aussi couillue qu’un post-nuke italien dans ses combats et ses décors chiches, la production n’offre rien de pertinent concernant les cyborgs de nouvelle génération, traités avec une bienveillance risible, notamment en VF. Ainsi Mackie lance au jeune Idris s’il ne se demande pas pourquoi le Pentagone a décidé de mettre au point une intelligence artificielle de couleur de peau noire, et le néophyte du terrain de lui répondre :  » Je ne vous ai pas demandé pour ne pas vous discriminer en tant que robot. » (sic)

Ces dialogues aussi naïfs que craignos interrogent quant à la valeur des scénaristes, sociologues restés coincés dans un #BlackLivesMatters contemporain que l’on trouve absurde dans ce futur-là. Est-ce imaginer que l’Amérique dans quinze ans n’aura toujours pas réussi à lutter contre le racisme systémique et que ses efforts d’intégration auront finalement foiré? Auquel cas, le film aurait pu prendre une route plus courageuse. Ou s’agit-il juste de convertir au forceps les spectateurs à des idées de tolérance et d’acceptation de la différence que l’on a pu trouver bouleversants – sur le plan robotique -, dans A.I. de Steven Spielberg (en hommage à Kubrick) et surtout en 2020, avec l’épuré Tales from the Loop, dont la pudeur et les touches psychologiques occasionnaient plus d’humanité que ce ramassis de clichetons ?

Zone hostile tire des balles à blanc

Au-delà de sa bêtise intrinsèque, Zone hostile n’a surtout pas un cinéaste compétent dans le genre comme Michael Bay pour faire passer la nullité d’un script anémique en lui injectant une dose d’amphétamines léthales. Au moins 6 Underground, en décembre 2019, déballait l’artillerie lourde dans le pétaradant absurde ; la production était tellement foutraque, politiquement incorrecte et surtout imaginative (dans son montage, la composition de ses plans, et ses cascades), qu’elle en devenait jouissive.

Zone hostile relève donc du fond de catalogue que Netflix se construit très vite, avec un tempo industriel. Comme la société est capable d’alterner ce type de plat maison avec d’authentiques bijoux cinématographiques comme Pieces of a Woman, proposé une semaine plus tôt, on reste plutôt optimiste sur l’objectif de la major du streaming, à savoir servir un long original chaque semaine en 2021. Dans le tas, le bon saura y trouver sa place.

Critique de Frédéric Mignard  

Les sorties de la semaine du 16 janvier 2021

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Zone Hostile (Outside the Wire), affiche

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