6 Underground : la critique du film Netflix (2019)

Action, Comédie | 2h07min
Note de la rédaction :
6/10
6
6 Underground, l'affiche

Spectacle totalement régressif qui érige la bêtise au rang d’art, 6 Underground est un gros doigt d’honneur à la bien-pensance toute puissante à Hollywood. Rien que pour cela, le métrage vaut le coup d’œil.

Synopsis : Quel est le meilleur avantage d’être mort ? Ce n’est pas d’échapper à votre patron, à votre ex, ou même d’effacer votre casier judiciaire. Ce qu’il y a de mieux avec la mort … c’est la liberté. La liberté de lutter contre l’injustice et le mal qui rôdent dans notre monde, sans que rien ni quiconque ne vous arrête.

Six individus, issus des quatre coins du monde, tous, les meilleurs dans leur domaine, ont été choisis non seulement pour leurs compétences, mais aussi pour leur désir unique d’effacer leur passé afin de changer l’avenir.

Michael Bay casse la baraque pour le compte de Netflix

Critique : Après avoir passé une décennie à casser de la taule froissée avec sa saga Transformers, Michael Bay n’a pas fini de sévir. Loin de s’assagir, le réalisateur épileptique s’est vu même confier un budget de 150 millions de dollars par la plate-forme Netflix pour faire à peu près ce qu’il veut. Et dire que le cinéaste en a profité est un euphémisme.

Basé sur un scénario de Paul Wernick et Rhett Reese (les compères à l’origine des scripts mal élevés de Bienvenue à Zombieland et des deux Deadpool), le cinéaste semble retrouver la verve de son No Pain, No Gain (2013) qui était pour mémoire un sommet de mauvais goût.

6 Underground, pur film d’action à la réalisation hystérique

Il mélange ici plusieurs thématiques à la mode, à savoir le film mettant en scène une « team » (comme dans la saga Fast and Furious) qui se retrouve plongée dans des aventures rocambolesques dignes de la franchise Mission: impossible. Si l’on ajoute une tendance à arpenter la planète entière pour conter une histoire finalement assez simple, on peut également convoquer l’ombre tutélaire de James Bond.

6 Underground, photo d'exploitation

© 2019 Bay Films – Skydance Media / Netflix. Tous droits réservés.

Pourtant, le style toujours aussi radical employé par Michael Bay ne surprendra pas le spectateur habitué aux délires visuels de ce dernier. Cela commence fort avec une séquence italienne inaugurale qui dure une bonne vingtaine de minutes où le cinéaste convoque à peu près toutes les tares de son cinéma survitaminé. Outre un montage cut qui donne la nausée et rend certaines actions illisibles, le réalisateur multiplie les phrases humoristiques d’un goût douteux, ainsi que des ralentis disgracieux utilisés pour souligner des actions ridicules. On nage alors en pleine bouillie filmique, tandis que le cerveau est contraint de tourner en sous-régime face à tant de bêtise accumulée.

Une débauche d’effets qui ne noie pourtant pas les acteurs, plutôt convaincants

Si l’on survit à cette entrée en matière gratinée, l’esprit du bisseux qui sommeille en nous peut enfin se réveiller et commencer à apprécier ce spectacle totalement régressif. Car au milieu de cette débauche d’effets, Michael Bay est encore un formidable faiseur d’images. La plupart sont magnifiques, même si elles sont trop fugitives pour imprimer l’œil. Il parvient même à donner une certaine âme à cette équipe de redresseurs de torts qui vont faire un coup d’Etat pour renverser un tyran dans un pays du Moyen-Orient que l’on imagine inspiré de l’Afghanistan et de la Syrie.

Malgré la débauche de répliques humoristiques, la fameuse team fonctionne plutôt bien grâce à de bons acteurs. On apprécie notamment Ryan Reynolds en mode ironique, mais aussi la jolie Mélanie Laurent dont on redécouvre les charmes dans un rôle proche de celui d’une James Bond girl. Les autres acteurs ne sont pas en reste, même s’ils sont parfois noyés dans un océan de pyrotechnie. En tout cas, on finit par prendre fait et cause pour ces Robin des Bois des temps modernes, et ceci malgré le peu de crédibilité générale de l’intrigue.

Du mauvais goût, encore et toujours

De toute façon, le spectateur n’a pas vraiment le temps de réfléchir à la vraisemblance de ce spectacle entièrement dévoué à l’action qui se trouve être pétaradante. Le réalisateur signe un nombre conséquent de séquences vouées à devenir culte, comme l’attaque d’un building entièrement en verre transparent ou encore la scène incroyable de l’aimant géant – sans doute la meilleure idée du métrage. Il faut ajouter que dans ce spectacle bas du front, la violence est absolument incroyable, allant parfois jusqu’au gore.

Sans filtre, Michael Bay se lâche donc complètement et livre le film le plus badass de ces dernières années. On peut légitimement conspuer ce type de divertissement, considérer qu’il s’agit d’un nanar gigantesque à 150 millions de dollars ou encore voir l’entreprise comme un énorme doigt d’honneur à la bien-pensance qui se déchaîne actuellement à Hollywood. Dans tous les cas, 6 Underground aura clairement ses détracteurs et ses fans. Il n’est pas interdit non plus d’attendre les suites quasiment inévitables de cette franchise en devenir.

A découvrir sur la plateforme de streaming Netflix

Critique du film :  Virgile Dumez

6 Underground, l'affiche

© 2019 Bay Films – Skydance Media. Tous droits réservés.

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Bande-annonce de 6 Underground (VOSTF)

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