Pour 100 briques t’as plus rien ! – la critique du film (1982)

Comédie | 1h25min
Note de la rédaction :
6/10
6
Pour cent briques t'as plus rien ! affiche du film par Bonnet

Note des spectateurs :
[Total : 1   Moyenne : 2/5]

Drôle, gentiment impertinente et parfaitement amorale, Pour 100 briques t’as plus rien, comédie typique du début des années 80, se révèle toujours aussi pêchue et enlevée malgré ses trente-cinq ans d’âge.   

Synopsis : Influencés par une série de casses, Sam et Paul voient dans cette méthode un moyen facile de gagner l’argent qui leur fait cruellement défaut. Mais leur plan ne se déroule pas exactement comme ils l’avaient prévu…

Critique : Dramaturge à succès enchaînant dans les années 70 les belles performances au théâtre de boulevard, Didier Kaminka est de plus en plus souvent adapté au cinéma au début des années 80. Il est notamment à l’origine de Viens chez moi, j’habite chez une copine (Leconte, 1980) qui impose un ton plus décomplexé, et légèrement impertinent au sein de la comédie française de l’époque. Devenu spécialiste de l’adaptation des succès théâtraux du moment depuis Oscar, L’emmerdeur et La cage aux folles, le réalisateur Edouard Molinaro est intéressé par la transposition à l’écran de la pièce Pour 100 briques t’as plus rien maintenant créée initialement en 1976. Il s’adjoint les services de trois comédiens qui sont alors au sommet de leur popularité comique, à savoir Daniel Auteuil (starifié par Les sous-doués), Gérard Jugnot (issu de la troupe du Splendid et des Bronzés) et Anémone (connue alors pour sa prestation dans Le père Noël est une ordure, déjà avec Jugnot). Il en profite également pour distribuer les seconds rôles à des pointures comme Jean-Pierre Castaldi, François Perrot, Georges Géret ou encore Darry Cowl.

Dans l’air du temps, sur fond de montée inexorable du chômage

Le métrage débute par un constat social plutôt inquiétant, à savoir la montée inexorable du chômage qui engloutit la jeunesse du début des années 80. Pour autant, cette amorce n’engendre pas la mélancolie puisque les deux compères principaux trouvent toujours des combines pour s’en sortir. On retrouve d’ailleurs ici la marque de fabrique de Kaminka qui met souvent en valeur la débrouillardise de ses protagonistes. On notera d’ailleurs que cette première partie comporte un nombre assez impressionnant de scènes de nudité, souvent gratuites, mais qui participent de l’aspect légèrement insolent de l’ensemble. On se croirait parfois au cœur d’une œuvre de Gérard Lauzier ou de Wolinski. Toute une époque, en quelque sorte.

Pour 100 briques t’as plus rien!, la comédie de mai 1982

Mais la comédie prend vraiment son essor lorsque les deux loustics préparent un hold-up et qu’ils passent enfin à l’action, pour le meilleur et surtout le pire. Une fois enfermés dans la banque avec leurs otages, le comique de situation se met enfin en place et les rires ne cessent de fuser avec bon cœur. Il faut dire que les personnages restent toujours très sympathiques et que les relations qu’ils établissent avec leurs otages sont particulièrement originales. Poussant le principe du syndrome de Stockholm jusqu’au bout, l’auteur inverse le cliché habituel et organise une perversion totale du genre établi quelques années auparavant par Un après-midi de chien de Sidney Lumet. Dès lors, le spectateur est invité à revoir toute sa conception de la morale pour accepter une fin parfaitement amorale qui nous indique que l’argent ne fait peut-être pas le bonheur, mais qu’il y contribue fortement. Réalisé de manière classique par Edouard Molinaro, Pour 100 briques t’as plus rien (1982) est donc une comédie doucement impertinente osant bousculer les attentes du spectateur avec un bonheur certain. A revoir aujourd’hui, elle n’a guère perdu de son impact et demeure un divertissement de bonne tenue.

Critique de Virgile Dumez

Sorties de la semaine du 12 mai 1982

Voir en VOD

Pour cent briques t'as plus rien, collection Ciné Rire en DVD chez StudioCanal

Copyright 1982 StudioCanal Image – TF1 Films Production. Tous droits réservés /

Box-office :

Sorti en contre programmation cannoise, le divertissement a été accueilli favorablement avec plus de 1,3 millions d’entrées, ce qui confirmait alors la belle popularité des trois comédiens principaux. Le film a même trôné deux semaines au sommet du box-office parisien.

En semaine 1, Pour 100 briques t’as plus rien réalisait 68 817 entrées et privait Le retour de Martin Guerre de sa première place, celui-ci n’ayant été diffusé que sur 5 jours (46 880). Les sorties étaient peu nombreuses, L’homme de Prague de John Avildsen entrait en 12e place (17 286) et le film d’heroic fantasy L’archer et la sorcière parvenait tant bien que mal à se hisser dans le top 16 avec 16 436 entrées sur Paris-Périphérie. John Badham essuyait un gros échec avec C’est ma vie après tout, qui réunissait Cassavetes acteur et Richard Dreyfus (6 799 entrées dans 11 cinémas !). Même 3 bavaroises à Paris, porno exhibé dans 4 salles, faisait mieux (7 307).

Un succès sur la durée

Les cinémas diffusant Pour 100 briques t’as plus rien étaient nombreux pour sa première semaine. L’UGC Biarritz attire 6 635 spectateurs sur sa seule salle, le Miramar 6 317, le Rio Opéra 5 530, l’UG Ermitage 4 509, le Rex 4 504… Un carton. Les autres écrans étaient l’UC Odéon, le Magic Convention, le Mistral, l’UGC Gare de Lyon et l’UGC Gobelin (c’était un film UGC, effectivement), le 3 Murat, le 3 Secretan et le Paramount Opera, pour l’intra-muros. En banlieue, le film triomphe à l’Artel Créteil.

C’est en deuxième semaine que la comédie prend de l’envol avec un bouche-à-oreille qui le conduit à 100 805 spectateurs sur la capitale. Dans deux cinémas, il dépasse littéralement les 7 000 tickets vendus. Il n’a pas volé son succès.

En 3e semaine, la comédie fanfaronne redescend à 56 470 braqueurs et perd sa première place, en raison de la sortie de la Palme d’Or Missing de Costa-Gavras. Le film passera 7 semaines dans le top 10, avec 22 561 adhérents à son humour lors de cette septième tournée, dans 16 salles.

Daniel Auteuil plus fort qu’Alain Delon : Le Choc des générations

A la fin de l’été, le film de casse est encore actif dans deux cinémas (l’UGC Biarritz et l’UGC Opéra) et entretient l’hilarité de 2 825 spectateurs (total de 394 347). Il passera les deux mois qui suivront au Biarritz, à réaliser 2 000 entrées hebdomadaires, puis à l’UGC Marbeuf pour sa fin d’exploitation. Il finit brillamment son détournement de spectateurs à 408 418 spectateurs après 24 semaines en salles. Pour 100 briques t’as plus rien, pour UGC, est un vrai succès, quand sa grosse sortie annuelle, Le Choc, de Robin Davis, avec le couple glamour Delon Deneuve, avait réalisé autant de spectateurs en 14 semaines, avec un budget élevé et un marketing nettement plus onéreux. Le clash des générations.

Des décennies plus tard, le film poursuit ses rediffusions à la télévision et est disponible sur de nombreuses plateformes de VOD, après une exploitation en VHS chez UGC particulièrement juteuse.

Frédéric Mignard

Pour cent briques t'as plus rien ! affiche du film par Bonnet

Copyright 1982 StudioCanal Image – TF1 Films Production. Tous droits réservés / Illustrateur : Bonnet.

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